Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/302

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de table pour aller savourer l’air sur la terrasse ensoleillée.

Je le suivis des yeux, frappé par ces derniers mots. Victor Grindle était, en effet, l’homme du moment, comme Jack lui-même avait été, pour ainsi dire, l’homme du jour. Le jeune artiste s’était, disait-on, formé chez mon ami, et je me demandais s’il n’y avait pas un peu de jalousie dans la mystérieuse abdication de ce dernier. Mais non, car ce n’était qu’après cet événement que les « Grindle » avaient commencé à orner les murs des salons Louis XV.

Je me retournai vers Mrs Gisburn, qui s’était attardée dans la salle à manger pour donner un morceau de sucre à son griffon.

— Pourquoi donc a-t-il renoncé à la peinture ? lui demandai-je brusquement.

Ses sourcils se levèrent en un mouvement qui trahissait une naïve surprise.

— Oh ! vous savez, ce n’est plus une nécessité pour lui, et je tiens à ce qu’il s’amuse un peu maintenant, dit-elle avec simplicité.

Mon œil parcourut la charmante pièce dans laquelle nous nous trouvions, ornée de boiseries blanches, de porcelaines chinoises où se reflétaient les tons des rideaux vert pâle, et de pastels Louis XV dans leurs vieux cadres dédorés.