Page:William Morris - Nouvelles de Nulle Part.djvu/48

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


dressées sur le gazon, et près de plusieurs de ces tentes des feux brûlaient, avec des chaudrons suspendus au-dessus, à la façon des bohémiens. Dick m’expliqua qu’il y avait des maisons éparses dans la forêt, et nous pûmes en effet en entrevoir une ou deux. Il me dit que la plupart étaient très petites, comme celles que l’on appelait cottages lorsqu’il y avait des esclaves dans le pays, mais qu’elles étaient assez agréables et appropriées au bois.

— Il faut qu’elles soient joliment bien peuplées d’enfants, dis-je, en montrant la nombreuse jeunesse près de la route.

— Oh, ces enfants ne viennent pas tous des maisons voisines, les maisons forestières, mais de toute la région. Souvent ils forment des groupes et viennent jouer ensemble dans les bois pendant des semaines en été, vivant dans des tentes, comme vous voyez. Nous les y encourageons plutôt ; ils apprennent à faire les choses tout seuls et à faire attention aux bêtes sauvages ; et, voyez-vous, moins ils croupissent dans les maisons, mieux cela vaut. Je dois même vous dire que beaucoup de gens adultes s’en iront passer l’été dans les forêts ; mais la plupart vont dans les plus grandes, comme Windsor, ou la forêt de Dean, ou les déserts du nord. Outre les autres plaisirs, cela leur donne un peu de travail rude, ce qui, je regrette de le dire, est devenu un peu rare depuis ces cinquante dernières années.

Il s’interrompit, puis ajouta :

— Je vous dis tout cela, parce que je vois que,