Page:Willy - La Maîtresse du prince Jean.djvu/168

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front de ce fécond Olympien ; mais, si ma naissance fut plus conforme aux enseignements de l’obstétrique moderne, l’auteur de mes jours n’était cependant point quiconque. Parfaitement ! mon père, normalien remarquable, avait, m’a-t-on raconté, failli être choisi pour précepteur du prince Impérial ; il paraît qu’au dernier moment on lui préféra Je-ne-sais-trop-qui (vraisemblablement un Polonais) : sans quoi ma sœur Maria, qui a huit ans de plus que son frère unique, serait née aux Tuileries, sous les combles. Comme moi, elle est venue au monde dans un pensionnat, propriété paternelle, demeure vaste, dont le fenêtrage vert perroquet ouvrait sur un grand jardin peuplé de moineaux, d’escargots et de haricots rouges. Ainsi que l’abbé Bournisien j’ai toujours été porté sur ma bouche, et aussi longtemps qu’on me donna le sein, je tétai tant que je pus. À l’âge de trois cent soixante-six jours (cette année-là était bissextile), je pesais neuf kilos et demi, et on me sevra. Comme j’avais une tendance à la constipation on me mit à la bouillie de pommes de terre. Ce