Page:Wright - French Verse of the XVI century, 1916.djvu/24

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MELIN DE SAINT-GELAIS


Voyant 1 ces monts de veue ainsi lointaine,
Je les compare à mon long desplaisir :
Haut est leur chef, et haut est mon désir,
Leur pied est ferme, et ma foy est certaine.
D’eux maint ruisseau coule, et mainte fontaine :
De mes deux yeux sortent pleurs à loisir ;
De forts souspirs ne me puis dessaisir,
Et de grands vents leur cime est toute pleine,
Mille troupeaux s’y promènent et paissent,
Autant d’Amours se convent et renaissent
Dedans mon coeur, qui seul est leur pasture.
Ils sont sans fruit, mon bien n’est qu’aparence,
Et d’eux à moy n’a qu’une difference,
Qu’en eux la neige, en moy la flamme dure.