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LA VIE ET LES TRAVAUX DE WURTZ

commandation de Liebig et avec celle encore meilleure de travaux personnels déjà remarquables.

Il fut admis d’abord au laboratoire de Balard à la Faculté des sciences, mais n’y passa que peu de temps.

Il travaillait pourtant avec une ardeur telle qu’un jour, s’y étant attardé plus que de coutume, il trouva, lorsqu’il en sortit, la porte de la petite cour de ta Sorbonne fermée. Il eut beau appeler pour se faire ouvrir personne ne l’entendit. Peu désireux de passer la nuit entre ces vieux murs, il n’eut d’autre ressource que de ramasser de petites pierres et de les lancer dans les carreaux des fenêtres du premier étage. Cette manœuvre eut plein succès. Une fenêtre s’ouvrit ; une tête blanche apparut et lui dit : « Mon enfant, que demandez-vous ? » Et, sur les explications du prisonnier, Cousin lui fit ouvrir la porte et rendre la liberté.

Il entra bientôt au laboratoire particulier que M. Dumas avait installé rue Cuvier et où il recevait libéralement les jeunes savants dignes de travailler sous sa direction.

Piria et M. Stas venaient de le quitter pour rentrer en Italie et en Belgique.

Il s’y trouva avec MM. Cahours, Melsens, Lewy, Le Blanc, Bouis, qui ont tous fait honneur à leur maître, montrant ce que peut, pour le progrès de la science, l’initiative généreuse d’un seul homme.

En 1845, Wurtz fut nommé préparateur de M. Dumas à l’École de médecine ; en même temps, son maître lui procura un élève, devenu l’un de ses amis les plus fidèles, M. Eugène Caventou, aujourd’hui membre de l’Académie de médecine, qui a occupé une place et poursuivi des travaux de recherches au laboratoire de son ancien professeur, jusqu’au dernier jour. Son père, l’illustre auteur de la découverte de la quinine, sut bien vite comprendre le mérite du jeune savant ; il le reçut fréquemment chez lui avec sa franche cordialité et lui prêta l’appui de son influence dans diverses occasions.

Il remplit de 1845 à 1850 les fonctions de chef de travaux chimiques de deuxième et de troisième année à l’École centrale des arts et manufactures.

Il s’était présenté, mais en vain, pour obtenir la place de conservateur des collections de chimie à l’École polytechnique ; le conseil d’administration lui préféra M. E. de Saint-Evre.

En 1847, un concours pour l’agrégation de chimie à la Faculté de médecine ayant été ouvert, il s’y présenta et fut nommé agrégé à la suite d’épreuves brillantes, parmi lesqueles une leçon Sur les corps pyrogénés a laissé une vive impression dans l’esprit de ceux qui y ont assisté. C’est au même concours que furent nommés ses amis, MM. Regnauld et Robin, qui devinrent plus tard aussi ses collègues à la Faculté.

En sa qualité d’agrégé, il fut chargé, en 1849, de faire le cours de