Page:Zend-Avesta, trad. Anquetil-Duperron, volume 1.djvu/78

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côtés, ſaiſi de ce mal, & penſa en mourir. Le Chirurgien du Détachement qui en avoit été attaqué comme les autres, me dit que cette fièvre n’étoit pas dangereuſe, lorfqu’elle étoit foignée dans le lieu. Selon les tempéramens, elle laiſſe ſur le viſage un teint livide qui décele un venin ſubſiſtant toujours dans les veines, & eſt quelquefois ſuivie de la Baſſe, groſſeur qui ſe forme dans le côté : l’on voit même des perſonnes, apres pluſieurs années de guériſon, en avoir de tems à autre quelques accès. J’avois eu l’attention, depuis que j’étois dans cette Contrée, de me retrancher le vin, & de ne boire que de l’eau bouillie. Mais les coups de Soleil & les fruits du Pays, les figues entr’autres qui renferment un acide très-mordant, fermentant dans mon corps avec le mauvais air, rendirent mes précautions inutiles.

Arrivé à Gengy, on n’eut que le tems de me mettre au lit. Une colique affreuſe me faifoit fouffrir des douleurs incroyables, qui me donnerent une eſpece de tranſport. Je paſſai trois jours dans cet état, ſans pouvoir rien avaler ; cependant à force de petits remedes émolliens, je rendis une cueillerée d’humeur noire & recuite, & la criſe ceſſa. M. Legris qui craignoit pour ma vie, prit de moi tous les ſoins que l’humanité & l’amitié pouvoient lui ſuggérer. Le Chirurgien ne me quitta point. Lorfque je me fentis plus tranquille, je pris le parti de me faire tranfporter à Pondichery. Je partis de Gengy le 10 Fevrier a cinq heures du foir bien cnveloppe dans mon Palanquin, 8c arrival dans cette Ville a fix heures du matin. La route ne m’a-voit pas fatigue. Je defcendis chez Madame de Goupil, où l’on m’avoit prepare uneChambre. Le lendemain, la fievre me reprit, precedec d’un friflon de deux heures, fi violent, que dans le fort de la chaleur je tremblois de froid, avec deux matelas fur le corps. Le friflon fut fuivi d’une fucur de huit heures, qui m’affoiblit au point que ma tete n’y etoit plus. La fievre etoit quarte, on la rent dit tierce, 6c enfuite quotidienne. Le Quinquina, les faignees & les Apozemes la diminuerent confiderablement, 5c au bout de vingt jours je fus a-peu-pres hors d’affaire. Tandis que j’etois fur le lit je recus une Lettre du P. Boudier