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La grève les salaires et le contrat de travail


sement pourtant incontestable du bien-être moyen de l’ouvrier. Il s’agit, d’ailleurs, d’une moyenne au-dessous de laquelle on découvre et l’on signale des ças particuliers. Là détresse de quelques-uns ; fait oublier l’aisance relative de beaucoup d’autres. Nul ne songe, parmi ceux qui souffrent, à des moyennes ou à des chiffres ; nul d’entré eux ne compare son dénuement à la misère plus dure encore dont il eût été accablé, il y a un demi-siècle.

La souffrance exige des remèdes qui soient prompts ; elle conduit à la révolte, elle inspire les résolutions excessives.

Dans nos sociétés civilisées, la richesse semble, d’ailleurs, inépuisable. Le luxe s’étale ; l’industrie multiplie ses produits, le commerce les met sous les yeux de tous l’instruction révèle les «conquêtes» de la science et la fécondité de ses applications. La machine multiplie la richesse dont on ne voit pas la source et qu’on croit capable de satisfaire tous les besoins, de combler tous les désirs.

Comment le pauvre accepterait-il avec résignation sa dépendance et sa misère quand il croit voir partout l’abondance des biens dont il reste privé ?

Ce contraste apparent et pourtant si sensible et si frappant ne peut qu’irriter ceux qui sont, dénués. La pauvreté leur apparaît non comme nécessité douloureuse, non comme une conséquence de l’insuffisance de la production qu’ils voient et qu’ils croient si grande, mais comme le