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Passage de l’homme/26

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Gallimard (p. 179).
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XXVI


La vieille se tut. Plus que quelques tisons dans l’âtre. Les vitres blanchissaient à l’aube. Une cloche sonna. « Ils sonnent ainsi, tous les matins, pour rappeler cette heure où l’Homme s’en alla vers les Îles. Et, à minuit, le premier samedi de chaque mois, la mort de l’Homme. Et il y a un jour dans l’année, qu’ils ont appelé le Jour des Visions, où ils remercient l’Homme pour les avoir délivrés des apparitions ».

La cloche sonnait à grande volée. Le village s’éveillait peu à peu. Le vent s’était assoupi. La cloche se tut. Des galoches couraient sur la route. La vieille, à présent, trottinait. Un feu de brindilles craquait dans l’âtre. De l’eau chantait dans un chaudron. Les choses redevenaient toutes simples. Tout reposait de son vrai poids. J’avais les oreilles bourdonnantes, et je pensais avoir rêvé.