Petits châteaux de Bohême

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Petits châteaux de Bohême  : prose et poésie
Eugène Didier (p. 5-6).

À UN AMI


O primavera, gioventù de l’anno,
Bella madre di fiori,

D’herbe novelle e di novelli amori…

Pastor fido.


Mon ami, vous me demandez si je pourrais retrouver quelques-uns de mes anciens vers, et vous vous inquiétez même d’apprendre comment j’ai été poëte, longtemps avant de devenir un humble prosateur.

Je vous envoie les trois âges du poëte — il n’y a plus en moi qu’un prosateur obstiné. J’ai fait les premiers vers par enthousiasme de jeunesse, les seconds par amour, les derniers par désespoir. La Muse est entrée dans mon cœur comme une déesse aux paroles dorées ; elle s’en est échappée comme une pythie en jetant des cris de douleur. Seulement, ses derniers accents se sont adoucis à mesure qu’elle s’éloignait. Elle s’est détournée un instant, et j’ai revu comme en un mirage les traits adorés d’autrefois !

La vie d’un poëte est celle de tous. Il est inutile d’en définir toutes les phases. Et maintenant :

Rebâtissons, ami, ce château périssable

Que le souffle du monde a jeté sur le sable.

Replaçons le sopha sous les tableaux flamands



Odelettes
 27
 28
 30
 32
 34
 36
 37
 41



Corilla 
 45



Mysticisme
Le Christ aux oliviers 
 85
Daphné 
 90
Vers dorés 
 91


Lyrisme
Espagne 
 92
Chœur d’amour 
 93
Chanson gothique 
 94
La sérénade 
 95