Poèmes (Vivien)/Elle passe

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Pour les autres éditions de ce texte, voir Elle passe.

PoèmesA. Lemerre. (p. 105-106).


ELLE PASSE


LE ciel l’encadre ainsi que ferait une châsse,
Et je vivrais cent ans sans jamais la revoir.
Elle est soudaine : elle est le miracle du soir.
L’instant religieux brille et tinte, Elle passe…

Je suis venue avec la foule des lépreux
Dès l’aurore, ayant su que je serais guérie.
Ils regardent vers elle avec idolâtrie
En pleurant à voix basse. Et je pleure avec eux.


Un rayon d’espérance illumine l’espace,
Car ces pieds nus ont sanctifié le chemin.
Voyez ! un grand lys blanc est tombe de sa main…
Les sanglots se sont tus brusquement. Elle passe.

De nous tous qui pleurions elle a fait ses élus.
Et, parmi nous, aucun ne pleure ni ne doute.
Elle ne reviendra plus jamais sur la route,
Mais je la vis passer et je ne souffre plus.