Poèmes et Paysages/« Comme une herbe sans eau »

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LXVI


 

Comme une herbe sans eau, comme une fleur aride
Qui s’éteint sans parfums sous les feux de l’été,
Mon âme, loin de toi, mon âme est morne et vide :
          En te quittant j’ai tout quitté !

La ville et ses splendeurs, la nature et ses charmes,
Rien n’a rendu le calme à ce cœur tourmenté.
Mon front est sans pensée et mon œil est sans larmes :
          En te quittant j’ai tout quitté !

La Muse, cette amie autrefois si fidèle,
Qui chaque nuit venait s’asseoir à mon côté,
Pour me parler de toi vainement je l’appelle :
          En te quittant j’ai tout quitté !

Hélas ! parfums et chants dont s’enivrait mon âme,
Rêves, larmes du cœur, vague sérénité,
Hélas ! tout me venait de vous, ma noble Dame :
          En vous quittant j’ai tout quitté !