Poésies de Benserade/Sur la Tontine

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Poésies de Benserade, Texte établi par Octave UzanneLibrairie des bibliophiles (p. 75).



Sur la Tontine.


Enfin je ne me plaindrai plus,
De l’étoile qui me domine,
Il me reste encor cent écus
Que je vais mettre à la Tontine.
Ô la charmante invention ;
Sans avoir du dieu Mars essuyé les orages,
Sans avoir fatigué la cour de mes hommages,
Je serai sur l’Estat et j’aurai pension…
Voici par où j’espère, et par où j’argumente :
Si je vis, je suis riche, ou si bientôt je meurs,
La pauvreté ni ses horreurs
Ne me causent point d’épouvante.
Or ma planète bienfaisante
Promet à ma vie un long cours ;
Ergo, j’aurai sur mes vieux jours
Quinze ou vingt mille écus de rente.
Quels plaisirs, quels honneurs, quelle prospérité
Est destinée à ma vieillesse !
Mais parmi tant de biens je mourrai de tristesse,
Si mon Roy n’est témoin de ma félicité.

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