Poésies de Catulle/35

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Traduction par Charles Héguin de Guerle.
Panckoucke (p. 53-55).

XXXV.

INVITATION À CÉCILIUS.


Partez, mes tablettes, allez dire à Cécilius, le poète des amours, à Cécilius, mon compagnon de plaisirs, qu’il quitte pour Vérone la Nouvelle Côme, et les rives du Larius ; car je veux déposer dans son sein certaines confidences de notre ami commun. Qu’il parte donc, s’il est sage, qu’il dévore la route ; quand bien même sa maîtresse le rappellerait, mille fois ; quand bien même, jetant ses bras autour du cou de Cécilius, elle le supplierait de différer son départ, cette jeune beauté qui, si l’on m’a fait un récit fidèle, se meurt d’amour pour lui. L’infortunée ! un feu secret brûle dans ses veines, depuis le jour où elle lut les premiers vers de Cécilius en l’honneur de la déesse de Dindyme. J’excuse ton délire, jeune fille, plus savante que la muse de Lesbos ; c’est en effet un bel ouvrage, le poëme entrepris par Cécilius en l’honneur de la mère des dieux !