Poésies de François Malherbe/Sonnet à M. de Flurance, sur son livre de l’Art d’embellir

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SONNET
à M. de Flurance,
sur son livre

de l’ART D’EMBELLIR[1].


1608.



Voyant ma Caliste si belle,
Que l’on n’y peut rien désirer,
Je ne pouvois me figurer
Que ce fût chose naturelle.


J’ignorois que ce pouvoit être
Qui lui coloroit ce beau teint,
Où l’Aurore même n’atteint,
Quand elle commence de naître.

Mais, Flurance, ton docte écrit
M’ayant fait voir qu’un bel esprit
Est la cause d’un beau visage ;

Ce ne m’est plus de nouveauté,
Puisqu’elle est parfaitement sage,
Qu’elle soit parfaite en beauté.

  1. Livre tout moral dont l’objet est déterminé par le litre :L’Art d’embellir, tiré du sens de ce sacré Paradoxe : La sagesse de la personne embellit sa face, étendu en toute sorte de beauté et ès-moyens de faire que le corps retire en effet son embellissement des belles qualités de l’âme ; dédié à la reine, par le sieur de Flurance-Rivault. Paris, 1608. Cet auteur était de Laval. Il fit d’abord profession des armes, fut fait par Henri IV gentilhomme de sa chambre, puis sous-précepteur de Louis XIII et son lecteur en mathématiques ; ensuite, après la mort de Des Yveteaux et de Nicolas Lefebvre, qui furent successivement précepteurs du roi, il obtint cette place. Il mourut à Tours au mois de janvier 1616, âgé de 45 ans. Édit.