Poésies de Marie de France (Roquefort)/Notice sur les Lais

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Poésies de Marie de France, Texte établi par B. de RoquefortChasseriauEd. Roquefort, tome 1. (p. 24-41).


SUR LES LAIS.


Je n’ai pas eu l’avantage de trouver pour les Lais une aussi grande quantité de copies que pour les Fables ; les manuscrits de France ne contiennent que ceux de Gugemer, de Lanval, d’Ywenec, de Graelent et de l’Espine. Les autres, avec le prologue, se trouvent dans un seul manuscrit du Museum Britannicum[1]. J’en dois la communication à l’amitié et à l’obligeance de M. Douce. Ce généreux ami des lettres, a non-seulement pris la peine de transcrire trois Lais, mais encore il a eu l’extrême complaisance de revoir avec soin sur l’original, la copie des six Lais faite par M. Cohen, jeune homme fort instruit, et qui ne tardera pas à se faire avantageusement connoître. En me flattant d’avoir une copie très-exacte du manuscrit d’Angleterre, M. Douce a bien voulu joindre quelques notes aux endroits où le texte lui paraissoit avoir été altéré.

Le Lai d’Ywenec, très-fautif dans les manuscrits de la Bibliothèque royale, a été corrigé d’après la copie imprimée qui se trouve dans l’ouvrage de M. Ellis ; le Lai de Gugemer a été revu sur la copie de M. Cohen ; je dois à mon ami M. de la Rue, le Lai des Deux Amants, qu’il avoit transcrit à Londres, lors de son séjour en Angleterre.

Le peu de soin qu’apportaient les copistes anciens dans la transcription des ouvrages, vient sans doute de la promptitude avec laquelle ils travailloient ; quel qu’en soit le motif, cette incurie devient pour le littérateur un sujet de recherches, de peines et de réflexions. Nos pères, malgré la dureté de leur langage, avoient dans leurs vers de la mesure, de la cadence et même de l’harmonie. Ils rimoient assez exactement, et si l’on trouve des fautes de quantité dans les manuscrits, on peut à coup sûr les attribuer au défaut d’attention du copiste plutôt qu’à son ignorance, ou à celle du poëte. C’est une vérité dont il est facile de se convaincre en lisant les productions de nos anciens conteurs et romanciers. Dans le XIIe siècle la langue françoise étoit plus près d’une certaine perfection qu’elle ne le fût au XVIe ; les règles de la grammaire étoient exactement observées par les prosateurs, comme on peut le voir en parcourant les traductions françoises des sermons de saint Bernard, des dialogues de saint Grégoire, des sermons sur Job et sur la Sagesse, des quatre livres des Rois, du commentaire sur le Pseautier, etc. etc. Au surplus, mon ami et mon excellent confrère, M. de Mourcin, s’occupe d’un mémoire sur ce point curieux et important. Cette dissertation, en montrant la légèreté avec laquelle on avoit parlé de la langue romane, ne laissera aucun doute à l’égard de ce qui a été dit.

Les Lais que Marie dit avoir tirés de la littérature bretonne, doivent, dit M. de la Rue[2] être regardés comme des poëmes, contenant le récit d’un événement intéressant, d’une longueur modérée, toujours sur un sujet grave et ordinairement armoricain ou gallois, et toujours en vers de huit pieds du moins dans les traductions françoises et angloises qui sont parvenues jusqu’à nous.

« Nous disons, continue le savant professeur, d’une longueur modérée, pour ne pas les confondre avec les romans ; sur un sujet grave, pour les distinguer des fabliaux et des contes qui sont toujours plaisants, ordinairement armoricain ou gallois, parce que les Bretons prirent quelquefois leurs sujets dans la mythologie, comme le Lai de Narcisse[3], et quelquefois dans l’histoire de France, comme le Lai des Deux Amants[4], le Lai du comte de Toulouse. Enfin, nous disons en vers de huit pieds, pour les distinguer des différentes pièces auxquelles les Trouverres donnèrent le nom de Lais, et qu’ils composèrent à volonté, en vers de différentes mesures. »

On ignore d’où vient le mot Lai, et comment nos Bretons le nommoient ; non-seulement ce mot ne se trouve pas dans leurs dictionnaires mais encore aucun autre qui en approche. Car le latin barbare Leudus déjà en usage au VIe siècle[5], paroît avoir été formé des langues du Nord. On le trouve, en effet, dans le teuton lied, le danois leege le saxon leoth, l’anglo-saxon leod, l’islandois liod, l’irlandois laoi[6], mots qui servent à désigner une pièce de vers faite pour être chantée. On le tire aussi de l’ancien allemand leikr, jeu d’instruments, dont on auroit fait successivement leich, laics, lays, lay, et puis lai. D’autres le font venir du latin lessus, plainte, lamentation. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas confondre les Lais bretons, autrement dits Lais de Chevalerie, avec les autres pièces qui portèrent le même nom, et dont Alain Chartier paroît avoir le premier fixé les règles. Les Trouverres appelèrent Lais, des chansons, des contes dévots, des fabliaux et même des fables. Ainsi le roi de Navarre composant une chanson en l’honneur de la Vierge, dit qu’il va faire un Lai[7]. Il en est de même d’Audrefroi-le-Bastard[8]. Gautier de Coincy[9], dans ses Contes Dévots[10] intitule quelques-unes de ses pièces Lais à la Vierge. Les Trouverres appelèrent Lais d'Amour, des chansons en l’honneur des dames ; les Lais d’Aristote[11], de ' conseil[12], de l’Ombre[13], etc.; sont de véritables fabliaux, de même que le Lai de l’Oiselet[14] est une fable.

En général, toutes les définitions et les acceptions du mot Lai données jusqu’à-présent doivent être rejetées, parce que les auteurs qui en ont traité, manquoient de matériaux, et sur-tout de pièces de comparaison. Il appartenoit à mon savant ami, M. de la Rue, à l’homme le plus instruit de l’Europe dans la connoissance de notre ancienne poësie, de déterminer les différents changements survenus pans le Lai, et les diverses formes qu’on lui a fait prendre.

Les auteurs anciens, tels que Possidonius d’Apamée, Strabon, Diodore de Sicile, lucain, Corneille Tacite, Ammien Marcellin, ont fait l’éloge des Bardes gaulois ; ils ont vanté leurs talents pour la poësie et pour la musique. En effet, au mérite de composer des vers, ils ajoutoient celui de les chanter en s’accompagnant de la harpe.

Lorsque Jules-César fit la conquête de la Gaule, les Bardes effrayés s’enfuirent devant les vainqueurs. La Bretagne devint leur asile jusqu’au moment où les barbares sortis du Nord, chassèrent les Romains. Ces derniers, à leur tour, se réfugièrent dans l’Armorique, et introduisirent l’usage de la langue latine dans cette province qui avoit toujours eu peu de relations avec le reste de la Gaule[15]. Leur séjour et l’établissement du christianisme, ne purent effacer les anciennes traditions apportées par les Bardes, partagées et conservées même par les Francs. De-là l’usage de chanter des vers, en s’accompagnant de la harpe.

J’ai fait observer que, dès le VIe siècle, le poëte Fortunat, évêque de Poitiers, avoit souvent fait mention des Lais ; il dit autre part[16], en s’adressant à Loup, comte de Champagne : « que la lyre des Grecs et des Romains, que la harpe des Barbares et la rote[17] des Bretons, célèbrent à l’envi votre valeur et votre justice. »

Cet usage se conserva dans le moyen âge ; il explique la raison pour laquelle Marie dit dans quelques-uns de ses Lais qu’ils se chantoient accompagnés de la harpe et de la vièle[18]. Dans les romans de la Table-Ronde, composés d’après les traditions bretonnes[19], la plus grande partie des personnages sont armoricains ; le lieu de la scène est toujours dans la petite ou dans la Grande-Bretagne.

L’île de Sein ou de Saine, séjour des Fées gauloises[20] ; la forêt de Brecheliant ou de Broceliande, près Quintin, qui renfermoit le tombeau de l’enchanteur Merlin[21] ; la fontaine de Barenton et le Perron merveilleux, étoient placés dans l’Armorique[22]. C’est dans cette province que Geoffroy de Monmouth découvrit l’ouvrage original qui servit de guide à ces écrivains du XIIe siècle, qui, les premiers, firent passer dans notre langue les exploits d’Arthur et des vaillants paladins de sa cour[23].

Les traditions bretonnes et le merveilleux employé dans les romans de la Table-Ronde et dans les Lais, ont été tirés en partie de la Bible et de la mythologie des Grecs ; ces combats héroïques, ces aventures périlleuses, ces géants ou ces hommes sauvages, ces serpents terrassés, ces lions ou léopards domptés, ces monstres ou dragons vaincus se rencontrent à chaque pas dans ces deux livres.

Les Lais bretons étoient fort estimés, car le plus bel éloge qu’on pouvoit faire d’un chevalier, étoit de dire qu’à la valeur il joignoit le talent de chanter ou de composer des Lais en s’accompagnant de la harpe[24] ; tous les romans fournissent la preuve de ce fait. Mais rien n’est immuable dans le monde, et les Lais bretons, après avoir long-temps brillé d’un grand éclat, furent négligés. On altéra ses formes, et son nom fut donné à des pièces qui n’avoient aucun rapport avec ce genre de poésie. Pour mieux faire sentir les différents changements que cette composition a essuyés, il faudroit rapporter celles qui n’ont pas été imprimées ou traduites, et indiquer les autres.

Les Lais composés par Marie, sont en assez grand nombre ; M. de la Rue en a fait connoître dix ; j’en ai découvert quelques-autres qui completteront son travail.

I. Le Prologue[25].

II. Lai de Gugemer, fils d’Oridial[26], seigneur de Léon, en Basse-Bretagne[27] ; Le Grand d’Aussy en a donné une analyse[28].

III. Lai d’Équitan, seigneur de Nantes[29].

IV. Lai du Fresne[30]. Il contient l’histoire d’une demoiselle noble de la Basse-Bretagne, qui, née en légitime mariage, fut néanmoins exposée comme un enfant naturel.

V. Lai de Bisclavaret, chevalier bas-breton[31].

VI. Lai de Lanval, chevalier bas-breton[32]. Genèvre, épouse d’Arthur, avoit accusé Lanval d’avoir fait insulte à sa beauté ; le monarque irrité assemble ses barons à Cardiff[33], pour faire juger le coupable. Mais une fée bienfaisante qui protégeoit Lanval, vient le délivrer au moment où il alloit être injustement condamné, et le conduit à l'île d’Avalon[34]. Il existe une ancienne version de cette pièce en vers anglois[35], qui a été traduite en prose par Le Grand d’Aussy[36].

VII. Lai des deux Amants[37]. Il renferme l’histoire des deux jeunes gens qui, victimes de leur tendresse et des caprices d’un père, moururent le même jour. Ce sujet paroît avoir été pris d’une tradition de l’histoire ecclésiastique de la Normandie. Il existe encore près de Rouen le Prieuré des deux Amants, qui, d’après cette tradition, auroit été fondé par le père de l’une des victimes sur la place même où elles terminèrent leur existence, et sur laquelle leur fut élevé un tombeau qui les renfermoit toutes deux.

VIII. Lai d’Ywenec, chevalier bas-breton[38], fils d’Eudemarec, seigneur de Caervent.

IX. Lai du Laustic. Il fait connoître les aventures de deux chevaliers armoricains, dans lesquelles un rossignol joue un grand rôle[39]. Le Laustic a été traduit en prose et en vers anglois sous le titre du Rossignol[40].

X. Lai de Milun, chevalier bas-breton[41].

XI. Lai du Chaitivel[42] ; c’est l’histoire d’une dame de Nantes, qui, requise d’amour par quatre chevaliers armoricains, promit son cœur à celui qui, par ses exploits, se distingueroit davantage. Un tournoi est annoncé et bientôt a lieu. Les quatre rivaux s’élancent dans la carrière et cherchent à faire preuve de valeur, afin d’obtenir le don d’amoureuse merci. Trois d’entre eux trouvent la mort au milieu du combat, et le quatrième est grièvement blessé. C’est ce dernier qui porte le nom de Chaitivel ou de malheureux.

XII. Lai du Chèvre-Feuille[43], épisode du roman de Tristan de Léonnois et de sa mie la blonde Yseult.

XIII. Lai d’Éliduc, chevalier bas-breton[44] dont les aventures présentent un grand intérêt.

XIV. Lai de Graalent[45], chevalier bas-breton[46], dont le sujet et les aventures ont beaucoup d’analogie avec le Lai de Lanval.

XV. Lai de l’Espine[47] ; on y raconte les amours d’un chevalier bas-breton[48].


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  1. Bibliothèque Harléiène, n° 978.
  2. Recherches sur les ouvrages des Bardes de la Bretagne armoricaine, dans le moyen âge. Seconde édition, p. 30 et 31. Voyez aussi Ritson, Ancient Engleish metrical Romanceës, t. III, p. 328.
  3. Ms. n° 7989, f° 58, v° 7218 et 1830, f° 117 , r° col. 3 , fonds de l’Abbaye-Saint-Germain, imprimé dans le nouveau Barbazan, t. IV, p. 143.
  4. Par Marie de France, ms. Bibliothèque Harleiène, n° 978.
  5. Barbaros Leudos harpâ relidebat.

    Venant. Fortunatus, lib. I, epist. I, ad Gregor Turonens.

    Hos tibi versiculos, dent barbara carmina Leudos ;
    Sic variante tropo, laus sonet una viro.

    Ibid. epist. ad Lupum Com. Campan.
  6. Ancient Engleish metrical romanceës, tom. III, pag. 243.
  7. Chanson LXIV, Poësies du roi de Navarre, publiées par Lévesque de la Ravallière, t. II, p. 156.
  8. Ms de la Bibl. royale, n° 7222. Voyez aussi le Recueil ms. des Poëtes françois avant 1300, à la bibl. de l’Arsenal, pag. 850, 852, 855. Le Grand d’Aussy, Fabliaux et Contes, in-8°, tom. III, pag. 168—176, en a traduit cinq.
  9. Voyez sur ce religieux, De la Poësie françoise dans les XIIe et XIIIe siècles, p. 189, Glossaire de la langue romane, t. II, p.761, col. 2.
  10. Ms. M., n° 20, et N, n° 2, fonds de l’église de Paris et fonds de la Vallière, n° 2710.
  11. Par Henri d’Andelys, ms. 7218 et 7615, imprimé dans le nouveau Barbazan, t. III, p. 96, traduit par Le Grand d’Aussy, t. I, p. 197.
  12. N° 7218, traduit par Le Grand d’Aussy, tom. II p. 396
  13. Par Jehan Renart, ms. n°1830, fonds de l’Abbaye-Saint-Germain, f° 85, v° col. i, et traduit par Le Grand d’Aussy, t. I, p. 179.
  14. Ms. 7218, 7615, imprimé dans Barbazan, t. III, p. 114, traduit par Le Grand d’Aussy, t.III, p. 113. La fable de l’Oiselet se trouve encore dans le Castoiement ; conte XX. Barbazan, t. II, p. 140, et parmi les Fables de Marie.
  15. Glossaire de la langue romane, Préface, p. v.
  16. Romanusque Lyrâ, plaudat tibi Barbarus harpâ,
    Græcus Achillianâ, Chrotta Britanna canat.

    Fortunat., lib. VII, p. 170.
  17. La Vièle : voy . Du Cange, au mot Rocta ; Le Grand d’Aussy, Fabliaux, in-8°, t. I, p. 50 et 304 ; État de la Poësie françoise dans les XIIe et XIIIe siècles, p. 107.
  18. Lais de Gugemer à la fin ; de Graelant, à la fin, etc. Voyez Le Grand d’Aussy, Fabliaux, t. I, p. 106. La plus grande preuve que les Lais devoient être chantés, se trouve dans le ms. 7989², où le Lai de Graelant est transcrit de manière à être noté au premier vers de la pièce, et à tous ceux qui commencent un alinéa. Il est à regretter que les portées, tracées en encre rouge, n’aient pas été notées comme on le voit dans le jeu d’Aucassin et Nicolette, qui fait partie du même manuscrit.
  19. État de la Poésie françoise, p. 142 ; Recherches sur les ouvrages des Bardes armoricains. passim.
  20. Pomponius Mela, lib. III, cap. VIII. Strabon, lib. IV. Le Grand d’Aussy, t. I, p. 79. Dans la Bretagne on trouve encore la roche aux fées, la grotte aux fées, le val des fées, la fontaine des fées, le trou des fées etc. Voyez M. de Penhouet, Recherches hist. sur la Bretagne, première partie, p. 63. Noual de la Houssaye, Dissertation dans les mémoires de l’Académie celtique, n° XV, t. V, p. 371 et 396. De Cambry, Monuments celtiques, etc.
  21. Le Grand d’Aussy, loc. cit., t. I, p. 9 et 107.
  22. Guillelm Britonis, lib. VI, apud Du Chesne, t. V.

    En Bretaigne ce treuve-on
    Une Fontaine et un Perron,
    Quant on gete l’iaue dessus,
    Si vente et toune et repluet jus.

    L’Image du monde, ms. n° 7989, f° 143, v° col. 1, et N. n° 5, f° 72, r° col. 2, fonds de l’église de Paris.
    Voyez encore Huon de Mery, Tournoiement d’Antecrit, ms. fonds de l’église de Paris, N, n° 5, f° 213, r° col. 2—214, v° col. 2.

  23. État de la Poésie françoise, p. 142 et 471.
  24. État de la Poésie françoise, p. 114 et 115. Ancient Engleish metrical romanceës, selected and publish’d by Joseph Ritson, vol. III, pag. 272. M. de la Rue, loc. cit. p. 22—24.
  25. Ms. Bibl. Harléiène, n°978, contient 56 v.
  26. Ibid. et ms. du roi, N° 7989², f° 48.
  27. Renferme 786 vers dans le ms. d’Angleterre, et 772 dans le second.
  28. Tom. III, p. 251.
  29. Biblioth. Harl., se compose de 312 vers.
  30. Ibid. contient 518 vers
  31. Ibid. a 318 vers.
  32. Ibid. Bibl. Cottoniène, Vespasien, B. XIV ; ms. du roi 7989², f° 54, renferme 640 vers.
  33. Cardueil ou Carduel, Kardeuyle, Kerdyf, Kardevyle Carleile, Kardoel, Kerdoel, l’une de quatre grandes cités du roi Arthur, que je crois être la capitale du comté de Glamorgham, dans la province de Galles, contre l’opinion de Ritson, loc. cit., tom. III, p. 235 et 344. Il présume que ce peut être la ville de Carlile, dans le duché de Cumberland, vers les frontières d’Écosse ; cependant l’auteur du roman de Merlin ne manque jamais de dire : La ville de Cardueil en Galles, Les autres cités étoient Caermalot, Caramalot, Kramalot, où étoit la fameuse Table-Ronde ; Caerdigan, Caradigan, aujourd’hui Cardingham, dans le Southwales, ou partie méridionale de la principauté de Galles ; Caerlion ou Carleon, Karlyon, célèbre par le monastère de Saint-Aaron, qui renfermoit les archives de la romancerie bretonne. Voyez Ritson ; loc. cit., t. III, p. 249 et 332. La terre, le pays, le royaume, la ville de Logres ou Loengres, dont il est souvent question, faisoient partie du Glamorganshire dans la province de Galles.
  34. Cette île d’Avalon ou d’Avallon est maintenant appelée Glastonbury, ou plutôt Glassembourg et Glaston (en latin Glastonium, Glastonia, Avalonia), ancienne ville qui n’est plus qu’un misérable village, situé à deux lieues de Welles, dans le comté de Sommerset. Avalon possédoit un monastère détruit par Henri VIII, qui passoit pour le plus ancien de la Grande-Bretagne, et qui avoit été le lieu de la sépulture des rois bretons.
  35. Bibl. Cottoniène, Caligula, A. II. Cette pièce, dont l’auteur est Thomas Chestre, a été publiée par Ritson, loc. cit., t. I , p. 170—215, et les notes, t. III, p. 242
  36. Fabliaux, t. I, p. 93.
  37. Biblioth. Harl. contient 242 v.
  38. Renferme 562 vers, ms. du roi, N° M 21/3, fonds de l’église de Paris, et n° 7989, f° 46. Dans cette copie le commencement n’y est pas, mais il existe un fragment de 160 vers.
  39. Il ne contient que 160 vers.
  40. Nigth’ingale, Bibliothèque Cottoniène, Caligula, A, II.
  41. 536 vers.
  42. 240 vers.
  43. Ne contient que 118 vers.
  44. C’est la plus longue des pièces de cette collection ; elle contient 1178 vers.
  45. Ms. du roi, n° 7989², f° 65 , r°, renferme 732 v.
  46. Imprimé dans le nouveau Barbazan, t. IV, p. 57, et traduit par Le Grand d’Aussy, Fabliaux, t. I, p. 120.
  47. Ms. du roi, n°7595, f° 481, v° col. i, contient 404 vers. Il a été traduit en prose par Le Grand d’Aussy, t. III, p. 244.
  48. J’ignore d’après quelle autorité mon savant ami, M. de la Rue, qui pensoit avec moi que le Lai de l’Espine appartenoit incontestablement à Marie, veut aujourd’hui (ouvrages des Bardes Armoricains p.16, seconde édition), l’attribuer à Guillaume-le-Normand, poëte estimé par ses productions. En effet, on connoit plusieurs pièces fort jolies composées par ce Trouverre. Mais, je le répète, le Lai précité n’a pas été composé par lui, et l’on ne trouve point, comme l’annonce M. de la Rue, Guillaumes li Clers qui fu Normans, J’ai fait imprimer d’après ma copie, et j’ai corrigé d’après le manuscrit. Si je m’élève contre le sentiment de mon confrère, c’est que dans la partie de nos antiquités son témoignage tient lieu de loi, et qu’il importe que cette erreur soit détruite.
    Au surplus, M. Ellis, savant distingué dont on doit regretter la perte, a publié une très-bonne notice sur les Lais de Marie. Elle se trouve dans Specimens of earli English metrical romanceës, London, 1805, t. I, p. 137—190. Voyez aussi The Canterbury, Tales of Chaucer, t. IV, passim, les excellentes remarques de M. Tyrwhitt ; et Ritson, loc. cit., t. III, p. 225—357.