Poissons d’eau douce du Canada/Coregonus artedi ou le Scisco

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C. O. Beauchemin & Fils (p. 473-475).

LE COREGONUS ARTEDI OU LE SCISCO


Le scisco appartient au groupe des coregones, tout en différant du coregonus albus, l’atikkamek des Peaux-Rouges et le Poisson-Blanc des Canadiens. Il est une originalité dans l’espèce, comme dans son nom, dont on ne peut retracer l’étymologie.

Le scisco a le corps moins comprimé et moins large que le Poisson-blanc : dents plus fines tournant au velours ; dans les arc-branchiaux sont fixées quelques dents, longues et bien serties quoique peu résistantes ; bouche plus petite que celle du poisson-blanc ; ouverte, elle est parfaitement carrée. Les écailles du scisco sont les mêmes que celles de l’atikkamek, mais sa queue est d’un tissu si délicat qu’il est presque impossible d’en compter les rayons : le bout de la langue est induré.

Dos verdâtre, flancs argentés, premier rayon des nageoires pectorales, ventrales et anale noirâtre.

La première dorsale compte quatre rayons mous, la seconde est adipeuse : pectorales, quatorze rayons mous ; ventrales, onze : anale, douze, et caudale, autant qu’il est possible de s’en assurer, quatorze.

Pour prendre le scisco on emploie la mouche naturelle, dite mouche à anguille, fixée à la pointe d’un très petit hameçon. S’il dédaigne la mouche artificielle, c’est qu’il ne prend pas la mouche au vol comme le saumon et la truite, mais que, au contraire, il vient flairer l’appât avant de le happer.

Le poisson désigné comme le hareng des lacs, connu dans l’ichtyologie sous la dénomination de salmo clupeiformis, quoique ressemblant d’aspect au scisco, en diffère toutefois par des signes caractéristiques, entre autres par la présence de dents sur la langue et par une quote fort éloignée, dans les rayons des nageoires, de celle établie pour le scisco, comme on peut facilement le constater.

Rayons des nageoires du hareng des lacs :

II. 12 ; P. 16 ; V. II ; A. II ; C. 19.

Chez le hareng des lacs, le premier rayon de la dorsale est le plus long ; la queue est profondément échancrée ; la dorsale se termine presque à l’opposé des ventrales, et la seconde dorsale est à l’opposé du centre de l’anale.

Le scisco habite le lac Ontario, et de préférence les eaux que domine le cap Vincent, à l’embouchure de l’entonnoir par où le lac s’échappe dans le fleuve Saint-Laurent.

Comme substance alimentaire, le cisco est inférieur à l’atikkamek. Lorsque ce dernier se vend $ 10.00 le baril, le premier n’est coté qu’à $4.00 ou $5.00 sur le marché. Aussi, la pêche en est-elle très peu soignée, depuis quelques années.


OTSEGO BASS


Otsego bass ne se traduit pas en français, pour la bonne raison qu’il y a anomalie entre la dénomination du poisson et l’espèce à laquelle il appartient. L’otsego bass est un salmonidé, et par sa désignation il devrait être classé parmi les percoïdes ou les centrarchidés.

L’otsego bass a des affinités très grandes avec le poisson-blanc. Structure absolument la même, il n’en diffère vraiment que par des lignes noirâtres disposées longitudinalement sur les flancs : du reste, mêmes dents sur les arcs branchiaux, à peu près même taille : écailles un peu plus petites, peut-être ; mais, pour les deux également, ligne latérale presque droite, et la queue fort échancrée.

L’otsego bass a le dos d’un bleu foncé, passant au vert, en descendant sur les côtés ; flancs d’un blanc brillant avec teintes de perle ; ventre rendant les reflets de l’argent en fusion.

Rayons des nageoires de l’otsego bass.

Br. 9 ; D. 13 ; P. 17 : V. 11 ; A. 11 ; C. 22.

Comme chez toutes les familles des salmonidés la deuxième dorsale est adipeuse et sans rayons.

L’otsego bass n’existe pas ailleurs, dans l’Amérique du Nord, que dans le lac Otsego, auquel il a donné son nom.

Chaque année, il diminue sensiblement en nombre et même de taille.

L’otsego bass ne mord à aucun appât, ce qui donne lieu de croire qu’il se nourrit, comme le poisson-blanc, de coquillages et de plantes aquatiques.

De bonne heure, au printemps, l’otsego bass se rapproche par troupes, des rivages et des hauts-fonds. Durant quelques jours, il s’en fait des pêches abondantes, au moyen de seines et de rets. Il passe tout l’été en eau profonde, d’où il surgit à l’automne, pour venir frayer près des rivages.

Souvent, des braconniers le pêchent à la seine et aux rets, à cette saison, détruisant ainsi le frai avec le poisson, la semence et la récolte à la fois, ce qui explique la disparition précipitée de l’espèce.

L’otsego bass atteint le poids de quatre livres, mais généralement, il ne pèse que deux livres. Les amateurs de sport n’en font aucun cas, pour la bonne raison qu’ils ne peuvent l’allécher d’aucune manière.

C’est comme curiosité, comme sujet d’étude pour l’Europe, que nous l’avons décrit.

N’existe-t-il pas une certaine analogie dans les mœurs, une certaine ressemblance dans la couleur, la structure et la taille, entre l’otsego bass et la féra des lacs de Genève et de Léman ?

Question.