Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit Val, 1604/Les Amours/Sonnet II

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, François d'Arbaud de Porchères
Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit ValImprimerie Du Petit Val (p. 7).

II.


Quand je voy les efforts de ce Grand Alexandre,
D’un Cesar dont le sein comblé de passions
Embraze tout de feu de ces ambitions,
Et n’en laisse apres soy memoire qu’en la cendre.

Quand je voy que leur gloire est seulement de rendre,
Apres l’orage enflé de tant d’afflictions,
Calmes dessous leurs loix toutes les nations
Qui voyent le Soleil et monter et descendre :

Encor que j’ay dequoy m’engueillir comme eux,
Que mes lauriers ne soyent de leurs lauriers honteux,
Je les condamne tous & ne les puis deffendre :

Ma belle c’est vers toy que tournent mes espris,
Ces tirans-la faisoyent leur triomphe de prendre,
Et je triompheroy de ce que tu m’as pris.