Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit Val, 1604/Les Amours/Sonnet I

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, François d'Arbaud de Porchères
Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit ValImprimerie Du Petit Val (p. 6).

SONNET.
I.


Si c’est dessus les eaux que la terre est presse
Comment se soustient-elle encor si fermement ?
Et si c’est sur les vents qu’elle a son fondement
Qui la peut conserver sans estre renversee ?

Ces justes contrepoids qui nous l’ont balancee
Ne panchent-ils jamais d’un divers branslement ?
Et qui nous fait solide ainsi cet Element,
Qui trouve autour de luy l’inconstance amassee ?

Il est ainsi, ce corps se va tout souslevant
Sans jamais s’esbranler parmi l’onde et le vent,
Miracle nompareil, si mon amour extreme

Voyant ces maux coulans, soufflans de tous costez
Ne trouvoit tous les jours par exemple de mesme
Sa constance au milieu de ces legeretez.