Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit Val, 1604/Les Amours/Sonnet XIV

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, François d'Arbaud de Porchères
Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit ValImprimerie Du Petit Val (p. 13).

XIIII.


Quand le vaillant Hector, le grand rampart de Troye,
Sortir tout enflammé, sur les nefs des Gregeois,
Et qu'Achille charmoit d'une plaintive voix
Son oisive douleur, sa vengeance de joye.

Comme quand le Soleil dedans l'onde flamboye
L'onde des rais tremblans repousse dans les toits :
La Grece tout ainsi flottante ceste fois
Eust peur d'estre à la fin la proye de sa proye.

Un seul bouclier d'Ajax se trouvant le plus fort
Soustint ceste fureur & dompta cet effort,
J'eusse perdu de mesme en ceste horrible absence

Mon amour, assailli d'une armee d'ennuis,
Dans le travail des jours, dans la langeur des nuicts
Si je ne l'eusse armé d'un bouclier de constance.