Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit Val, 1604/Les Amours/Sonnet XV

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, François d'Arbaud de Porchères
Premier recueil de diverses poésiesImprimerie Du Petit Val (p. 13).

XV.


Ceste brave Carthage, un des honneurs du monde
Et la longue terreur de l'empire Romain,
Qui donna tant de peine à son cœur, à sa main,
Pour se faire premiere, & Rome la seconde

Apres avoir dompté presque la terre & l'onde,
Et porté dans le ciel tout l'orgueil de son sein,
Esprouva mais trop tard, qu'un superbe dessein
Fondé dessus le vent il faut en fin qu'il fonde

Ceste insolente là la pompe qu'elle aima
Le brasier devorant du feu la consuma :
Que je me ris au lieu, Carthage, de te plaindre.

Ton feu dura vingt jours, & bruslas pour si peu,
Helas que dirois-tu si tu voyais qu'un feu
Me brusle si long-temps sans qu'il se puisse esteindre?