Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit Val, 1604/Les Amours/Sonnet IX

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, François d'Arbaud de Porchères
Premier recueil de diverses poésiesImprimerie Du Petit Val (p. 10).

IX.


Si tant de maux passez ne m’ont acquis ce bien,
Que vous croyez au moins que je vous suis fidelle,
Ou si vous le croyez, qu’à la moindre querelle
Vous me faciez semblant de n’en plus croire rien ;

Belle, pour qui je meurs, belle, pensez vous bien
Que je ne sente point cette injure cruelle ?
Plus sanglante beaucoup, que la peine éternelle
Où malgré tout le monde encor je me retiens,

Il est vray toutesfois, vos beautez infinies,
Quand je vivrois encor cent mille & mille vies,
Ne se pourroyent jamais servir si dignement

Que je ne fusse en reste à leur valeur parfaicte :
Mais croyez-le ou non, la preuve est toute faicte
Qu’au près de moy, l’amour aime imparfaitement.