Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit Val, 1604/Les Amours/Sonnet XI

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, François d'Arbaud de Porchères
Premier recueil de diverses poésiesImprimerie Du Petit Val (p. 11).

XI


Tous mes propos jadis ne vous faisoyent instance
Que de l'ardant amour dont j'estois embrazé :
Mais depuis que vostre œil sur moy s'est appaisé
Je ne vous puis parler rien que de ma constance.

L'amour mesme de qui j'espreuve l'assistance
Qui sçait combien l'esprit de l'homme est fort aisé
D'aller aux changemens, se tient comme abusé
Voyant qu'en vous aimans j'aime sans repentance.

Il s'en remonstre assez qui bruslent vivement,
Mais la fin de leur feu qui se va consommant
N'est qu'un brin de fumee & qu'un morceau de cendre.

Je laisse ces amans croupir en leurs humeurs
Et me tiens pour contens, s'il vous plaist de comprendre
Que mon feu ne sçauroit mourir si je ne meurs.