Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit Val, 1604/Les Amours/Sonnet XVIII

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, François d'Arbaud de Porchères
Premier recueil de diverses poésiesImprimerie Du Petit Val (p. 15).

XVIII.


Ne vous estonnez point si mon esprit qui passe
De travail en travail par tant de mouvemens,
Depuis qu’il est banni dans ces esloignemens,
Tout agile qu’il est ne change point de place.

Ce que vous en voyez, quelque chose qu’il face,
Il s’est planté si bien sur si bons fondemens,
Qu’il ne voudrait jamais souffrir de changemens
Si ce n’est que le feu se peust changer de place.

Ces deux contraires sont en moy seul arrestez
Les foibles mouvemens, les dures fermetez :
Mais voulez vous avoir plus claire cognoissance

Que mon espoir se meurt & ne se change point ?
Il tournoye à l’entour du poinct de la constance
Comme le ciel tournoye à l’entour de son poinct.