Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit Val, 1604/Les Amours/Sonnet XXVI

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
, François d'Arbaud de Porchères
Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit ValImprimerie Du Petit Val (p. 19).

XXVI.


Les vents grondoyent en l'air, les plus sombres nuages
Nous desroboyent le jour pesle mesle entassez
Les abismes d'enfer estoyent au ciel poussez
La mer s'enfloit des monts, & le monde d'orages :

Quand je vis qu'un oyseau delaissant nos rivages
S'envole au beau milieu de ces flots courroucez,
Y pose de son nid les festus ramassez
Et rappaise soudain ses escumeuses rages.

L'amour m'en fit autant, et comme un Alcion
L'autre jour se logea dedans ma passion
Et combla de bon-heur mon ame infortunee.

Apres le trouble, enfin, il me donna la paix :
Mais le calme de mer n'est qu'une fois l'annee
Et celui de mon ame y sera pour jamais.