Qu’importe !

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Nouvelles Pages anthologiquesEugène Figuière et CieTome premier (pp. 380-381).

Qu’importe !

à mon mari.


Je ne te vois plus, soleil qui flamboies,
Pourtant des jours gris je sens la pâleur ;
J’en ai la tristesse ; il me faut tes joies.
Je ne te vois plus, soleil qui flamboies,
Mais j’ai ta chaleur.


Je ne la vois plus, la splendeur des roses,
Mais le ciel a fait la part de chacun.
Qu’importe l’éclat ? j’ai l’âme des choses.
Je ne la vois plus, la splendeur des roses,
Mais j’ai leur parfum.

Je ne le vois pas, ton regard qui m’aime,
Lorsque je le sens sur moi se poser.
Qu’importe ! Un regret serait un blasphème,
Je ne le vois pas, ton regard qui m’aime,
Mais j’ai ton baiser.

Mes yeux sont fermés, mais qu’importe l’ombre !
J’ai trop de rayons et j’ai trop de jour
Pour qu’il puisse faire en moi jamais sombre.
Mes yeux sont fermés, mais qu’importe l’ombre,
Puisque j’ai l’amour !

(Dans ma Nuit.)