Réflexions sur la révolution de France - 1819/Réflexions

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Traduction par J. A. A***, sur la troisième édition.
Adrien Égron (p. 1-448).

RÉFLEXIONS
sur
LA RÉVOLUTION DE FRANCE.
Londres, le 1er Novembre 1790.

    Monsieur,


Votre ardeur ne se ralentit donc pas, et vous voulez absolument savoir ce que je pense sur les dernières opérations en France. Ne croyez pas, je vous prie, que j’attache assez de valeur à mes opinions, pour souhaiter qu’on les recherche. Elles sont de trop peu d’importance pour mériter d’être communiquées ou retenues avec tant de soin. Si j’ai hésité à vous les faire connaître lorsque vous m’y avez provoqué une première fois, c’était par attention pour vous et pour vous seul. Vous aurez remarqué dans la première lettre que j’ai eu l’honneur de vous écrire, et que j’ai à la fin pris le parti de vous envoyer, que ma plume n’était celle d’aucun parti. Il fin sera de même dans celle-ci. Mes erreurs, si j’en commets quelques-unes, sont purement les miennes. Ma réputation seule doit en répondre.

Malgré mon désir vraiment sincère de voir régner en France l’esprit d’une liberté éclairée ; quoique je pense que, suivant toutes les règles d’une bonne politique, vous devriez en renfermer l’esprit et en poser les bases dans un corps permanent, et rendre effectives les volontés de ce corps, en investissant un seul organe du pouvoir de les mettre en action ; ma première lettre vous aura prouvé que j’ai cependant le malheur de conserver encore de grands doutes sur plusieurs points très-importans de vos dernières opérations.

Deux clubs qui se sont établis à Londres, et qui se sont qualifiés, l’un Constitutional Society ; l’autre Revolution Society, ont sanctionné et scellé de leur sceau public et solennel quelques-uns des travaux de l’Assemblée Nationale ; vous avez imaginé d’après cela que vous pouviez me compter au nombre de ceux qui les approuvent, et vous m’avez écrit.

J’ai certainement l’honneur d’appartenir à plusieurs clubs, dans lesquels la constitution de ce royaume et les principes de notre glorieuse révolution sont main tenus avec un profond respect ; et j’ose avouer que je suis un de ceux qui montrent le plus d’ardeur pour maintenir cette constitution et ses principes, dans leur plus grand degré de pureté et de vigueur : je mets donc beaucoup d’importance à ne commettre aucune erreur. Tous ceux qui, comme moi, aiment à entre tenir te souvenir de notre révolution, et qui sont attachés à la constitution de ce royaume, éviteront avec grand soin qu’on ne les confonde avec cette sorte de gens qui, sous le prétexte et avec l’apparence du zèle pour l’une et pour l’autre, ne s’écartent que trop souvent de leurs vrais principes, et qui sont prêts à profiter des moindres occasions pour abandonner cet esprit à la fois ferme, prudent et résolu, qui a produit la première, et qui préside au maintien de la seconde. Avant de répondre aux points les plus importans de votre lettre, je vous demanderai la permission de vous faire part de ce que j’ai pu connaître de ces deux clubs qui ont jugé convenable, en leur prétendue qualité de corps, de se mêler des grands intérêts de la France, après toutefois vous avoir bien assuré que je ne suis pas et que je n’ai jamais été membre d’aucun des deux.

Le premier, qui s’est donné le titre de Société de la Constitution, ou de Propagande Constitutionnelle, ou tel autre de ce genre, subsiste, je crois, depuis sept ou huit ans. Il doit son existence à un motif que l’on doit louer en proportion de tout ce qu’il a de charitable. Cette institution fut formée pour mettre gratuitement en circulation, aux frais des associés, un certain nombre de livres, que peu d’autres auraient voulu faire les frais d’acheter, et qui auraient pu rester dans la boutique des libraires, au grand détri ment d’une classe utile de citoyens. Je ne vous di rai pas si la charité des acheteurs aura déterminé la charité des lecteurs. Peut-être quelques-uns de ces ouvrages ont-ils été exportés en France, et semblables aux marchandises qui sont ici sans valeur, auront-ils trouvé quelque débit chez vous. J’ai beaucoup entendu parler des lumières qui devaient jaillir de ces livres envoyés ainsi par expédition ; mais je ne suis pas en état de juger s’il en est pour de telles productions, de même que pour certaines liqueurs que le passage de la mer bonifie, et encore moins, je vous assure, du degré d’amélioration que cela peut y apporter. La vérité est que je n’ai jamais entendu un seul homme d’un jugement ordinaire ; ou quelque peu instruit, dire un seul mot à la louange des ouvrages mis en circulation par cette Société, et que le bruit des avantages importans qu’elle procure n’a de vogue que parmi quelques-uns de ses membres.

Il paraît que votre Assemblée Nationale a conçu la même opinion que moi de ce pauvre club charitable. En sa qualité de nation, c’est en faveur de la Société de la Révolution seule qu’elle a fait éclater toute sa reconnaissance, quoiqu’en bonne justice la Société de la Constitution eût aussi quelque droit ; mais puisque vous avez choisi la première comme le grand objet de vos exaltations et de vos remercîmens nationaux, vous trouverez tout simple que ses dernières démarches de viennent aussi le sujet de mes observations. Être adopté ainsi par l’Assemblée Nationale de France, c’est ac quérir un assez haut degré d’importance. Aussi, faveur pour faveur ; et ces Messieurs auraient été choisis pour composer en Angleterre un sous-comité de votre Assemblée Nationale, qu’ils n’y propageraient pas avec plus de zèle la doctrine qu’elle professe. D’après cela, nous devons la considérer comme une classe de personnes privilégiées et d’un rang élevé dans la diplomatie. Entre les révolutions, celle-ci a porté la lumière dans les ténèbres, et décoré de tout son éclat le mérite inconnu. En effet, jusqu’à ce moment, je ne me rappelle pas d’avoir jamais entendu parier de ce club, et je puis vous assurer qu’il n’avait jamais un seul instant fixé mon attention, ni, je crois, celle d’aucune autre personne, excepté ses associés. Voici ce que j’ai pu découvrir de son origine. En mémoire de l’anniversaire de la révolution arrivée en 1688, un club de dissidents, dont j’ignore la secte, avait depuis un temps considérable conservé l’usage de s’assembler dans une de leurs chapelles pour entendre un sermon ; et, suivant l’usage de tous les autres clubs, ces Messieurs passaient joyeusement à la taverne le reste du jour. Mais je n’avais jamais entendu dire que le résultat de ces pieux galas eût procuré quelque délibération en règle sur des intérêts publics, ou sur quelque système politique, et bien moins encore sur les merveilles de la constitution d’une nation étrangère, jusqu’au mo ment où, à ma très-grande surprise, je les ai vus, comme s’ils étaient revêtus d’un caractère public, par une adresse de congratulation à l’Assemblée Nationale de France, lui accorder la sanction de ses travaux.

Je ne vois rien dans les anciens principes et dans la conduite de ce club, au moins d’après ce qu’on en a laissé percer, à quoi l’on puisse raisonnablement trouver à redire. Il me paraît très-probable que certaines personnes, préoccupées du désir de mettre à exécution quelque projet chéri, auront été bien aises de s’enrôler dans cette Société ; elles se seront plu à choisir la confrérie entière pour être l’instrument de leurs pieuses, résolutions, parce qu’elles sont du nombre de ces honnêtes politiques chrétiens qui aiment à répandre des bienfaits’et à cacher dans l’ombre la main qui les donne. Quelques bonnes raisons que je puisse avoir pour soupçonner leurs menées, je ne donnerai comme certain que ce qui est public.

Quant à moi, je serais très-fâché que l’on pût croire que j’eusse à ces actes aucune part, même indirecte. J’avoue que, conformément à l’usage général, je prends en particulier le plus vif intérêt à toutes les spéculations qu’enfante la scène politique de ce monde, soit dans le passé, soit dans le présent, soit dans l’antiquité, soit dans les temps modernes, soit dans la répu blique de Rome, soit dans celle de Paris. Mais n’ayant pas reçu une mission apostolique universelle, n’étant qu’un citoyen, dont toutes les actions sont subordonnées à la volonté générale, je croirais faire une chose au moins déplacée et irrégulière, si j’ouvrais une correspondance en forme avec le gouvernement actuel d’une nation étrangère, sans l’autorisation expresse de celui sous lequel je vis. Je voudrais d’autant moins me mêler d’une telle correspondance, que sous la dénomination d’un caractère aussi équivoque, on pourrait faire croire à beaucoup de gens qui ne sont pas familiarisés avec nos usages, que l’adresse en question est l’ouvrage de personnes réellement revêtues d’un caractère public, avouées par tes lois de ce royaume, et autorisées par elles à agir comme ses organes. Soyez sûr qu’à la seule inspection de ce titre général qui porte avec lui le caractère de l’ambiguïté et de l’incertitude, de cette formule pompeuse de signatures, à laquelle toutes les portes de votre Assemblée Nationale ont été ouvertes, à laquelle on a accordé les honneurs d’une entrée aussi majestueuse et des applandissemens aussi éclatans que si vous aviez eu à recevoir une députation solennelle de tous les représentans de la Grande-Bretagne. La Chambre des Communes, par le seul motif des fraudes qu’une telle dénomination fait craindre, plutôt encore que pour la forme, aurait rejeté loin d’elle l’adresse la plus rampante sur le sujet le moins important. Si l’adresse que cette Société a jugé à propos de vous envoyer, avait été tout simplement une dissertation, il aurait peu importé d’en connaître les auteurs, parce que leurs noms n’auraient ajouté aucune valeur à leurs opinions. Mais c’est bien autre chose : c’est ce que nous appelons resolution and vote : comme qui dirait un décret. Alors sa force est dans son authenticité ; et comme cette authenticité n’est l’ouvrage que d’un certain nombre d’individus, parmi lesquels très —peu se sont fait connaître, il me semble qu’ils auraient tous dû y apposer leur signature : alors le monde entier aurait pu savoir combien ils sont, qui ils sont ; et leur habileté personnelle, leurs connaissances, leur expérience, la considération dont ils jouissent dans l’Etat, auraient déterminé le degré d’importance que l’on doit mettre à leurs opinions. Quant à moi, qui suis un homme sans détours, je trouve leur procédé un peu trop adroit. Cela a trop l’air d’un stratagème politique, dont but est de donner, à l’abri d’une qualification sonore, de l’importance aux déclarations publiques de ce club ; déclarations qui n’en paraissent pas très-dignes, quand on les examine un peu de près. Ce genre de politique a beaucoup de la physionomie de la fraude. Je me flatte que j’aime autant qu’aucun de ces mes sieurs, quel qu’il soit, une liberté mâle, morale et bien réglée ; que même j’ai peut-être donné d’aussi bonnes preuves qu’aucun d’eux de mon attachement à cette cause dans tout le cours de ma conduite publique. Je crois que la liberté des autres nations n’est pas plus pour moi que pour eux un objet de jalousie ; mais je ne peux me mettre en avant, ni distribuer la louange ou le blâme à rien de ce qui a rapport aux actions humaines et aux intérêts publics, sur le simple aperçu d’un objet dénué de tous ses rapports, dans toute la nudité et dans tout l’isolement d’une abstraction métaphysique. Les circonstances, qui ne sont rien pour quelques personnes, sont pourtant, dans la réalité, ce qui donne à tout principe politique sa couleur distinctive et son véritable caractère. Ce sont elles qui rendent un plan civil et politique, utile ou nuisible au genre humain. Dans un sens abstrait, l’on peut dire du gouvernement, aussi bien que de la liberté, que c’est une bonne chose. Mais aurais-je raisonnablement pu, il y a dix ans, féliciter la France sur son gouvernement, car alors elle en avait un, sans m’être informé auparavant de la nature de ce gouvernement, et de la manière dont on l’administrait ? Puis-je aujourd’hui féliciter cette même nation sur sa liberté ? Est-ce parce que la liberté, dans son sens abstrait, doit être classée parmi les bienfaits du genre humain, que j’irais sérieusement complimenter un fou qui se serait échappé de la contrainte protectrice, et de l’obscurité salutaire de son cachot, sur le recouvrement de la lumière et de sa liberté ? Irais-je complimenter un voleur de grands chemins, ou un meurtrier qui aurait brisé ses fers, sur la récupération de ses droits naturels ? Ce serait renouveler la scène des criminels condamnés aux galères, et de leur héroïque libérateur, le rêveur chevalier de la Triste Figure.

Quand je vois agir d’après l’esprit de la liberté, je suis frappé de la force du principe que l’on met en action ; mais c’est pour l’instant tout ce que je puis con naître. C’est comme le premier moment d’une fermentation, dans le travail de laquelle les gaz se dégagent : il faut attendre, pour porter son jugement, que la première effervescence soit un peu apaisée, que la liqueur soit clarifiée, et que l’on voie quelque chose de plus distinct qu’une surface écumeuse et bouillonnante. Il faut donc aussi, avant que je me détermine à féliciter hautement les gens sur un bienfait quel conque, que je sois bien sûr qu’ils ont reçu ce bienfait. La flatterie corrompt à la fois celui qui la reçoit et celui qui la donne : le peuple et les Rois ont plus d’une fois éprouvé les dangers de l’adulation. C’est par ces raisons que je suspendrai mes félicitations sur la nouvelle liberté de la France, jusqu’à ce que j’aie éléinformé de la manière dont elle a été combinée avec le gouvernement, avec la force publique, avec la discipline et l’obéissance militaire, avec l’exactitude et la distribution des paiemens effectifs, avec la morale et la religion, avec la sûreté des propriétés, avec la paix et l’ordre, avec les mœurs publiques et privées. Toutes ces choses, dans leur espèce, sont bonnes aussi ; et sans elles, la liberté n’est pas un bienfait tandis qu’elle dure ; et sans elle, elles ne peut pas durer long-temps. L’effet de la liberté pour les individus, consiste en ce qu’ils fassent tout ce qui, leur plaît ; nous devrions voir ce qu’il leur plaît de faire, avant de hasarder des félicitations, au risque d’être obligés de les changer ensuite en complimens de condoléance. C’est ainsi que la prudence nous prescrirait d’agir à l’égard des hommes considérés comme individus séparés. Mais quand les hommes agissent en corps, la liberté est une puissance. Des gens prudens ne se déclareront pas, avant qu’ils n’aient observé l’usage que l’on fera de cette puissance, et particulièrement d’une chose aussi sujette à l’épreuve qu’un nouveau pouvoir dans de nouvelles personnes, dont les principes, les caractères et les dispositions ne sont que peu ou point connus, et dans les circonstances où ceux qui paraissent se donner le plus de mouvement, n’en sont peut-être pas les vrais moteurs.

La Société de la Révolution est cependant au-dessus de toutes ces considérations. Tandis que j’étais à la campagne, d’où j’ai l’honneur de vous écrire, je n’a vais qu’une idée imparfaite de ses manœuvres. En arrivant à la ville, je me suis procuré un recueil de ses doctrines, publié par son ordre, et renfermant un discours du docteur Price, avec une lettre du duc de La Rochefoucault, une autre de l’archevêque d’Aix, et plusieurs autres documens. L’ensemble de cette production, dont le dessein manifeste était d’établir une connexion réelle entre nos affaires et celles de la France, et de nous entraîner à imiter la conduite de l’Assemblée Nationale, me causa, je l’avoue, une affliction profonde, parce que l’influence de cette conduite sur le pouvoir public, sur le crédit, sur la prospérité et la tranquillité de la France, devenant tous les jours plns frappante, chaque jour indique aussi, par la marche de la constitution que l’on éta blit, quelle sera la forme de son gouvernement. Nous sommes parvenus aujourd’hui au point de pouvoir discerner avec une exactitude suffisante, la véritable nature de l’objet que l’on nous propose d’imiter. S’il est des circonstances où la prudence, la réserve et une sorte de dignité, prescrivent le silence, il en est d’autres où une prudence d’un ordre supérieur justifie le parti que l’on prend de publier ses réflexions. Quant à nous, les commencemens de la confusion sont très-faibles, je vous l’assure ; mais chez vous, ne les avons-nous pas vus plus faibles encore dans leur enfance, acquérir tout à coup une force audacieuse, accumuler les montagnes sur les montagnes, et déclarer la guerre au ciel lui-même ? Quand la maison de notre voisin est en feu, on ne peut pas trouver mauvais que les pompes jouent un peu sur la nôtre. Il vaut mieux être méprisé pour des craintes trop fortes, que ruiné par une sécurité trop aveugle. Comme la tranquillité de ma patrie est le principal objet de mes vœux, sans que je sois cependant indifférent à celle de la vôtre, je donnerai plus d’étendue à une correspondance que je n’avais destinée d’abord qu’à votre propre satisfaction ; c’est à vous, monsieur, que je continuerai de m’adresser, et mes regards seront toujours fixés sur votre patrie. Je conserverai la forme épistolaire, parce que mes pensées en seront plus libres, et que je les expliquerai à mesure qu’elles me viendront à l’esprit, sans que j’aie à m’occuper du soin de les classer avec plus de méthode. Je débute par la conduite de la Société de la Révolution ; mais je ne me bornerai pas à ce qui la regarde. Et comment le pourrais-je ? Il me semble que je suis au milieu d’une grande crise, et que ce n’est pas la France seule, mais l’Europe entière, et peut-être plus que l’Europe, qui y est intéressée. En réunissant toutes les circonstances de la révolution de la France, on peut dire. que c’est certainement la plus étonnante que l’on ait vue jusqu’à présent dans le monde entier. Les choses les plus surprenantes ont été exécutées en plusieurs occasions par les moyens les plus absurdes et les plus ridicules, avec des formes qui l’étaient tout autant, et l’on ne pouvait pas mettre en évidence des agens plus méprisables. Tout paraît hors de nature dans ce chaos étrange de légèreté et de férocité, et dans ce mélange de toutes sortes de crimes mêlés à toutes sortes de folies. En jetant les yeux sur ces monstruosités et sur ces scènes tragi-comiques, les passions les plus opposées se succèdent, et quelque fois se confondent ensemble dans l’esprit ; on passe du mépris à l’indignation, du rire aux larmes, et du dédain à l’horreur.

Il faut cependant convenir que quelques personnes ont envisagé cette scène sous un point de vue tout-à-fait différent ; elles n’y ont trouvé matière qu’à des élans de joie et à des transports de ravissement ; elles n’ont vu, dans ce qui est arrivé en France, que l’effort courageux et modéré de la liberté ; elles ont trouvé le tout dans un tel accord avec la morale et la piété, que non-seulement elles l’ont jugé digne du panégyrique des séculiers, des téméraires politiques machiavélistes, mais même qu’elles l’ont trouvé très-propre à cadrer avec toutes les pieuses effusions de l’éloquence de la chaire.

Voici le fait. Le 4 octobre dernier, le matin, au rendez-vous accoutumé des dissidens, rue de Old Jewry, tout le club, ou toute la confrérie étant assemblée, un ministre non conformiste très-éminent, le docteur Richard Price, débita un ramassis assez extraordinaire en forme de sermon, où l’on remarquait quelques bons sentimens de morale et de religion, qui n’étaient pas mal exprimés ; ils étaient mêlés dans une sorte de consommé d’opinions et de réflexions politiques de plusieurs espèces ; mais la révolution de France était l’ingrédient le plus considérable de cette composition[1]. Je regarde l’adresse que la Société de la Révolution a envoyée à l’Assemblée Nationale, par le lord Stanhope, comme conçue d’après les principes de ce sermon, et qu’elle en est le corollaire. C’est là que le prédicateur lui-même en a fait la motion ; et tous les esprits, au sortir de ce sermon, tout fumans des inspirations de son éloquence, l’ont adoptée sans modifications, et sans aucune censure ni explicite, ni même implicite. Si cependant aucun des Messieurs que ceci regarde, souhaitaient de séparer le sermon de son résultat, ils savent comment ils feraient pour avouer l’un et pour désavouer l’autre. Ils le peuvent ; moi, je ne le puis.

Je regarde donc ce sermon comme la déclaration publique d’un homme qui est grandement en relation avec des cabaleurs littéraires, et des philosophes intrigans ; avec des théologiens politiques et des politiques, théologiens, tant ici qu’à l’étranger. Je sais qu’ils ont mis cet auteur en avant comme une espèce d’oracle, parce que, avec les meilleures intentions du monde, il philippise naturellement, et qu’il débite ses pro phéties exactement comme ils débitent leurs projets.

Ce sermon est d’un style dont, je crois, il n’y a pas eu d’exemple en ce royaume, dans aucune des chaires que l’on y tolère ou que l’on y protège, depuis l’année 1648, où un prédécesseur du D. Price, le Révérend

Hugues Peters faisait retentir les voûtes de la propre chapelle du Roi, au palais de Saint-James, des honneurs et des privièges de ces « soi-disant saints[2] qui, ayant, les louanges de Dieu dans la bouche, et une épée à deux tranchans dans la main, devaient exécuter le païen et punir le peuple ; charger leurs rois de chaînes et leurs nobles d’entraves. » Peu de sermons, si l’on en excepte ceux du temps de la Ligue en France, ou du temps fameux de notre Covenant en Angleterre, furent moins remplis d’un esprit de modération que celui du club de Old Jewry. Supposons, cependant, que l’on eût pu trouver quelque chose de modéré dans ce sermon politique ; encore faut-il convenir que la politique et la chaire ne vont guère ensemble. On ne doit entendre dans l’église que la voix adoucissante de la charité chrétienne. La cause de la liberté civile et celle du gouvernement civil ne gagnent pas plus que celle de la religion, par cette confusion de devoirs. Ceux qui se dépouillent de leur propre caractère pour se revêtir d’un autre qui ne leur appartient pas, ne sont certainement pas le plus grand nombre, ils ne sont capables d’exercer ni l’un ni l’autre. Tout-à-fait étrangers au monde dans lequel ils sont si empressés de se faufiler, et tout-à-fait neufs pour toutes ses affaires sur lesquelles ils prononcent avec une si grande confiance, ils n’ont de commun avec la politique que les passions qu’ils excitent. Sûrement l’Église est un lieu où l’on doit allouer une trêve d’un jour aux dissensions et aux animosités du genre hu main.

J’ai regardé cette reprise de style de prédication, après un si long intervalle, comme une nouveauté qui était bien loin d’être sans danger. Ce n’est pas que mes reproches portent également sur toutes les parties de ce discours ; l’attaque faite à un chant divin qui est supposé en grande considération dans une de nos universités ; et à d’autres chants divins, remarquables en littérature, peut être convenable et de saison, quoique nouvelle. Si les nobles admirateurs ne purent rien trouver pour satisfaire leurs pieuses fantaisies dans le vieux magasin de l’Église nationale, dans toute la riche variété des magasins parfaitement assortis des congrégations dissidentes, le D. Price les avertit de s’en dédommager avec les non-conformistes, et d’établir, pour chacun d’eux, une maison d’assemblée, d’après ses principes particuliers. Il est remarquable que le Révérend ecclésiastique eût tant d’ardeur pour ériger de nouvelles églises, et une si parfaite indifférence à l’égard de la doctrine qu’on pourrait y prêcher. Son zèle avait un caractère singulier ; il ne s’occupait pas de la propagation de ses propres opinions, mais de toutes les opinions. Il n’avait point pour but de répandre la vérité, mais de semer la contradiction, pourvu que ces nobles prédicateurs différassent d’opinion, n’importe sur qui ou sur quoi. Ce grand point une fois assuré, il est reconnu pour accordé que leur religion est raisonnable et convenable aux hommes. Je doute si la religion recueillera tous les avantages que le calcul théologique estime résulter de cette « grande compagnie de grands prédicateurs ». Ce serait, à coup sûr, une importante addition de plantes non décrites, à cette ample collection de classes connues, genres et espèces, qui embellissent maintenant le hortus siccus des dissidents. Un discours d’un noble duc, ou d’un noble marquis, ou d’un noble comte, ou d’un hardi baron augmenteraient certainement, et varieraient les amusemens de cette ville, qui commence à être rassasiée du cercle uniforme de ses fades dissipations. Je stipulerais seulement que ces nouveaux Mess Johns, avec des robes et des couvertures, conserveraient quelque sorte de réserve dans les principes d’égalité et de démocratie qu’on attend de leurs chaires illustres. Les nouveaux évangélistes, j’ose le dire, trompèrent les espérances qu’on avait conçues d’eux. Ils ne deviendront pas, au propre aussi bien qu’au figuré, des théologiens, politiques, ni disposés à dresser leurs congrégations comme dans les temps antiques et heureux, à prêcher leur doctrine aux régimens de dragons, et aux corps d’infanterie et d’artillerie. De tels arrangemens, quoique favorables à la cause de la liberté civile et religieuse, ne peuvent également conduire à la tranquillité nationale. Ces légères restrictions, à ce que je crois, ne sont pas de grands excès d’intolérance, ni de grands actes de despotisme. Mais je puis dire de notre prédicateur : Utinam nugis tota illa dedisset tempora sævitiæ ! Tout, dans cette bulle fulminante, n’a pas une disposition si innocente ; sa doctrine frappe notre constitution dans sa base. La Société de la Révolution dit dans ce discours politique, que notre Roi « est presque le seul roi légal dans le monde, parce qu’il est le seul qui doive sa couronne au choix de son peuple. » Quant aux rois de l’univers, tous, excepté un, que cet archi-pontife des droits de l’homme, dans toute la plénitude de son pouvoir, dépose avec une fierté plus que papale, avec une ferveur plus ardente qu’on ne la vit au douzième siècle, lançant l’anathème dans toutes les parties du globe entier ; aux rois compris à la fois dans sa bulle fulminante, et proclamés usurpateurs, c’est à eux qu’il appartient de considérer comment ils accueilleront sur leur territoire ces missionnaires apostoliques, qui viendront dire à leurs sujets qu’ils ne sont pas légalement leurs rois : leur intérêt est d’y veiller. Mais quant à nous, il importe très-sérieusement au nôtre d’examiner la solidité de ce principe unique, d’après lequel ces messieurs reconnaissent qu’un roi d’Angleterre est redevable de leur soumission.

Cette doctrine, si on l’applique au prince régnant, est ou une absurdité, et alors elle n’est ni vraie, ni fausse ; ou elle établit le plus imaginaire, le plus dangereux, le plus illégal et le plus inconstitutionnel de tout les principes. D’après ce docteur spirituel politique, si le roi ne doit pas sa couronne au choix de son peuple, il n’est pas légalement roi. Or, il est très-faux de dire que le roi de ce pays tienne sa couronne à ce titre ; cependant, si vous suivez cette doctrine, le roi d’Angleterre, qui très-certainement n’a été placé sur le trône par aucune forme d’élection du peuple ; ne vaut pas mieux, sous aucun rapport, que le reste de cette bande d’usurpateurs qui règnent, ou plutôt qui s’emparent du pouvoir sur toute la surface de ce pauvre globe, sans aucune sorte de droit ou de titre à la soumission de leurs sujets. La politique de cette doctrine générale, ainsi expliquée, est donc assez évidente. Il est clair que les propagateurs de cet évangile politique espéraient, qu’en exceptant ainsi le roi de la Grande-Bretagne, leur principe abstrait (le principe de la nécessité d’une élection du peuple pour que la magistrature souveraine soit légalement exercée) ferait d’abord une moins grande sensation ; mais, qu’en même temps, les oreilles s’habitueraient graduellement à l’entendre, et finiraient par le croire un principe fondamental, admis sans contestation. Pour le moment il n’agirait que dans une théorie, conservée dans les principes de l’éloquence de la chaire, et serait mise à l’écart pour un usage à venir.

Condo et compono quæ mox depromere possim.

Par cette politique, tandis que notre gouvernement est endormi, en le flattant par une réserve en sa faveur à laquelle il n’a aucune prétention, la sécurité qu’il a en commun avec tous les autres gouvernemens, bien loin que l’opinion soit une sécurité, la sécurité paraît. C’est ainsi que ces politiques agissent, tandis que l’on fait moins d’attention à leur doctrine ; mais lorsque l’on vient à examiner le sens naturel de leurs paroles et le but direct de cette doctrine, c’est alors qu’ils espèrent échapper, en mettant en jeu les constructions équivoques et les tournures illusoires. Ainsi, lorsqu’ils ont dit très-positivement que le roi d’Angleterre devait sa couronne au choix de son peuple, et qu’il était par conséquent le seul roi légitime du monde entier, vous verrez que cela ne signifiera plus autre chose, sinon que quelques-uns de ses prédécesseurs ont été appelés au trône par une espèce de choix ; et que c’est par cette raison qu’il doit sa couronne à l’élection de son peuple. Ainsi, ils espèrent par un misérable subterfuge, et à la faveur d’une interprétation dérisoire, que leur proposition s’échappera saine et sauve ; car, si vous admettiez cette interprétation, comment leur idée d’élection différerait-elle de celle que nous avons de l’hérédité ? Et comment l’établissement de la couronne dans la branche de Brunswick, qui descend de Jacques Ier, légaliserait-il plutôt notre monarchie que celle de tout autre pays voisin du nôtre ? Dans un temps ou dans un autre, certainement tous les chefs de dynasties ont été choisis par ceux qui les mirent à leur tête. Il n’en faut pas davantage pour fonder l’opinion que toutes les couronnes de l’Europe ont été électives avec plus ou moins de limitation dans les objets du choix, si l’on veut se reporter aux époques les plus reculées. Mais, quels que puissent avoir été les rois, ici ou ailleurs, il y a mille ans, ou de quelque manière que les dynasties de l’Angleterre ou de la France aient commencé, le roi de la Grande-Bretagne est aujourd’hui roi, en vertu d’un ordre de succession établi par les lois du royaume ; et en même temps que ce prince exécute, comme il le fait, les conditions du pacte de la souveraineté, il possède sa couronne en dépit du choix de la Société de la Révolution, qui, à la prendre individuellement ou collectivement, n’a certainement pas dans son sein un seul droit de suffrage pour l’élection d’un roi, quoique, je n’en doute pas, ces messieurs ne voulussent bientôt s’ériger en collège électoral, si les choses parvenaient à un point de maturité qui leur fit espérer de réaliser leurs prétentions. La couronne passera successivement à la postérité du roi régnant, sans attendre leur choix, comme elle lui a été transmise.

On ne peut pas commettre une erreur de fait plus énorme, que de dire que le roi doit sa couronne au choix de son peuple. Quel que soit le succès que ces messieurs espèrent du subterfuge auquel ils pourraient avoir recours à cet égard, rien du moins ne pourra pallier le sens de leur déclaration pleine et formelle sur le principe qu’ils avancent « que le peuple a le droit de choisir ceux qui le gouvernent » ; principe qui est fondamental pour eux, et auquel ils s’attachent particulièrement. Toutes leurs insinuations perfides sur l’élection se rapportent à ce principe : et de peur que cette exclusion accordée au roi en faveur de son titre légal, ne passât pour une tirade de flatterie sous le masque de la liberté, le théologien politique établit dogmatiquement[3] que, par les principes de la révolution, le peuple d’Angleterre a acquis trois droits fondamentaux, lesquels, selon lui, composent un système, et sont insérés dans une courte phrase ; savoir :

1°. « Choisir ceux qui nous gouvernent ;
2°. « Les déposer pour mauvaise conduite ;
3°. « Composer un gouvernement pour nous-mêmes[4]. »

Cette déclaration de droits toute nouvelle, et inouïe jusqu’à ce jour, quoique faite au nom de tout le peuple, appartient cependant à ces messieurs et à leur faction seule. Le peuple entier de l’Angleterre n’y a aucune part. Il la désavoue entièrement. Il s’opposera à l’établissement d’une telle assertion au péril de sa vie et de sa fortune. Il est engagé à le faire par les lois du royaume, par les lois établies au temps de cette même révolution, révolution que cette Société, qui abuse de son nom, ose cependant citer en faveur des pré tendus droits qu’elle met en avant.

Ces membres du club de Old Jewry, dans tous leurs raisonnemens sur la révolution de 1688, ont telle ment devant les yeux et dans le cœur celle qui arriva en Angleterre quarante ans auparavant, ainsi que la dernière révolution de France, qu’ils les confondent constamment ensemble toutes les trois. Il est nécessaire, que nous séparions ce qu’ils confondent. Il faut que nous rappelions leurs imaginations égarées aux actes de la révolution que nous révérons, pour leur en démontrer les véritables principes. S’il est un endroit où l’on puisse trouver ces vrais principes de la révolution de 1688, c’est dans le statut appelé la Déclaration des droits. On ne voit pas dans cette déclaration sage, modérée et respectueuse, dans cette déclaration qui a été rédigée par les premiers d’entre les hommes de loi et des hommes d’État, et non pas par de chauds enthousiastes dénués d’expérience ; on n’y voit pas, dis-je, un seul mot, ni même la moindre allusion à un droit général de choisir ceux qui nous gouvernent, de les déposer pour mauvaise conduite, et de créer un gouvernement pour nous-mêmes.

Cette déclaration des droits (acte de la première année du règne de Guillaume et de Marie), ayant été expliquée, renforcée, augmentée, et ses principes fondamentaux étant à jamais fixés, elle est devenue la pierre angulaire de notre constitution. Elle est intitulée : « Acte pour déclarer les droits et les libertés des sujets, et pour fixer l’ordre de la succession à la couronne. » Vous observerez que ces droits et que cet ordre de succession sont réunis dans le même acte, et liés ensemble d’une manière indissoluble.

Peu d’années après cette époque, il s’offrit une nouvelle occasion pour mettre en avant ce droit d’élire nos rois. Guillaume n’ayant eu aucun enfant, la reine Anne qui lui succéda n’en ayant pas eu non plus, le Parlement eut encore à s’occuper de la succession à la couronne, et des moyens d’assurer plus fortement les libertés du peuple. A-t-il agi dans cette seconde occasion d’après les principes erronés du club de Old Jewry y afin de légaliser le nouvel établissement de la cou ronne ? Non. Il se conforma aux principes qui avaient prevalu dans l’acte de la déclaration des droits, comme indiquant, avec plus de précision, les personnes de la ligne protestante qui étaient appelées à régner. On remarque dans cet acte, toujours dicté par le même principe de politique, que ce qui intéresse notre liberté, et regarde le droit de succession au trône, est in corporé dans le même texte pour n’en faire qu’une seule et même chose. Loin de penser à ce droit de choi sir ceux qui nous gouvernent, il est déclaré qu’il est d’une nécessité absolue pour la paix, la tranquillité et la sécurité de ce royaume, que la succession conti nue dans cette ligne (la ligne protestante qui descen dait de Jacquesl"’), et qu’il est également urgent pour la nation de maintenir h l’avenir un ordre de succes sion positif auquel lessujets auraient toujours recours comme à leur sauve garde. Ces deux actes, dans les quels se font entendre les oracles clairs et infaillibles qui ont dirigé toute la politique de la révolution, au lieu de présenter de ces expressions trompeuses et énigmatiques, sur le droit de choisir ceux qui nous gouvernent, prouvent jusqu’à la démonstration combien la sagesse de la nation était éloignée de vouloir faire une loi générale d’un cas de nécessité.

Sans doute, lors de la révolution, on s’écarta un peu, pour cette fois, de l’ordre strict et régulier de la succession, dans la personne du roi Guillaume. Mais il est contre tous les vrais principes de la jurisprudence, de prendre pour règle une loi faite dans un cas particu lier et pour un individu particulier : Privilegium non transit in exemplum. S’il y eut jamais un temps favo rable pour établir en principe, qu’un Roi choisi parle peuple était le seul qui fût légal, sans contredit, c’é tait celui de la révolution. Si l’on ne l’a pas fait alors, c’est une preuve que la nation pensait qu’on ne devait jamais le faire en aucun autre temps. Il n’y a personne qui ignore notre histoire, au point de ne pas savoir que, dans le Parlement, le plus grand nombre dans chaque parti était si peu disposé à rien faire de con forme à ce principe, qu’en premier lieu ils étaient déterminés à placer la couronne vacante, non pas sur la tête du prince d’Orange, mais sur celle de sa femme Marie, fille du roi Jacques, aînée des enfans de ce roi, dont ils reconnaissaient indubitablement le droit. Ce serait vous rappeler une histoire bien rebaltue, que de réunir sous vos yeux toutes ces circonstances qui dé montrent que l’avènement de Guillaume n’a pas été, à proprement parler, un choix, mais que, pour tous ceux qui ne souhaitaient pas en effet de rappeler le roi Jacques, ou, ce qui serait revenu au même, d inonder le royaume de sang, et exposer la religion, les lois et la liberté aux mêmes dangers auxquels on venait d’échap per, c’était véritablement une résolution de nécessité, dans toute l’étendue de la signification morale que l’on peut donner à ce mot.

Au surplus, il est très-curieux d’observer, dans cet acte, comment, dans un cas très-parliculier, où te Parlement s’écartait de l’ordre exact de la succession en faveur d’un prince, qui, quoiqu’il ne fût pas le plus proche, était cependant peu éloigné de la ligne qui avait droit à la couronne avant lui, lord Somersse comporta dans la rédaction délicate de ce bill, appelé Déclaration des droits, dont il fat chargé. Il est curieux d’obser ver avec quelle adresse cette interruption accidentelle dans l’ordre de la succession est voilée à tous les re gards. On s’attacha dans cet acte de nécessité à tout ce qui pouvait maintenir l’idée d’une succession héré ditaire ; et cet homme célèbre et la législature qui l’a suivi n’ont pas manqué de suivre la même marche, et de ramener tous les esprits à ce principe d’hérédité. Ce rédacteur habile, quittant le Style sec et impératif d’un acte du Parlement, entraîne les pairs et les com munes dans un pieux élan législatif. C’est alors qu’ils ; déclarent qu’ils regardent « comme un effet merveil « leux de la Providence, comme un effet de la bonté « miséricordieuse de Dieu pour celte nation, d’avoir " conservé les personnes, royales de leurs majestés, de « les avoir heureusement fait régner sur le trône de « leurs ancêtres ; que, pour ce bienfait, ils adressent « au ciel, du fond de leur cœur, leurs humbles re « mercîmens et leyrs louanges. » Le Parlement avait évidemment en vue l’acte de reconnaissance dela reine Elisabeth et celui de Jacques ! ", tous deux si énergiquemont déclaratoires sur la nature héréditaire de la cour ronne, et ils suivirent en grande partie, avec une précision presque littérale, les mots et même la forme d’action de grâces, que l’on trouve dans ces vieax sta tuts déclaratoires.

Les deux Chambres, dans l’acte du roi Guil laume, n’ont pas remercié Dieu de ce qu’il leur avait fourni une si belle occasion de faire valoir le droit de choisir ceux qui nous gouvernent, et encore moins de procéder à une élection, le seul titre légal à la cou ronne. Elles ont regardé, au contraire, comme un ef fet de la Providence, d’avoir échappé, même à la seule apparence d’une chose semblable ; elles ont jeté un voik politique et adroitement tissu sur toutes les circons tances qui pouvaient affaiblir les droits qu’elles avaient en vue dç perpétuer dans un meilleur ordre de succes sion, ou qui auraient pu servir d’un exemple pour s’é carter par la suite d’un plan qu’elles venaient de fixer à jamais. En conséquence, les deux Chambres, ne voulant relâcher aucun des ressorts de notre monarchie, voulant, au contraire, prescrire une conformité bien stricte aux usages pratiqués par nos ancêtres, ainsi qu’on le voit dans les statuts déclaratoires de la reine Marie et de la reine Elisabeth, reconnaissent dans la clause qui suit. : « Que leurs majestés sont revêtues de " toutes les prérogatives légales de la couronne ; qu’en « elles, elles sont pleinement, à bon droit, et entière « ment accordées, incorporées, unies et annexées. » Dans la clause qui suit celle-ci, pour prévenir toute demandequi pourrait émanerd’anciens prétendustitres à la ( onronne, il est déclaré ( ayant aussi le soin de con server le même style, la même politique traditionnelle, et de répéter, comme une sorte de rubrique , les expresssions des précédens actes d’Elisabeth et de Jacques ) « que de la stabilité dans l’ordre de succession dépen« dent , sous la protection de Dieu , l’unité , la paix et « la tranquillité de cette nation. »

Les deux Chambres reconnurent qu’un titre de suc cession douteux ressemblerait trop à une élection, et qu’une élection serait entièrement destructive de l’u nité, de la paix et de la tranquillité de cette nation , choses qu’elles regardaient comme d’une considération de grande importance. Pour nousprocurercetavantage, et, par conséquent, pour écarter à jamais la doctrine du club de OldJewry, « le droit de choisir ceux qui nous « gouvernent , )> elles ajoutèrent une clause extraite du précédent acte, de la reine Elisabeth , où l’on trouve le gage le plus solennel qu’il soit possible de donner en faveur de la succession héréditaire , et la renonciation la plus formelle qu’il soit possible de faire aux prin cipes que cette Société lui imputait. « Les lords spiri« tuels et temporels, et les Communes, au nom de tout « le peuple susdit , se soumettent fidèlement et hum« blement , ainsi que leurs héritiers et leur postérité, « à jamais ; et promettent fidèlement qu’ils soutien« dront , maintiendront et défendront leursdites majes« tés, et aussi l’ordre de succession à la couronne ,. ici « spécifié et contenu, de toute la force de leur pou« voir , etc. , etc. » Il est si loin d’être vrai que nous ayons acquis par la révolution le droit de choisir nos rois, que^l’eussions-nous possédé auparavant , la nation anglaise y a solennellement alors renoncé, et l’a abdiqué à jamais pour elle — même et pour sa postérité. Ces messieurs peuvent être aussi fiers qu’il leur plaira de leurs prin cipes whigs : quant à moi, je ne désire pas de passer pour un meilleur Whig que lord Somers ; ou de mieux entendre les principes de la révolution que ceux qui l’ont conduite et terminée ; ou de lire dans la dé claration des droits quelques mystères inconnus à ceux dont le style pénétrant a gravé dans nos règlemens et dans nos cœurs les mots et l’esprit de cette loi im mortelle.

Il est vrai, qu’à la faveur des pouvoirs qui dérivaient de la force et de l’occasion, la nation était alors, en quelque sorte, libre de prendre le parti qu’il lui plai rait pour remplir le trône ; mais elle n’était libre d’agir ainsi que sur les mêmes fondemens, d’après lesquels elle aurait été libre de détruire leur monarchie et toutes les autres parties de leur constitution. Cependant les législateurs n’ont pas pensé qu’un changement aussi hatdi fût compris dans la compétence de leurs pouvoirs. Il est en vérité bien difficile, et peut-être impossible, de donner des bornes à la compétence abstraite du pou voir suprême, tel qu’il était exercé alors par le Parle ment. Mais, quant à la compétence morale, celle qui, dans l’exercice même d’un pouvoir plus incontesta blement souverain, soumet la volonté du moment à la raison permanente, aux maximes constantes de la fidélité, de la justice et d’une politique fondamentale et invariable, ses limites sont parfaitement intelligibles Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/67 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/68 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/69 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/70 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/71 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/72 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/73 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/74 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/75 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/76 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/77 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/78 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/79 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/80 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/81 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/82 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/83 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/84 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/85 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/86 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/87 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/88 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/89 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/90 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/91 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/92 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/93 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/94 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/95 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/96 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/97 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/98 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/99 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/100 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/101 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/102 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/103 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/104 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/105 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/106 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/107 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/108 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/109 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/110 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/111 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/112 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/113 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/114 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/115 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/116 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/117 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/118 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/119 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/120 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/121 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/122 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/123 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/124 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/125 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/126 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/127 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/128 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/129 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/130 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/131 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/132 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/133 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/134 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/135 sieurs sont préparés à voir les plus grands malheurs qui puissent arriver à leur pays[5].

Il n’est donc pas étonnant qu’avec ces idées de chaque chose dans leur constitution ou leur gouvernement intérieur, soit dans l’Église ou dans l’État, comme une chose illégitime et usurpée, ou au moins comme une vaine moquerie, ils portent leurs regards dans l’étranger avec l’enthousiasme et toute l’ardeur de la passion. Tandis que leurs esprits sont ainsi préoccupés, c’est en vajn qu’on leur parle de ce qui a été pratiqué par leurs ancêtres, des lois fondamentales de leur pays, des formes établies de la Constitution, dont les avantages sont confirmés par le témoignage irrévocable d’une longue expérience, par le progrès de la force publique et de la prospérité nationale. Ils méprisent l’expérience, comme étant la sagesse des ignorant ; et, quant au reste, ils ont préparé sous terre une mine dont l’explosion fera sauter à la fois tous les, exemples de l’antiquité, les usages, les chartes et les actes du Parlement. Ils ont les droits de l’homme. Contre de tels droits, il n’y a pas de prescription ; les adhésions ne sont pas des engagemens ; ils n’admettent ni tempérament, ni modification : tout ce qui est contraire à ce qu’ils renferment, n’est que fraude et injustice. Qu’aucun gouvernement ne regarde comme un point de sécurité la longueur de sa durée, ni la douceur et la justice de son administration. Si les formes ne cadrent pas avec leur théorie ; les objections que font ces spéculateurs contre un gouvernement antique et bienfaisant, acquièrent aussitôt toute la validité de celles que l’on ferait contre la tyrannie la plus violente ou l’usurpation la plus récente. Ils sont toujours en contestation avec les gouvernemens, non pas à cause des abus qu’ils leur reprochent, mais parce qu’ils mettent toujours en question leur compétence et leur titre. — Je n’ai rien à répondre aux grossières subtilités de leur politique métaphysique : qu’ils s’en amusent dans les écoles :


. . . . . illa se jactet in aula
Æolus, et clauso ventorum carcere regnet ! (Virg. Æ. 1.)


. . . . . Qu’elle y tienne sa cour,

Des rêves, de l’erreur c’est l’éternel séjour !


Mais ne souffrons pas qu’ils brisent leur prison, pour souffler comme le vent d’est, ravager la terre par leurs ouragans, et déchaîner les flots de l’Océan pour nous inonder.

S’agit-il des véritables droits de l’homme ? Alors je suis aussi loin d’en rejeter la théorie, que mon cœur est rempli du désir d’en maintenir, dans la pratique, tous les avantages. En déniant les fausses prétentions des droits de l’homme, je n’ai nullement l’intention de faire tort à celles qui sont réelles, et qui sont telles ; leurs prétendus droits les détruiraient absolument. Si la société civile est faite pour l’avantage de l’homme, chaque homme a droit à tous les avantages pour les quels elle est faite. C’est une institution de bienfaisance, et la loi elle-même n’est que la bienfaisante dirigée par une règle. Les hommes ont le droit de vivre suivant cette règle. Ils ont droit à la justice, et ce droit leur appartient contre les plus forts de même que contre les plus faibles. Ils ont droit à tous les produits de leur industrie, et à tous les moyens de la faire fructifier. Ils ont droit d’appartenir à leurs père et mère. Ils ont droit d’élever et de perfectionner leurs enfans. Ils ont droit aux instructions pour le temps de la vie, et aux consolations pour le moment de leur mort. Quelque chose qu’un homme puisse entreprendre séparément pour son propre avantage, sans empiéter sur l’avantage d’un autre, il a le droit de le faire ; il a en commun, avec toute la société, un droit incontestable à prendre sa part dans tous les avantages combinés d’industrie et de force qu’elle procure. Mais quant au droit de partager le pouvoir, l’autorité ou la conduite des affaires de l’État, je nierai toujours très-formellement qu’il soit au nombre des droits directs et primitifs de l’homme en société civile ; car je ne m’occupe que de l’homme civil et social, et pas d’un autre : c’est une chose dont il est nécessaire de convenir[6]

Si la société civile est un résultat des conventions, ces conventions doivent être ses lois ; ces conventions doivent modifier et limiter toutes les espèces de constitution que l’on fait sous le terme de cette convention : il n’y a pas de pouvoir, soit législatif, judiciaire ou exécutif, qui n’en soit le résultat ; ils ne peuvent avoir d’existence dans tout autre état de choses ; et comment se fait-il qu’un homme réclame, au nom de la société civile, des droits qui ne supposent pas même son existence, des droits qui lui répugnent absolument ? Un des premiers buts de la société civile et qui devient une de ses règles fondamentales, c’est que personnen ne soit jugé dans sa propre cause. Par cela seul, chaque individu s’est dépouillé tout d’un coup du premier droit fondamental qui appartient à l’homme qui n’est lié à aucun contrat, celui de juger pour lui-même, et de soutenir sa propre cause : il abdique tout droit de se gouverner lui-même, il abandonne même en grande partie, le droit de sa propre défense, la première loi de la nature. Les hommes ne peuvent jouir à la fois des droits d’un État civilisé et d’un État qui ne l’est pas ; ils abandonnent afin d’obtenir justice, le droit de déterminer sur chaque chose ce qui leur importe le plus : afin de conserver quelque liberté, ils en font l’abandon total.

Le Gouvernement n’est pas fait en vertu des droits naturels gui peuvent exister, et qui existent en effet indépendamment de lui- Ces droits sont beaucoup plus clairs, et beaucoup plus parfaits dans leur abstraction ; mais cette perfection abstraite est leur défaut pratique. Quand on a droit à tout , on manque de tout. Le Gou vernement est une invention de la sagesse humaine pour pourvoir aux besoins des hommes. Les hommes ont droit à ce que celte sagesse fournisse à tous leurs besoins. Au nombre de ces besoins, on convient que, hors de la société civile , celui qui se fait le plus sentir est de restreindre suffisamment les passions. La so ciété n’exige pas seulement que les passions des individussoient réduites, mais même que , collectivement et en masse, aussi bien que séparément, les inclinations des hommes soient souvent contrariées, leur volonté contrôlée, et leurs passions soumises à la contrainte. Ceja ne peut certainement s’opérer que par un pou voir qui soit hors d’eux-mêmes , et qui ne soit pas, dans l’exercice de ses fonctions, soumis à cette même volonté et à ces mêmes passions, que son devoir est de domter et de soumettre. Dans ce sens , la contrainte «st, aussi .bien que la liberté , an nombre des droits .des fcqmœes : ipais, comme la liberté et ses restric tions varient avec le temps et avec les circonstances, comme elles admettent l’une et l’antre des modifica tions jusqu’à l’infini , on ne peut les soumettre à au cune règle fixe , et rien n’est si insensé que de les dis tiller d’après ce principe.

J)ti moment que vous diminuez quelque chose des Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/141 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/142 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/143 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/144 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/145 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/146 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/147 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/148 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/149 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/150 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/151 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/152 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/153 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/154 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/155 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/156 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/157 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/158 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/159 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/160 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/161 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/162 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/163 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/164 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/165 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/166 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/167 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/168 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/169 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/170 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/171 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/172 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/173 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/174 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/175 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/176 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/177 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/178 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/179 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/180 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/181 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/182 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/183 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/184 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/185 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/186 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/187 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/188 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/189 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/190 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/191 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/192 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/193 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/194 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/195 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/196 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/197 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/198 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/199 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/200 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/201 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/202 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/203 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/204 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/205 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/206 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/207 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/208 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/209 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/210 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/211 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/212 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/213 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/214 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/215 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/216 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/217 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/218 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/219 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/220 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/221 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/222 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/223 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/224 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/225 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/226 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/227 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/228 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/229 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/230 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/231 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/232 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/233 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/234 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/235 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/236 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/237 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/238 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/239 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/240 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/241 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/242 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/243 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/244 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/245 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/246 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/247 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/248 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/249 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/250 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/251 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/252 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/253 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/254 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/255 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/256 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/257 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/258 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/259 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/260 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/261 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/262 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/263 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/264 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/265 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/266 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/267 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/268 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/269 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/270 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/271 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/272 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/273 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/274 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/275 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/276 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/277 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/278 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/279 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/280 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/281 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/282 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/283 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/284 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/285 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/286 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/287 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/288 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/289 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/290 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/291 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/292 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/293 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/294 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/295 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/296 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/297 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/298 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/299 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/300 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/301 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/302 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/303 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/304 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/305 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/306 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/307 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/308 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/309 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/310 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/311 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/312 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/313 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/314 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/315 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/316 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/317 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/318 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/319 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/320 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/321 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/322 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/323 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/324 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/325 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/326 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/327 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/328 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/329 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/330 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/331 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/332 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/333 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/334 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/335 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/336 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/337 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/338 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/339 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/340 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/341 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/342 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/343 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/344 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/345 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/346 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/347 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/348 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/349 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/350 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/351 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/352 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/353 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/354 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/355 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/356 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/357 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/358 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/359 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/360 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/361 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/362 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/363 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/364 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/365 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/366 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/367 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/368 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/369 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/370 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/371 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/372 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/373 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/374 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/375 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/376 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/377 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/378 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/379 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/380 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/381 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/382 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/383 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/384 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/385 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/386 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/387 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/388 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/389 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/390 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/391 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/392 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/393 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/394 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/395 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/396 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/397 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/398 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/399 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/400 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/401 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/402 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/403 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/404 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/405 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/406 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/407 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/408 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/409 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/410 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/411 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/412 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/413 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/414 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/415 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/416 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/417 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/418 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/419 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/420 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/421 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/422 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/423 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/424 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/425 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/426 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/427 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/428 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/429 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/430 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/431 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/432 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/433 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/434 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/435 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/436 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/437 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/438 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/439 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/440 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/441 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/442 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/443 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/444 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/445 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/446 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/447 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/448 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/449 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/450 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/451 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/452 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/453 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/454 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/455 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/456 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/457 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/458 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/459 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/460 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/461 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/462 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/463 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/464 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/465 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/466 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/467 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/468 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/469 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/470 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/471 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/472 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/473 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/474 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/475 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/476 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/477 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/478 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/479 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/480 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/481 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/482 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/483 Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/484 448

RÉVOLUTION

Mes opinions ne peuvent avoir de valeur que parce qu’elles sont le fruit d une longue suite d’observations, et qu’elles sont dictées par une grande impartialité j elles viennent d’un homme qui n’a été ni un instru ment du pouvoir, ni un flatteur des grands , et qui ne voudrait pas démentir par ses dernières actions , celles de toute sa vie. Elles viennent d’un homme dont pres que toute la carrière a été un combat pour la liberté des autres ; d’un homme à qui la tyrannie seule a pu inspirer quelque sentiment d’une colère véhémente ou durable , ei. qui a dérobé ( sans qu’il croie même s’être écarté de ses occupations ordinaires) les heures qu’il a accordées à l’examen de vos affaires , à la part qu’il ne cesse de prendre aux efforts que font tous les bons ci toyens pour décréditer l’oppression de l’opulence. Elles viennent d’un homme qui souhaite peu les honneurs , les distinctions et les émolumens , et qui n’en attend aucun ; qui ne méprise pas la renommée , et qui ne craint pas la médisance ; qui évite les contestations, quoi qu’il risque une opinion ; d’un homme qui souhaite d’être toujours conséquent , mais qui voudrait l’être en variant ses moyens , afin d’assurer l’unité de son but ; et qui , lorsque la stabilité du vaisseau sur lequel il na vigue peut courir quelques dangers par la surcharge de l’un ou de l’autre de ses côtés, est toujours disposé à porter le faible poids de ses raisons du côté qui peut rétablir l’équilibre.

L’UlPiUMEKIE D’A. EGHON.

  1. Il y a dans l’original, in the cauldron, « dans le chaudron ». Cette expression rappelle à l’imagination de tous ceux qui sont familiarisés avec le théâtre de Shakespeare, la scène première de l’acte IV de Macbeth : c’est le moment où les trois sorcières arrivent sur la scène pour composer leurs charmes dans leur grand chaudron, dans lequel elles jettent, comme l’on sait, des yeux de lézards, des pattes de grenouilles, des langues de chiens, des ailes de chauve-souris, etc.
  2. C’est ainsi que les Presbytériens se qualifiaient eux-mêmes.
  3. P. 34. Discourse on the love of our Country, by Dr. Price.
  4. Ce sont les expressions mêmes du docteur Price. Le mot qui répond le plus exactement à cashiering qui est dans l’original, n’est pas
    déposer, mais casser aux gages. Misconduct, mauvaise conduite, est
    aussi un mot très-vague et très-faible dans le sens où il est employé par
    le Docteur.
  5. « Qu’importe la mort de six mille hommes, disait Robespierre, quand il s’agit de sauver un principe. »
    (Note de l’Éditeur.)
  6. C’est faute d’avoir senti la nécessité de cette division pleine de sagesse, que nos novateurs ont tout bouleversé, tout confondu. En proclamant, sans restriction, que tout membre de la société a le droit de prétendre au pouvoir, on jette dans cette société le germe d’éternelles révolutions, sans avantage pour personne. En effet, le citoyen sans ambition sera bientôt insensible à un droit dont il est décidé à n’user jamais; l’ambitieux, au contraire, ne se contentera pas d’avoir ce droit stérile, et voudra en user, mais il ne pourra en user qu’en disant : Ôte-toi de là, que je m’y mette, en attendant qu’un autre ambitieux vienne lui en dire autant.