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Recherches sur la dissymétrie moléculaire des produits organiques naturels/Avant-propos

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Ces leçons ont été faites sur l’invitation du conseil de la Société chimique de Paris. Les recherches dont elles offrent un résumé rapide m’ont occupé pendant dix années consécutives. J’ai eu souvent la pensée de les réunir, d’en revoir minutieusement les détails et d’y joindre tous les développements nécessaires à la coordination des différents mémoires où elles ont paru pour la première fois. Mais il y a dans la vie de tout homme voué à la carrière des sciences expérimentales, un âge où le prix du temps est inestimable : cet âge rapide où fleurit l’esprit d’invention, où chaque année doit être marquée par un progrès. S’arrêter alors volontairement aux choses acquises est une gêne et un danger, qui compensent trop le plaisir et l’utilité même de voir nos idées se répandre au gré de nos désirs.

Autant j’ai reculé devant la tâche pénible de réunir, en les perfectionnant, mes recherches sur la dissymétrie moléculaire des produits organiques naturels, autant j’ai cédé avec empressement à la prière de plusieurs membres de la Société chimique, de publier les deux leçons dans lesquelles j’avais été chargé d’exposer les principaux résultats auxquels j’étais parvenu. Peu d’études ont été mieux accueillies, au moment de leur apparition successive, et néanmoins, j’avais bien des preuves qu’elles étaient à peine connues.

J’espère donc que cette publication pourra offrir quelque utilité. Du reste, n’y aurait-il que l’intérêt que ces leçons ont excité dans l’assemblée d’élite devant laquelle elles ont été professées, que je serais assez récompensé de mes efforts.

La Société de chimie a été très touchée de l’empressement avec lequel une foule de jeunes savants sont venus prendre place dans l’auditoire. Elle a surtout remarqué l’encouragement sympathique donné à ses travaux par la présence de MM. Balard, Claude Bernard, Delafosse, Frémy, Serret, membres de l’Académie des sciences.

Qu’il me soit permis, en outre, de remercier tout particulièrement, en mon nom et au nom de la Société, notre illustre président, M. Dumas, dont le haut et bienveillant patronage a toujours servi la science presque à l’égal de ses immortels travaux.

L. PASTEUR.
Paris, 1860.