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Reconnaissance de la région Andine, de la République Argentine/8

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VIII

DU LAC FONTANA AU LAC BUENOS AIRES


Je ne devais pas me reposer un instant, car je voulais atteindre le lac Buenos Aires, et revenir au Senguerr à temps pour me rencontrer avec les expéditionnaires du lac. Dans l’après-midi, nous gravîmes la hauteur qui sépare le Senguerr de l’Arroyo Verde et nous passâmes la nuit sur ses rives, débusquant un couple de pumas qui y avaient établi leur repaire et leur garde-manger.

L’Arroyo Verde naît au pied sud-est du pittoresque Mont Katterfeld (1800 m.) et descend du sud-ouest par une gorge étroite qui serpente sur un cône de déjections qui a rempli de ses débris la grande vallée si fertile.

Tous ces terrains sont aurifères, et il se trouve de l’or, m’a-t-on dit, sur la montagne elle-même dans les alluvions glaciaires qui la recouvrent. Si la chose est exacte, on doit retrouver les veines aurifères dans la grande Cordillère, dans les montagnes inconnues qui limitent la dépression du lac La Plata et dont les énormes glaciers, qui se voient dans le lointain depuis le Cerro Katterfeld, formèrent, à l’époque de leur plus grande extension, les sédiments aurifères.

Le lendemain, nous retournons aux plaines ondulées de la Patagonie ; de ces petites élévations, on distingue une fissure longitudinale à l’ouest, et nous trouvons une autre dépression peu accentuée comme celle de l’Arroyo Pico, mais encore plus ouverte à l’est et à l’ouest, dépression qui forme une vallée large, verdoyante, où paissent les troupeaux et dont nous ne pouvons distinguer l’extrémité occidentale, qui s’interne évidemment au milieu des montagnes plus au moins élevées qui précèdent les Andes de plus en plus neigeuses. C’est la vallée du Goichel, rivière considérable qui descend du Cerro Katterfeld, d’abord au sud-sud-est pour tourner ensuite brusquement à l’ouest-nord-ouest jusqu’aux montagnes.

Du promontoire volcanique qui, au nord, domine la vallée dans laquelle j’ai découvert un ancien cimetière indigène formé par une réunion de monticules de pierre, et dont je n’ai pu extraire qu’un crâne bien conservé et quelques pointes de flèches de pierre, on embrasse entièrement la région. Je recommande ce belvédère à ceux qui croient que l’Aysen a ses sources à l’intérieur de la Cordillère des Andes (planche XIX).

Ce n’est que la vaste plaine qu’on a devant soi, à peine limitée à l’est par de petites protubérances glaciaires, et dans laquelle on aperçoit encore le lit desséché du fleuve qui, à une époque relativement récente, recevait les eaux des lagunes de Coyet, encore existantes aujourd’hui, mais fort réduites, dans les plaines de l’est.

Les personnes qui connaissent la région comprise entre le Rio Colorado et le Rio Negro, dans la province de Buenos Aires, pourront se représenter la vallée de Coyet qui rappelle la partie située entre le Colorado et les Primeros Pozos, avec cette différence que la vallée patagonique est beaucoup plus herbeuse. Au sud de cette vallée, établissant la division des eaux interocéaniques, s’élève le plateau classique qui, avec une déclivité générale graduelle, s’étend d’un extrême à l’autre de la Patagonie, plateau toujours coupé par les dépressions transversales, dépressions qu’on pourrait appeler continentales, car elles paraissent traverser le continent.

Dans la vallée de Goichel, à peine séparée par quelques mètres de hauteur de la moitié orientale du Coyet, s’est établi un hardi colon de Chubut, Mr. Richards, dont les troupeaux prospèrent admirablement.

Le capitaine Simpson, commandant de la corvette chilienne « Chacabuco », pendant sa mémorable exploration de l’Aysen en 1870, laissa derrière lui la Cordillère des Andes, comme il le décrit en ces termes :

« 19 décembre (1871). — Temps pluvieux. — À trois milles de notre campement, nous arrivons à un point plus escarpé que les antérieurs, où nous montons à grand peine, nous accrochant aux racines pour ne pas glisser. Sur ce point, le plus élevé de la montagne, je fis monter quelques individus, lesquels bientôt m’avertirent, par de grands gestes, que nous étions déjà à la sortie de la Cordillère, et qu’à l’est seulement on voyait deux monts isolés, tout le reste de la région étant constitué principalement par des terrains ondulés. Encouragé, je montai jusqu’au point où ils se trouvaient, et reconnus qu’en effet, nous étions au pied du versant oriental de la Cordillère.

« Au devant de nous, on apercevait seulement à peu de distance deux sommets isolés, dont le plus rapproché, élevé de quatre cents mètres, se trouvait à environ trois milles et avait sa partie supérieure dénudée et striée horizontalement ; le second était plus éloigné et moins élevé. Les autres terrains consistaient en coteaux ondules, couverts de bois épais, mais l’atmosphère très dense limitait notre vue à moins de dix milles. À nos pieds, le fleuve encaissé entre des bords escarpés de cinquante mètres de hauteur, se dirigeait à angle droit vers le sud jusqu’à une pointe de la Cordillère située à environ deux milles, puis, rectifiant son cours à l’est, se perdait dans cette direction, paraissant passer au pied du mont strié… »

« 20 décembre. — Pluies. — Quelques uns des nôtres s’occupèrent à construire un radeau pour traverser le fleuve et éviter au retour les derniers accores, car nous avions remarqué que sur la rive opposée les terrains étaient plats sur une distance considérable. Le reste du personnel s’occupait à raccommoder ses vêtements. Nos figures étaient déjà si lamentables qu’on nous eut pris pour des mendiants et, d’après l’armement, pour des bandits en déroute ; nous nous trouvions, en outre, tout défigurés et pleins de contusions ; et pourtant l’allégresse se peignait sur tous les visages. Nous avions atteint le but de tant de privations et de travaux, car nous avions traversé la grande chaîne des Andes, par le 45° de latitude sud, prouesse que jusqu’à présent personne n’avait exécutée, et d’autant plus remarquable que chaque pas avait été une découverte, sans aucun renseignement antérieur qui pût nous guider, car où il n’y a pas d’habitants, il n’y a pas non plus de vestiges ni de traditions. En entreprenant l’expédition nous savions seulement que la Cordillère des Andes avait des limites, et nous y étions arrivés.

« J’estime, en conséquence, qu’ayant traversé plus de cent milles de Cordillère avec les seules ressources d’un navire et sans bêtes de somme, sans aucun secours, et en transportant, à dos d’homme, à grande distance, nos vivres et nos effets, nous avons réalisé une entreprise peu commune, résultat de trois années de tentatives, qui ont prouvé jusqu’au dernier moment notre résolution et notre constance. Que l’expérience faite ne se perde donc pas, et que notre gouvernement profite bientôt des grands avantages que lui procure cette nouvelle voie en plaçant une immense contrée sous l’empire effectif des lois de notre République. »

Dans une autre partie de son travail, à propos du rio Aysen, il dit :

« Les eaux des autres rivières que nous avons parcourues sont noires, couleur résultant de la fonte des neiges à travers les terres végétales des versants des montagnes ; et les lacs, auxquels elles servent de débouchés et qui constituent probablement la division des eaux, ne pouvaient pas être bien loin, tandis que celles de l’Aysen sont vert-laiteuses, ce qui prouve leur origine distincte et la nature argileuse des terrains qu’elles traversent au-delà des montagnes. »

Parlant de la géologie des mêmes parages et de l’archipel voisin, il ajoute : « Mon idée est que la limite de l’ancien continent sud-américain, c’est-à-dire la Cordillère des Andes, quand les pampas étaient encore submergées, était l’Aysen ou ses environs, raison pour laquelle n’offre rien d’extraordinaire l’opinion à peu près confirmée qu’il existe des rivières qui traversent la Cordillère depuis l’est… »

« Dans l’après-midi, arrivèrent les explorateurs (ceux de l’Aysen), maigres et exténués mais contents, car ils avaient avancé l’espace de quatre à cinq lieues à l’intérieur d’un pays fertile et boisé, recouvert d’une épaisse couche d’humus, sur les rives du fleuve. Leur itinéraire s’était effectué, tantôt en suivant les hauteurs dominant le fleuve dont le cours s’inclinait un peu au sud, tantôt en longeant ses plages auxquelles nous pouvions accéder de temps en temps.

« Du point extrême où ils étaient arrivés, ils avaient vu derrière eux la Cordillère bien dégagée, ce qui prouvait que nous l’avions entièrement traversée… En amont, le fleuve présentait des rapides et des récifs avec un lit très encaissé, en sorte qu’il n’est pas navigable, pas même à partir de l’endroit où nous nous trouvions ; il serait plus facile d’établir le chemin à l’est en suivant la limite supérieure des talus. »

Le point où parvint le marin distingué ne correspond d’aucune manière aux régions que j’ai traversées, car s’il les eut atteintes, il aurait dit qu’il était arrivé aux plaines du Goichel et j’incline à croire qu’il n’a pas avancé dans d’aussi fortes proportions qu’il le calcule, induit probablement en erreur par les rudes fatigues de l’exploration pénible qu’il effectua.

Il ne me fut pas possible, en raison du peu de temps disponible, de visiter les bâtiments de l’estancia, placée en dehors de mon itinéraire. Nous allons plus au sud, et après avoir dépassé la colline dans une dépression du plateau sédimentaire, recouvert de sable et de gravier glaciaire où l’on remarque d’énormes blocs de granit et de plus petits de gneiss, nous trouvons la profonde brèche caractéristique et ancien lit d’un immense glacier par où court le rio Mayo, affluent du Senguerr, et d’où nait aussi, séparé par de simples moraines, le rio Coihaike, affluent de l’Aysen. Dans ses moraines, se reproduit un nouveau cas de divortium aquarum interocéanique à l’orient de la Cordillère des Andes. La photographie, que je donne de ce parage si intéressant, ne laisse aucun doute sur l’exactitude de mon opinion publiée il y a quelque temps, que quelques-uns de ces cours d’eau opposés surgissent dans de grandes failles profondes, dominées par les plateaux faiblement inclines de l’ouest à l’est (planche XX, fig. 1).

Si ces intéressants phénomènes eussent été examines par MM. Montaner, San Roman, Fischer, Stange, et autres qui ont soutenu que « divortia aquarum continental » est synonyme de « divortia aquarum de la Cordillère des Andes », il ne se serait assurément pas produit les mésintelligences que déplorent ceux qui connaissent de visu les régions australes, et la discussion de la ligne de frontières ne nous aurait pas amenés, argentins et chiliens, jusqu’à nous exposer à oublier que nous sommes frères. En réduisant à ses justes proportions la question si débattue des limites, je crois que nous l’eussions résolue déjà d’une manière satisfaisante pour les deux nations.

Je possédais déjà des données exactes sur cette dépression du rio Mayo, que m’avaient communiquées MM. Steinfeld et Botello, quand, en 1888, je leur confiai la mission d’explorer la région comprise entre le lac Buenos Aires et le lac Fontana, et je suis heureux de reconnaitre ici l’exactitude de ces observations. Ces deux fleuves ont leur origine dans la dépression transversale du Coihaike et du Mayo, autour d’une insignifiante élévation volcanique qui occupe le centre d’une source dans le cañadon commun.

Nous établissons le campement dans la pittoresque dépression, après une descente rendue difficile par l’escarpement des pentes des versants boisés et pierreux, et, le 29, suivant le lit du Mayo, je pus examiner la Casa de Piedra, caverne formée dans la lave noire et rougeâtre. Les versants dénudés laissent apercevoir les grès et les argiles tertiaires recouverts par une couche glaciaire de trente mètres d’épaisseur et celle ci par le humus. Gravissant à nouveau ces versants, nous retrouvons le plateau toujours plus ondulé par l’érosion postérieure au dépôt glaciaire qui le recouvre. La marche à travers la forêt et les marécages fut pénible, mais bien compensée par le spectacle d’une si belle région. Le temps était menaçant ; il grêlait, et nous nous décidâmes à dresser nos tentes de bonne heure aux bords de la rivière Chalia pour donner un temps de repos aux vaillantes mules.

Le lendemain, peu après avoir avancé au sud-ouest, nous nous trouvons sur le plateau en face d’une nouvelle dépression transversale, beaucoup plus large que celle du rio Mayo, extrêmement pittoresque, par laquelle la vue pénétrait à l’occident à une grande distance dans la gorge, et de laquelle s’échappait dans cette direction, en traçant mille sinuosités, un fil d’argent, rivière paisible probablement. Le lieu où s’effectua notre descente coïncidait avec un autre cas de la division des eaux continentales : deux ruisseaux naissent des sources du versant nord du plateau dans une verte prairie inclinée au milieu de graviers glaciaires, se dirigeant l’un à l’orient, l’autre à l’occident (planche XXI, fig. 1). À peu de distance à l’est, se trouve la Laguna Blanca (640 m.), ainsi nommée par Steinfeld, à cause de la couleur de ses eaux, produite par son peu de profondeur et son lit de boue glaciaire. La lagune a son écoulement oriental déjà obstrué comme le lac de Coyet, mais, au printemps, à l’époque de la fonte des neiges, l’ancien lit, aujourd’hui à sec, donne généralement passage aux eaux jusqu’à une courte distance de la rivière Chalia. La rivière qui descend du versant du plateau à l’ouest (620 m.), ainsi qu’une autre qui prend sa source sur le versant opposé du plateau sud, tout prés d’une troisième qui se jette aussi dans la Laguna Blanca, forment les affluents les plus orientaux du bras sud du Rio Aysen.

Dans la plaine glaciaire, entre ces rivières, Nixon tua, dans une jonceraie, le puma de plus belle taille que j’aie vu en Patagonie, vieux carnassier qui venait de chasser un guanaco encore agonisant. Dans ce parage, la plaine est parsemée de centaines de blocs erratiques énormes (planche XXII). Les fragments que l’on voit disséminés aux alentours sont si volumineux que je ne puis affirmer si celui que je reproduis est le plus considérable. La partie de cette roche qui effleure de terre a six cents mètres cubes (planche XXIII).

Le docteur Florentin Ameghino a nié, plusieurs fois, dans ses publications, la présence de phénomènes glaciaires dans les plaines et sur les plateaux patagoniques, mais il suffit de donner la représentation de ce bloc erratique et celle des autres paysages glaciaires pour démontrer l’inconsistance de ses affirmations qui n’ont d’autre base que sa manie de dire noir quand les autres disent blanc.

Il ne me fut pas possible d’atteindre aujourd’hui le lac Buenos Aires, point extrême de mon voyage, et nous passâmes la nuit auprès d’un affluent du Guenguel. Le plateau au sud présente une grande protubérance formée par un amoncellement de cailloux roulés, qui mesure, en certains endroits, une quarantaine de mètres d’épaisseur, et tous, jusqu’aux plus grands, ont leurs angles arrondis, se distinguant en cela des blocs erratiques des fractures transversales.

Du haut du plateau, nous apercevons brusquement la grande dépression lacustre, peut-être la plus grande de Patagonie, après celle du lac Viedma. Le plateau s’abaisse presque perpendiculairement, et nous avons peine à trouver la descente. Le versant dénudé permet de reconnaître sa constitution géologique, composée d’abord d’une couche de cailloux roulés de cinquante mètres d’épaisseur, puis de strates horizontaux, de grès, d’argile et de conglomérats. Le talus a environ 400 mètres de hauteur et domine un paysage glaciaire, le plus grandiose que j’aie observé en Patagonie et qui occupe plus de la moitié de la largeur de la dépression. Ces amoncellements de pierres de toute dimension sans orientation apparente vus d’en-bas, mais qui, observés de la hauteur, se divisent en deux séries, dénotent l’activité prolongée du grand glacier, retiré aujourd’hui à l’extrémité occidentale de la dépression du lac, et qui se distingue dans la brume dans le lointain, au pied d’une chaîne orientée du nord au sud.

Le lac Buenos Aires n’a pas la magie du lac Nahuel-Huapi, ni celle du lac Fontana, mais il est plus imposant (planche XX, fig. 2). La grande anse orientale n’a pas de forêts et dans les moraines croissent tout au plus quelques petits buissons ; ce n’est que près d’un lac accessoire, belle darse de cette mer douce, qu’on distingue des silhouettes d’arbres. Ce bassin est dominé par les montagnes élevées d’un massif aux neiges éternelles, des glaciers duquel nait le rio Fénix qui descend juste au pied du plateau dans la dépression comprise entre les deux lignes principales de moraines, ligues semblables à celles que j’ai observées au Nahuel-Huapi, au lac General Paz, et dans les autres dépressions lacustres. Ce fleuve décrit mille sinuosités vers le sud-est, selon les caprices des monticules morainiques, pour retourner brusquement à l’ouest se jeter dans le lac, après un cours de plus de cinquante kilomètres au milieu des moraines (planche XXI, fig. 2). Il se présente ainsi un autre cas, et le plus intéressant, de la division des eaux. Le rio Fénix qui coulait avant constamment vers l’Atlanlique, a été interrompu dans son cours par un de ces phénomènes communs aux fleuves qui traversent des terrains meubles, principalement glaciaires. Un simple éboulement de pierres détachées a dévié une grande partie de son cours, et l’a amené au lac dont j’ignore encore le débouché, tandis qu’à l’orient l’eau ne reparaît que pendant les grandes crûes où il déborde ; il s’établit alors un petit courant dans l’ancien lit, aujourd’hui presque comblé ; cependant, il suffirait là d’un travail de quelques heures pour que ces eaux reprissent leur direction primitive et coulassent toutes au rio Deseado. Les cartes géographiques anciennes indiquent le rio Deseado comme très volumineux et il est probable qu’il l’était au temps où il fut exploré par les premiers voyageurs dont les observations méritent, en général, plus de crédit qu’on ne leur en accorde. En 1876, j’ai visité ce fleuve, ou plutôt son ancien lit à l’embouchure dans le port du même nom ; et n’y ai trouvé que de petites sources, phénomène dont l’explication réside dans les faits que nous avons signalés au sujet du rio Fénix et d’autres cas analogues. Si j’avais disposé de plus de temps, j’aurais ramené à son lit primitif l’ancien courant, car, chaque jour, les capteurs (tomeros) exécutent des travaux plus considérables sur les rios de San Juan, Mendoza, etc., pour l’irrigation des terres.

Si la Nation décidait la création d’une colonie dans ce parage, j’ai la conviction qu’il ne lui coûterait pas un centime de ramener les eaux du rio Fénix et celles du rio Deseado supérieur jusqu’à l’Atlantique et les résultats pratiques de cette entreprise seraient considérables ; en profitant de ce beau port, on établirait une communication facile avec la région andine si fertile et l’on convertirait cette baie, aujourd’hui solitaire, en station de premier ordre pour l’escadre nationale.

Dans la dépression, au nord du lac, on distingue cinq lignes de moraines latérales, et les blocs erratiques prédominants sont composés de granits, de diorites et de porphyres, roches néovolcaniques et calcaires noirs.

J’avais rempli mon programme qui était de connaitre personnellement d’une manière générale la zone andine pour l’étudier ensuite en détail, car il me serait plus facile ainsi de donner des instructions précises à mon personnel et me rendre compte de l’importance de ses travaux. Je résolus de retourner au nord, le 1er avril, remettant à une autre occasion l’examen de la région comprise entre le lac Buenos Aires et le lac San Martin, pour lequel il m’eut fallu disposer de temps et de santé, ce qui n’était malheureusement pas le cas, car je recommençais à souffrir d’une ancienne indisposition.