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Recueil des lettres missives de Henri IV/1570/25 août ― À monsieur mon cousin, monsieur le duc Julles de Brunsvic

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1570. — 25 août.

Orig. – Arch. de Wolfenbüttel. Envoi de M. le chargé d’affaires de France en Hanovre.


À MONSIEUR MON COUSIN, MONSIEUR LE DUC JULLES DE BRUNSVIC[1],

PRINCE DU SAINT EMPIRE.

Monsieur mon Cousin, Puis que nous recevons au jourd’huy le fruict de tant de labeurs et honorables travaulx qu’avez prins en la faveur et suport de ceste cause et party, ce que nous ne pouvons et voulons ignorer, pour les grandes et vives demonstrations que vous avez faictes de la bonne volonté, zele et affection qu’y avés tousjours portés, nous ne voulons aussi faillir de vous envoyer ce gentilhomme present porteur, le sieur d’Argenlieu[2], l’un de nos conseillers, pour vous en remercier tres affectueusement, et aussi pour vous faire particulierement entendre comme toutes choses se sont passées jusques icy, en l’estat et disposition entiers de nos affaires. À la suffisance et dignité duquel gentilhomme, pour les grandes experiences que nous en avons, nous ne ferons ce tort de nous estendre de plus long propos ; seulement vous supplierons bien affectueusement de le vouloir croyre de tout ce qu’il vous dira, ainsi que vouldriez faire nos propres personnes. Et nous en asseurant ferons fin, priant Dieu, Monsieur mon Cousin, qu’il vous ait en sa saincte et digne garde. Donné à Rissay[3], ce xxve jour d’aoust 1570.

Vos humbles cousins et bien bons amys,

HENRY,

HENRY DE BOURBON[4].


  1. Jules, duc de Brunswick-Woltenbüttel, fils aîné de Henri, dit le Jeune, et de Sophie, fille de Sigismond, roi de Pologne, né le 10 juillet 1558, mort le 3 mai 1589. Il avait d’abord été évêque de Minden et coadjuteur de Paderborn ; mais il abandonna la religion catholique pour embrasser le protestantisme.
  2. Il passait pour l’un des négociateurs les plus habiles du parti protestant. L’année suivante, les Rochellois l’envoyèrent avec la Noue et Téligny à Charles IX, afin de presser les préparatifs de la guerre de Flandre.
  3. C’est probablement l’un des trois Riceys, qui se touchent aujourd’hui et forment un des chefs-lieux de canton du département de l’Aube.
  4. Henri Ier de Bourbon, prince de Condé, fils de Louis Ier de Bourbon, frère d’Antoine, roi de Navarre, et d’Éléonore de Roye, né le 29 décembre 1552, et mort le 5 mars 1588.