Recueil des lettres missives de Henri IV/1572/3 octobre ― À messieurs des cantons suisses

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[1572. — 3 octobre.] – Ve.

Cop. – Biblioth. de Tours, ancien manuscrit des Carmes, coté M, n° 50, Lettres historiques, page 115. Communiqué par M. le préfet.


[À MESSIEURS DES CANTONS SUISSES[1].]

Tres chers, illustres et grands amys, La bonne intelligence, amitié et parfaicte bienvueillance que nous savons aujourd’huy estre entre ceste couronne et vous, et l’honneur que nous avons de n’en estre des plus inferieurs membres est cause qu’envoyant à present nostre amé et feal le sr de Duras, l’un de noz chamberlans ordinaires, devers nostre Sainct Pere le Pape, nous luy avons donné charge de visiter expres vos Seigneuries, pour, en ce qu’icy et ailleurs les occasions se peuvent presenter, luy offrir de nostre part toutes les correspondances d’amour et sincere affection que grand et bon amy leur peut offrir et presenter ; vous priant le croire de ce qu’il vous dira de ma part comme nostre propre personne. Et nous supplierons Dieu, Trez chers et grands amys, vouloir icelles vos Seigneuries conserver en toute grandeur et prosperité. Escript à, etc.

[HENRY.]


  1. Parmi les états souverains à qui le roi de Navarre adressait des civilités par M. de Duras, allant, en son nom, de Paris à Rome, il ne pouvait oublier les Suisses. Ce devoir, vis-à-vis d’eux, cessait même d’être une pure formalité, par la bonne intelligence de leurs relations précédentes, fondées sur la communauté de religion. Mais si quelque chose peut montrer combien était fausse alors la situation du roi de Navarre, c’est cette recommandation donnée, pour un état où la reforme avait déjà fait de si grands progrès, à un ambassadeur chargé de négocier la réconciliation du prince avec le pape.