Recueil des lettres missives de Henri IV/1576/18 août ― À monsieur de Trignan

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1576. — 18 août.

Orig. – Archives de M. de Treignan, au château de Treignan (Basses-Pyrénées). Communication de M. Jubé, sous-chef de bureau au ministère de l’Instruction publique.


À MONSR DE TRIGNAN,

CHEVALIER DE L’ORDRE DU ROY, GOUVERNEUR ET LIEUCTENANT GENERAL POUR SA MAJESTÉ À BAYONNE[1].

Monsr de Treignan, Archambault et Kosgede, controlleur de mon escurie et vallet de mes paiges[2], m’ont faict entendre que leur a esté arresté par le coustumier de la ville de Bayonne cinq coffres de bahuts qu’ils envoyoient en leurs maisons, assignez en nostre ville d’Orthez[3], pensant le dict coustumier que les coffres appartinsent à marchands. Je vous prie à ceste cause, Monsr de Trignan, commander que les dicts cinq coffres leur soient rendus et mis ez mains de ce porteur, qui les fera conduire en nostre ville d’Orthez ; et vous ferez chose que j’auray bien agreable. L’asseurance que j’ay qu’ainsy le ferez me faict prier le Createur vous avoir, Monsr de Trignan, en sa saincte et digne garde. Escript à Lectoure[4], le xviije d’aoust 1576.

Vostre bon amy,


HENRY.


  1. M. de Treignan fut successivement gouverneur de Bayonne et de Sisteron. Il avait remplacé à Bayonne le vicomte d’Orthe, qui s’est immortalisé par son refus de participer au massacre de la Saint-Barthélemy.
  2. La copie porte gaiges.
  3. L’importance qu’avait alors cette petite ville de Béarn, aujourd’hui du département des Basses-Pyrénées, nous est attestée par ce passage de du Plessis-Mornay: « En cedit pays y a une université en la ville d’Orthès, bien pourveuë de gens doctes, en laquelle il (le roi de Navarre) entretient tousjours cinquante escoliers en théologie, chascun l’espace de dix ans, pour servir au ministère de l’Évangile. » Ce college, fondé dabord à Lescar, par Henry d’Albret et Marguerite d’Angoulême, avait été transféré à Orthez par Jeanne d’Albret, lorsque cette princesse en fit une école spéciale pour la propagation du calvinisme, en 1566. (Voy. Poeydavant, Histoire des troubles survenus en Béarn pendant les XVIe et XVIIe siècles, l. IV.).
  4. Le roi de Navarre faisait de fréquents séjours dans cette ville, où Jeanne d’Albret, dans ses dernières années, avait fixé sa résidence habituelle.