Recueil des lettres missives de Henri IV/1577/28 juin ― À messieurs les maire, eschevins et pairs de la Rochelle

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1577. — 28 juin.

Cop. – Biblioth. de la Rochelle, Mémoires historiques, Ms. de Baudoyn, membre du corps de ville en 1589. Transcription de M. le bibliothécaire. Envoi de M. le préfet.


[À MESSRS LES MAIRE, ESCHEVINS ET PAIRS DE LA ROCHELLE.]

Messrs, Aprés avoir longuement travaillé et disputé pour parvenir à une bonne et seure paix[1], nous avons esté contraincts, voyant les difficultez que les depputez de la part du Roy nous ont faictes, de remettre encore la conferance au quinziesme du prochain, pendant lequel temps le sr de Villeroy iroit devers Sa Majesté luy faire nos raisons et demandes, et sur icelles nous faire desclaration de son vouloir et intention. Ce pendant nous avons advisé que les deputez des Eglises et les vostres particulierement s’en retourneroient pour faire entendre chascun à sa province comme toutes choses sont passées, et au dict temps prefix rapporter sur icelles leurs advis avec plus ample pouvoir de conclure et mettre fin à ce qui sera trouvé le meilleur. A ceste cause, Messrs, et par ce que vous entendrés par les vostres bien amplement à quelles raisons nous nous sommes soumis, ne vous feray la presente plus longue, si n’est pour vous asseurer, au cas que les conditions ne se puissent accorder, et que nos adversaires nous veuillent forcer et contraindre à quicter ce que avec tant de sang, de peines et travaux, nos predecesseurs ont acquis, je seray tousjours prest et appareillé d’y repandre le mien, et d’employer ma vie avec les moyens que Dieu m’a donnez pour maintenir une si juste querelle. Ce que je vous prie croyre, et qu’en tous endroicts où j’auray moyen de vous faire preuve de mon ancienne et bonne amityé en vostre endroict, je m’y employeray d’aussy bon cœur que sçauriés desirer soit au general soit au particulier, et de pareille affection que je prie Dieu, Messrs, vous avoir en sa trez saincte et trez digne garde.

Escript à Agen, le vingt huitiesme jour de juing mil cinq cent soixante dix-sept.

Vostre bien bon et affectionne amy,
HENRY.



  1. A l’assemblée de Bergerac, dont il est question dans la lettre du 17 avril.