Recueil général des anciennes lois françaises/Lettre de cachet adressée aux officiers du parlement de Paris pour qu’ils continuent leurs fonctions

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No A. — Lettre de cachet adressée aux officiers du parlement de Paris pour qu’ils continuent leurs fonctions.

Versailles, 1er septembre 1715. (Archiv.)


De par le Roi. — Nos amés et féaux. La perte que nous venons de faire du roi notre très-honoré seigneur et bisaïeul, nous touche si sensiblement, qu’il nous seroit impossible à présent d’avoir d’autres pensées que celles que la piété et l’amour nous demandent pour le repos et le salut de son ame, si le devoir à quoi nous oblige l’intérêt que nous avons de maintenir la couronne en sa grandeur, et de conserver nos sujets dans la tranquillité, ne nous forçoit de surmonter ces justes sentiments, pour prendre les soins nécessaires à la conduite de cet Etat ; et parce que la distribution de la justice est le meilleur moyen dont nous puissions nous servir pour nous en acquitter dignement, nous vous ordonnons et nous vous exhortons autant qu’il nous est possible, qu’après avoir fait à Dieu les prières que vous devez lui présenter pour le salut de feu notredit seigneur et bisaïeul, vous ayez, nonobstant cette mutation, à continuer la séance de notre parlement et l’administration de la justice à nos sujets, avec la sincérité que le devoir de vos charges et l’intégrité de vos consciences vous y obligent, et cependant nous vous assurons que nous recevrons avec satisfaction vos respects et vos soumissions accoutumées en pareil cas ; et que vous nous trouverez toujours tels envers vous et en général et en particulier, qu’un bon roi doit être envers ses bons et fidèles sujets et serviteurs.