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Revue des Romans/Isabelle de Charrière

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Revue des Romans.
Recueil d’analyses raisonnées des productions remarquables des plus célèbres romanciers français et étrangers.
Contenant 1100 analyses raisonnées, faisant connaître avec assez d’étendue pour en donner une idée exacte, le sujet, les personnages, l’intrigue et le dénoûment de chaque roman.
1839
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CHARRIÈRES (Mme de), morte en 1806.


CALISTE, ou Lettres écrites de Lausanne, 2 p. in-8, 1788. — Les lettres de Lausanne se composent de deux parties. Dans la première, une femme de qualité établie à Lausanne, la mère de Cécile, jeune fille fort jolie, vraie, franche et fort sensée, correspond avec une amie qui habite la France, lui raconte les détails de sa vie ordinaire, les travers du petit monde qu’elle voit, ses vues sur le prétendant de sa fille, et les préférences de cette chère enfant qu’elle adore ; le tout dans un détail infini et avec un pinceau facile qui met en lumière chaque visage de cet intérieur. L’amoureux préféré est un jeune lord qui voyage avec un de ses parents pour gouverneur. Il aime Cécile, mais pas en homme fait, ni avec de sérieux desseins ; aussi la tendre mère songe-t-elle à guérir sa fille, et cette courageuse fille elle-même va au-devant de la guérison. On quitte Lausanne pour la campagne, et on se dispose à venir visiter la parente en France : voilà la première partie. — La seconde renferme des lettres du gouverneur du jeune lord à la mère de Cécile, dans lesquelles il raconte son histoire romanesque et celle de la belle Caliste. Caliste, qui avait gardé ce nom pour avoir débuté au théâtre dans The fair penitent, vendue par une mère cupide à un lord, était promptement revenue au repentir et à une vie aussi relevée par les talents et la grâce qu’irréprochable par la décence. Mais elle connut le jeune gentilhomme qui écrit ces lettres et elle l’aima : on ne saurait rendre le charme, la pudeur de cet amour partagé, de ses abandons et de ses combats, de la résistance sincère de l’amante et de la soumission gémissante de l’amant. Le père du gentilhomme s’étant opposé au mariage de son fils avec Caliste, mille maux s’ensuivirent, et la mort de Caliste les combla : on ne peut lire cette fin que les yeux noyés de larmes aveuglantes, suivant une belle expression qui s’y trouve. — Les lettres écrites de Lausanne font un livre cher aux gens de goût et d’une imagination sensible, une de ces fraîches lectures dans lesquelles, au travers de rapides négligences, on rencontre le plus de ces pensées vives qui n’ont fait qu’un saut du cœur sur le papier.

On a encore de Mme de Charrières : Le Noble, conte, in-8, 1763. — Lettres neufchâteloises, in-12, 1784. — Lettres de mistriss Henley, in-12, 1784. — Honorine d’Uzerches, in-12, 1796. — L’Abbé de la Tour, 3 vol. in-8, 1798. — Les trois Femmes, 2 vol. in-12, 1798. — Sir Walter Finck, in-12, 1807.