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Revue des Romans/Jean-Baptiste-Claude Delisle de Sales

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Revue des Romans.
Recueil d’analyses raisonnées des productions remarquables des plus célèbres romanciers français et étrangers.
Contenant 1100 analyses raisonnées, faisant connaître avec assez d’étendue pour en donner une idée exacte, le sujet, les personnages, l’intrigue et le dénoûment de chaque roman.
1839
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DELISLE DE SALES (J. B. Claude ISOARD, plus connu sous le nom de),
membre de l’Institut, né à Lyon, en 1743, mort le 27 sept. 1816.


TIGE DE MYRTE ET BOUTON DE ROSE, histoire orientale, 2 vol. in-8, 1809. C’est la seconde édition, sous un autre titre, du Vieux de la montagne, publié en 4 vol. in-12, an VII (1799). — Tige de myrte et Bouton de rose sont deux beautés piquantes par leur physionomie expressive et leurs grâces ingénues. Elles habitent le sérail d’un sultan, beau, jeune, fier, brave, et surtout amoureux ; mais elles étaient amoureuses aussi, l’une de Kondemir, doué de la plus mâle beauté et le plus intrépide des Arabes, l’autre d’Ariel, jeune homme de quinze ans, d’une beauté céleste, qu’on laisse même quelquefois supposer d’une origine divine. Tige de myrte, malgré son amour pour Kondemir, cède à l’amour du sultan, qui ensuite la condamne à mort et la croit exécutée, ce qui ne l’empêche pas de vivre jusqu’à la fin du roman. Après avoir cédé au sultan, il ne tient pas à elle qu’elle ne cède à Ariel, l’amant de Bouton de rose ; elle se trouve avec lui dans les situations les plus délicates et les plus érotiques, tantôt demi-nue, et presque toujours le sein découvert. Bouton de rose est infiniment plus sage que sa compagne ; elle ne cède ni au sultan ni à d’autres, quoiqu’elle se trouve aussi dans de terribles situations. Tige de myrte, après beaucoup d’aventures critiques, finit par s’empoisonner et meurt. Bouton de rose et son tendre amant Ariel sont empoisonnés, et deviennent deux momies d’Égypte qu’on place à côté l’une de l’autre ; mais bientôt ces deux momies s’aperçoivent qu’elles pensent encore, et qu’elles pensent à leur amour. Chacun, de son côté, l’exprime dans un monologue ; les noms d’Ariel et de Bouton de rose sortent de leur bouche. Bientôt la conversation s’établit, les monologues deviennent un dialogue ; les momies font un effort de plus, elles se regardent, se voient, veulent aller l’une vers l’autre, mais en sont empêchées par les bandelettes qui compriment leurs membres ; elles se trouvent d’une laideur affreuse et s’aiment cependant toujours. Enfin, après toutes sortes d’enchantements, de féeries, après tous les prodiges de la grotte aux merveilles et du pont d’Arimane, le grand Orondate rend les amants à la vie, à la beauté et à leur amour.

Nous connaissons encore de cet auteur : Lettre d’un Bâtard d’amour à un bâtard de littérature, in-8, 1806.