Revue des Romans/Jean-Charles-François Ladoucette

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Revue des Romans.
Recueil d’analyses raisonnées des productions remarquables des plus célèbres romanciers français et étrangers.
Contenant 1100 analyses raisonnées, faisant connaître avec assez d’étendue pour en donner une idée exacte, le sujet, les personnages, l’intrigue et le dénoûment de chaque roman.
1839
◄  Lacroix, J. Lafayette  ►


LADOUCETTE


PHILOCLÈS, imitation de l’Agathon de Wieland, 2 vol. in-8, 3e édition, 1820. — Le roman d’Agathon est un des ouvrages de Wieland les plus estimés des Allemands, et celui où brillent peut-être avec le plus d’éclat son imagination féconde, la grâce et la facilité de son style, la richesse de ses idées. L’auteur de l’imitation d’Agathon a fait quelques suppressions pour mettre cet ouvrage à la portée des lecteurs français, mais il s’est toujours attaché à conserver les beautés de l’original. On assure que Wieland, à qui M. Ladoucette dédia les deux premières éditions de Philoclès, témoigna sa satisfaction de ce qu’on avait ainsi approprié au goût des Français son ouvrage chéri.

LE TROUBADOUR, ou Guillaume et Marguerite, in-12, 1824. — Dans un village de la Provence, formé des débris de la ville romaine de Mont-Seleucus, était né Guillaume, issu d’une ancienne famille tombée dans l’indigence ; il errait au milieu d’anciens monuments, lorsqu’il entendit chanter le célèbre troubadour Olivier, qui le prit avec lui en qualité de jongleur. Nos voyageurs parcourent le Languedoc et la Provence ; après diverses aventures, Guillaume devient épris à la cour du roi d’Aragon d’une demoiselle d’honneur, nommée Marguerite. Forcé de se séparer d’Olivier, il va à Paris, assiste aux noces de Louis VII et d’Alix de Champagne ; il revient ensuite en Provence, où il trouve Marguerite mariée au comte Raymond, dont il devient l’écuyer. Il sauve cette belle des chaînes des Sarrasins ; mais le comte s’étant aperçu de leur intelligence, fait tuer Guillaume en traître, lui arrache le cœur, et le fait servir au repas de Marguerite. Lorsqu’elle vient à connaître cette atrocité, son désespoir éclate, elle s’élance vers le balcon, en pressant sur ses lèvres sa croix de cristal, et se précipite en prononçant le nom de Guillaume. La nouvelle de ce crime se répand ; Olivier excite tous les esprits à la vengeance ; on escalade le château de Raymond en présence du comte, couvert de blessures ; l’archevêque d’Aix déclare son mariage nul, et quoique les amants n’existent plus, on les unit, et on dépose leurs corps dans le même tombeau. — Cet ouvrage est un cadre intéressant, dans lequel l’auteur a placé la description fidèle des mœurs de la Provence au XIIe siècle.

ROBERT ET LÉONTINE, histoire du XVIe siècle, 3 vol. in-12, 1827. — Tracer le tableau des mœurs et des usages qui régnaient sur les bords de la Moselle au XVIe siècle ; raconter les événements les plus remarquables qui s’y sont passés à cette époque ; donner une description exacte des monuments qui décoraient cette région, tel est le but que l’auteur s’est proposé dans ce roman. L’histoire de Robert et Léontine sert de broderie à ses recherches scientifiques ; la plupart des personnages qui y jouent un rôle ont existé, et conservent dans le roman le caractère que les annalistes et les auteurs contemporains leur ont attribué.

Nous connaissons encore de cet auteur : Rose et Noir, une nouvelle très-ancienne et une chinoise, in-12, 1801. — Nouvelles, Contes, Apologues et Mélanges, 3 vol. in-12, 1822.