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Revue des Romans/Roger de Beauvoir

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Revue des romans.
Recueil d’analyses raisonnées des productions remarquables des plus célèbres romanciers français et étrangers.
Contenant 1100 analyses raisonnées, faisant connaître avec assez d’étendue pour en donner une idée exacte, le sujet, les personnages, l’intrigue et le dénoûment de chaque roman.
1839


ROGER DE BEAUVOIR (E.).


L’ÉCOLIER DE CLUNY, ou le Sophisme, in-8, 1832. — Dans ce roman il s’agit d’une reine de France qui, la nuit, fait le guet aux passants, les invite à monter chez elle, et le lendemain les fait jeter dans la Seine. Le héros du livre est l’écolier Buridan, qui survit à l’aimable attention de la reine qui pourvoyait si amoureusement à la destinée et au dernier gîte de ses amants de nuit. — Voulez-vous des descriptions de monuments gothiques, qu’il vous serait difficile de construire s’il vous prenait fantaisie de mettre en sa place chacune des parties dont chaque mot est le représentant ? désirez-vous connaître tous les vieux jurons : par le ciel ! par Satan ! par tous les saints du paradis ? voulez-vous des tableaux d’orgie ? lisez l’Écolier de Cluny.

BUYSCH, in-8, 1833. — Après avoir fait traverser au lecteur les villes de la Haye, Amsterdam, Bréda, Harlem, Saardam, en l’entretenant avec une charme et une verve inexprimables des maisons, des campagnes, des monuments, du commerce, des beaux-arts, des femmes, de la littérature et des mœurs de la Hollande, M. Roger de Beauvoir le transporte au temps de Piette le Grand, et lui raconte une touchante histoire, où figurent Ruysch et Ruyter. Ruyter, au moment de s’embarquer pour une expédition périlleuse, confie Sarah, sa fille adoptive, au docteur Ruysch, qui a lui-même une fille nommée Rachel. Les deux jeunes filles ont des goûts bien différents : Rachel est douce, timide, et passe son temps à peindre des fleurs ; Sarah est vive, étourdie, passionnée ; elle se laisse prendre d’amour pour un beau capitaine français, Georges de Castelnau, en est trahie, et périt d’une affreuse mort. — Les détails de ce roman sont pleins de charme ; le dénoûment est dramatique et d’un effet saisissant.

L’EXCELLENZA, ou les Soirées au Lido, 2 vol. in-8, 1833. — De brillantes couleurs, des saillies spirituelles, un talent de narration remarquable, et une connaissance parfaite de l’Italie, qu’il a habitée longtemps, distinguent les contes de M. de Beauvoir et leur donnent un cachet tout particulier. Lea Marini, la plus jolie nouvelle de ce recueil, est surtout contée avec beaucoup d’art. Venise, dont on a tant abusé, y est dépeinte avec grandeur, enrichie de coloris ; et tous les autres petits poëmes en prose dont se compose le livre des Soirées au Lido, saisissent par un puissant intérêt dramatique.

L’AUBERGE DES TROIS PINS, in-8, 1836. (En société avec M. Alphonse Roger.) — L’Auberge des trois pins est une hôtellerie située près d’Anvers, dont le nom vient d’une vieille aventure où nous voyons le diable aux prises avec un comédien. Après avoir raconté avec beaucoup de charme la légende de l’auberge, M. Roger de Beauvoir passe du XVIe siècle à la Belgique de nos jours, et fait un tableau brillant et animé de Bruxelles ; son portrait du comte de Bagnères, un de ces chevaliers d’industrie qui ont fixé leur séjour dans la capitale de la Belgique, et le roman qui l’encadre, offrent une lecture fort attrayante. — Les deux autres nouvelles sont de M. Alphonse Royer. Don Micaëla est une nouvelle historique empruntée aux souvenirs du XVe siècle. Le Juge de son honneur, épisode récent, est un drame de famille, où un époux outragé se venge selon les vieilles mœurs des seigneurs flamands.

HISTOIRES CAVALIÈRES, in-8, 1837. — Ce livre est un recueil de nouvelles pleines d’incidents curieux et de charmants détails, parmi lesquels on remarque : le Puits d’amour, la Chapelle ardente, Deux misères, la Chambre d’amie, le Sphinx de la cour, la Femme de Cassandre, René le Tueur, David Dick, etc. — Un Caprice d’été est un conte charmant, où l’auteur nous montre deux comtesses émancipées, s’échappant un matin de leur hôtel pour aller nager aux bains Ouarnier. Une de ces comtesses a un mari jaloux comme on ne l’est plus ; le comte Delci a surpris de secrètes intelligences entre sa femme et son secrétaire. Le jour où la comtesse s’est rendue à l’école de natation, le jeune secrétaire est allé, de son côté, se baigner dans la rivière ; le comte l’a suivi, et au moment où il passe devant les bains Ouarnier, il plonge sous l’eau et le frappe d’un coup de poignard. Le jour même de ce terrible événement le comte partit pour une mission diplomatique, et la comtesse alla s’enfermer aux trappistines de Mondaye.

Nous connaissons encore de cet auteur : Keledor, 2 vol. in-12, 1829.