Revue du Pays de Caux N°1 mars 1902/VIII

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QUESTIONS FINANCIÈRES



Ferons-nous ou ne ferons-nous pas de Bulletin Financier ? Nous nous en rapportons à vous, lecteurs, indécis que nous sommes encore entre la difficulté de rédiger un Bulletin qui ne peut être qu’indépendant en toutes choses — et le désir de vous être agréable. Si nous le faisons, ce sera sans phrases et sans tenter d’établir entre la politique générale et les fluctuations du marché des concordances souvent plus ingénieuses que justifiées ; ce sera également sans vous inciter à des achats de valeur à fluctuations rapides. Si vous voulez « jouer » il y a quantité de petites feuilles spéciales qui vous offriront de bonnes occasions, pêle-mêle avec les mauvaises. Pour cette fois, nous n’aurions à attirer votre attention que sur une nouvelle émission de rentes Russes prévue pour ce Printemps (encore que la Russie ait un peu abusé des émissions, ce sont toujours des Fonds d’État et de grand État) — sur le renouveau que le plan Rouvier, admiré de tous ceux qui le connaissent, parait devoir apporter aux valeurs ottomanes — sur l’emprunt algérien de 100 millions que la chambre va probablement autoriser — enfin sur la « société d’Éclairage, de chauffage et de force motrice » plus connue sous le nom de Société Chamon, qui va, pratiquement, se substituer à la Compagnie Parisienne du gaz, avant même que celle-ci ne disparaisse et assurer aux habitants de la capitale le gaz à 20 centimes. Grande réforme longtemps désirée et si ingénieusement combinée que tout le monde est content, consommateurs, personnel, anciens… et futurs actionnaires. Comment les titres de la Société Chamon, dans ces conditions, ne feraient-ils pas prime, à peine émis ? L’autorisation du Parlement ne saurait faire de doute ; elle est déjà demandée.


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