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Rig Véda ou Livre des hymnes/Section 3/Lecture 7

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Traduction par Alexandre Langlois.
Bibliothèque Internationale Universelle (p. 251-260).

LECTURE SEPTIÈME.

HYMNE I.

Aux Ribhous, par Vamadéva.

(Mètre : Trichtoubh.)

1. J’envoie aux Ribhous[1] mon hymne tel qu’un messager. J’invite la Vache (du sacrifice) à donner (en leur honneur) le lait de la libation. Rapides comme le vent, que (les Ribhous, habiles) ouvriers, s’élancent sans tarder dans la carrière céleste.

2. Que les Ribhous, embrassant le monde dans leurs œuvres éclatantes, achèvent de parer les deux (grands) parents ; qu’ils recherchent ensuite l’amitié des Dévas, et que dans leur sagesse ils apportent à l’homme pieux l’honneur et la prospérité.

3. Ce sont eux qui ont renouvelé la jeunesse de leurs deux ancêtres, faibles et desséchés comme deux poteaux. Que Vâdja, Vibhwan et Ribhou, aimés d’Indra, et fortifiés par le miel (du soma), soient les gardiens de notre sacrifice.

4. Toute l’année les Ribhous gardent la vache (sacrée)[2] : toute l’année ils donnent à ses chairs un embonpoint nouveau ; toute l’année ils ont porté ses splendeurs ; et c’est par de telles œuvres qu’ils ont obtenu le titre d’Immortels.

5. L’aîné a dit : « Fais deux coupes. » Le second a dit à son tour : « Faisons-en trois. » Le plus jeune s’est écrié : « Fais-en quatre. » Ô Ribhous, Twachtri a approuvé votre parole.

6. « Bien, » ont dit les Ribhous, et ils ont fait ce qu’ils s’étaient proposé. Ils ont de cette manière accompli la Swadhâ. Twachtri, en voyant ces quatre coupes briller comme la lumière du jour, s’en est approché avec plaisir.

7. Cependant les Ribhous, durant douze jours, ont reçu l’hospitalité dans la demeure du (dieu) qui ne peut rester caché[3]. (On pouvait les croire) endormis. Ils ont alors fertilisé la terre ; ils ont amené les Ondes ; (par eux) les plantes ont grandi dans les lieux desséchés, et les eaux ont rempli les vallées.

8. Les Ribhous ont formé le char (du sacrifice) qui roule heureusement, dirigé par le sage, et cette vache[4] qui revêt toutes les formes et met tout en mouvement. Que ces utiles auxiliaires, que ces excellents ouvriers, doués d’une main fortunée, daignent nous préparer des trésors !

9. Ornés de leurs œuvres et des (fruits) de leur pensée, les dieux ont applaudi à leurs travaux. L’industrieux Vâdja s’est dévoué à tous les dieux, Ribhoukchas[5] à Indra, Vibhwan à Varouna.

10. Les Ribhous, enivrés (du soma), ont créé pour Indra deux coursiers azurés, dociles au joug et chantés par la poésie. Ô Ribhous, donnez-nous l’éclat et tous les biens de l’opulence, et faites notre bonheur, comme (un ami fait le bonheur) de son ami.

11. Les Dévas ont en ce jour offert des libations et des breuvages enivrants à votre amitié, à la condition qu’elle ne se montrerait pas fatiguée. Ô Ribhous, dans ce troisième sacrifice, accordez-nous vos bienfaits.


HYMNE II.

Aux Ribhous, par Vamadéva.

(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô Ribhou, Vibhwan, Vâdja et Indra, venez à notre sacrifice, et (prenez votre part) dans nos offrandes. En ce moment la divine Prière vous présente la libation des jours (sacrés). Tous ces breuvages enivrants sont réunis pour vous.

2. (Naissez) à la vie, dont vous avez l’expérience. Des mets choisis vous sont présentés, ô Ribhous, et, de compagnie avec les Ritous, livrez-vous à la joie. Tous ces breuvages enivrants sont réunis pour vous, avec l’hymne (sacré). Envoyez-nous l’opulence, accompagnée d’une heureuse lignée.

3. Ce sacrifice, ô Ribhous, a été préparé pour vous, et vous l’avez reçu dans toute votre splendeur, tels qu’(autrefois) Manou. Devant vous se présente tout ce que vous pouvez aimer. Venez tous, ô vous que du nom de votre aîné (nous appelons) Vâdjas.

4. Et maintenant, généreux Ribhous, répandez vos bienfaits sur le mortel qui vous sert et vous honore. Buvez, ô Vâdjas, c’est pour vous, c’est pour votre plaisir que ce troisième sacrifice est célébré avec pompe.

5. Nobles Vâdjas, et toi, Ribhoukchas, venez à nous. Nous vous chantons pour votre munificence. Que les Libations, vers la fin des jours, aillent vers vous, comme les vaches vont à l’étable.

6. Enfants de la Force, appelés par nos hommages, venez à ce sacrifice. Compagnons d’Indra, et dispensateurs de la richesse, partagez ses plaisirs, et buvez de notre doux (soma).

7. Nous te louons, ô Indra ; viens avec Varouna, viens avec les Marouts te réjouir et boire de notre soma. Viens te réjouir (ici) avec les épouses (des dieux), admises, en premier lieu et dans les moments convenables, au partage de la libation, (avec ces épouses) qui possèdent de riches trésors.

8. Ô Ribhous, venez et partagez la joie de (nos sacrifices) avec les Adityas et les Parwatas[6], avec le divin Savitri, avec les Ondes, qui possèdent (aussi) de riches trésors.

9. Les Ribhous ont donné leurs secours aux Aswins, et aux deux (grands) parents, et à la vache (qui était morte) : ils ont créé les deux chevaux (d’Indra), et formé des armures (pour les dieux) ; ils ont développé le Ciel et la Terre ; maîtres intelligents, ils se sont donné une belle postérité.

10. Ô Ribhous, vous possédez une opulence puissante en troupeaux, en denrées, en famille, en trésors ; vous puisez les premiers à la coupe joyeuse de nos libations. Accordez-nous vos bienfaits, à nous et à ceux qui vous chantent.

11. Ne vous éloignez pas. Nous voulons satisfaire votre soif dans ce sacrifice, ô généreux Ribhous. Ô Dévas, si vous désirez nos offrandes, nous vous invitons à vous livrer au plaisir avec Indra, avec les Marouts, avec nos brillants (protecteurs).


HYMNE III.

Aux Ribhous, par Vamadéva.

(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô Ribhous, fils de Soudhanwan, enfants de la Force, approchez ; ne vous éloignez pas. Dans ce sacrifice nous vous présentons nos offrandes. Que les breuvages qui réjouissent Indra viennent aussi faire votre bonheur.

2. Que les offrandes en l’honneur des Ribhous soient apportées. Que le soma soit versé dans les coupes. C’est vous qui, dans vos œuvres pieuses, dans vos heureux travaux, avez divisé en quatre parties la coupe unique (du sacrifice).

3. Vous avez divisé la coupe en quatre parties. « Ami, » avez-vous dit (à Agni), « fais cette distinction. » Ainsi, ô Vâdjas, ô Ribhous à la main industrieuse, vous êtes entrés dans la voie de l’immortalité, (vous avez obtenu) le rang de Dévas.

4. Quelle était donc la nature de cette coupe que votre sagesse a divisée en quatre parties ? Prenez ces libations qui inspirent la joie. Buvez, ô Ribhous, de ce doux soma.

5. Par votre adresse vous avez rendu la jeunesse aux deux (grands) parents. Par votre adresse vous avez fait une coupe qui devait servir aux dieux pour la libation. Par votre adresse vous avez formé les deux chevaux rapides qui traînent Indra, ô Ribhous honorés par des mets choisis.

6. Pour celui qui, vers la fin des jours, offre, pour votre plaisir, de nombreuses libations, dans les transports de votre joie, ô généreux Ribhous, formez une opulence forte et vigoureuse.

7. Ô Indra, traîné par des coursiers azurés, bois la libation du matin ; le sacrifice de midi est à toi tout entier. Bois (la libation du soir) avec les Ribhous, possesseurs de riches trésors et qui par leurs bonnes œuvres sont devenus tes amis.

8. Oui, par vos bonnes œuvres, vous vous êtes faits Dévas, et, tels que des éperviers, vous vous êtes placés dans le ciel. Fils de Soudhanwan, enfants de la Force, versez sur nous vos trésors, vous qui avez obtenu le titre d’Immortels.

9. Ô Ribhous à la main industrieuse, si par vos heureux travaux vous avez fait ce troisième sacrifice que nous accompagnons de riches offrandes, que ces libations soient pour vous. Buvez, et que tous vos sens se trouvent satisfaits.


HYMNE IV.

Aux Ribhous, par Vamadéva.

(Mètres : Trichtoubh et Djagatî.)

1. Il vient de naître, ce char magnifique qui, sans avoir besoin de rênes, ni de chevaux, roule sur ses trois roues[7] au milieu des airs. Ô Ribhous, vous parez ainsi le ciel et la terre, et c’est là un grand témoignage de votre science divine.

2. C’est vous qui, dans vos sages méditations, avez fait ce char aux belles roues, incapable de s’éloigner de la route tracée. Ô Ribhous, (appelés aussi) Vâdjas, nous vous invitons aux libations de ce sacrifice.

3. Ô Ribhous, ô puissants Vâdjas, un titre noble et glorieux pour vous parmi les Dévas fut d’avoir rendu jeunes et vigoureux les deux (grands) parents vieux et infirmes.

4. Vous avez divisé une coupe unique en quatre parties ; vous avez par vos œuvres recouvert une vache d’une peau (nouvelle). Ce sont là vos titres de gloire ; c’est ainsi, ô Ribhous, ô Vâdjas, que vous avez obtenu parmi les Dévas le nom d’Immortels.

5. L’opulence la plus glorieuse, la plus abondante, est celle que donnent les Ribhous, celle que produisent les illustres Vâdjas. Elle devient un objet digne d’envie, elle mérite d’être célébrée dans les sacrifices, la (fortune)[8] que forme Vibhwan et que vous protégez.

6. Il est fort et intrépide, il est sage et prudent, il est vaillant, (habile) archer et invincible dans les combats, il possède l’ornement de la richesse et les avantages d’une mâle famille, celui que protégent Vâdja et Vibhvan, celui que défendent les Ribhous.

7. Votre beauté s’est développée à nos yeux, et avec elle notre hymne. Ô Vâdjas, ô Ribhous, acceptez nos hommages. Vous êtes remplis de prudence, de sagesse, de science. C’est vous que nous invoquons dans ce sacrifice.

8. Écoutez nos prières ; vous savez quels sont les biens qui conviennent aux hommes. Ribhous, donnez-nous une riche et brillante opulence, une abondance forte et virile.

9. Accordez-nous de la famille et des richesses ; apportez-nous ici la gloire des héros. Donnez-nous, ô Ribhous, ces ressources fécondes et variées qui peuvent nous assurer sur tous les autres la supériorité.


HYMNE V.

Aux Ribhous, par Vamadéva.

(Mètres : Trichtoubh et Anouchtoubh.)

1. Ô divins Vâdjas, et toi, Ribhoukchas, venez à notre sacrifice par les voies que parcourent les dieux. Recevez le sacrifice offert par ces enfants de Manou, et dans votre reconnaissance donnez-nous des jours sereins.

2. Prenez à cœur ces sacrifices ; qu’ils plaisent aujourd’hui à votre âme : qu’ils se présentent formés (des libations) d’un beurre pur. Que ces liqueurs coulent abondamment pour vous, et qu’en vous charmant elles augmentent votre force et votre adresse.

3. Ô Vâdjas, ô Ribhouchchas[9], (les offrandes) réservées aux dieux au moment du troisième sacrifice vous sont présentées, ainsi que l’hymne qui vous célèbre. Tel que Manou, je vous verse le soma, entouré du peuple et de ses chefs glorieux.

4. Fils (adoptifs) d’Indra, enfants de la Force, soyez robustes et bienfaisants : montés sur un char brillant, vous poussez de vigoureux coursiers, et votre face est dure comme le fer. Pour votre bonheur a été fondé ce dernier sacrifice.

5. Ô Ribhoukchas, nous vous demandons une opulence digne de vous, qui nous donne la force dans le combat et nous seconde (dans le péril), qui soit pleine de puissance et de générosité, et heureuse en bons coursiers.

6. Que le mortel que vous protégez, ô Ribhous, vous et Indra, soit distingué dans ses œuvres, libéral dans les sacrifices, fameux pour ses coursiers.

7. Ô Vâdjas, ô Ribhoukchas, enseignez-nous les voies du sacrifice. Sages honorés, (donnez-) nous la force d’être partout vainqueurs, de quelque côté du ciel (que vienne le mal)[10].

8. Ô Ribhous, ô Ribhoukchas, et toi, ô Indra, et vous, (dieux) véridiques[11], donnez-nous donc, à nous, (pauvres) mortels, des trésors, des chevaux et tout ce qui fait un homme magnifique.


HYMNE VI.

Au Soleil, appelé Dadhicrâs[12], par Vamadéva.

(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô (Mitra et Varouna)[13], parmi tous les dons que vous avez faits jadis à Trasadasyou[14], et qu’il a légués aux enfants de Poûrou[15], il en est un remarquable : c’est ce terrible (cheval), vigoureux[16] vainqueur des Dasyous, et qui gagne (pour nous) des terres et des domaines.

2. Vous lui avez donné le cheval Dadhicrâs, auteur de tant de prouesses et gardien de tous les hommes, vif, rapide, impétueux, héros à la forme resplendissante, et, tel qu’un roi puissant, capable de déchirer ses ennemis.

3. Comme (l’eau descend) de la colline, tel il s’élance ; et tous les Poûrous le chantent et l’honorent. Il semble de ses pieds dévorer l’espace, héros aussi léger que le nuage, aussi rapide que le char, aussi prompt que le vent.

4. Dans les combats qu’il livre (contre les Dasyous) il se jette au plus épais de la mêlée, et disparaît au milieu des vaches (célestes)[17]. Bientôt développant toute sa virilité, à la vue de nos sacrifices, il repousse nos ennemis et entoure (de sa protection) les œuvres d’Ayou[18].

5. Ainsi, le voyant dans les batailles, les ennemis poussent un cri, comme à l’aspect du brigand qui dépouille (le voyageur), ou de l’épervier affamé qui s’abat sur un cadavre ou sur un troupeau.

6. Ainsi, dans l’ardeur d’attaquer cette (armée ennemie), il s’avance le premier à la tête des chars (de bataille). Paré de guirlandes, comme (un coursier) ami des peuples, il brille, battant la poussière et mordant son frein.

7. Ainsi, ce coursier fort et juste, au corps souple dans les combats, à l’attaque impétueuse contre les impétueux (Asouras), au pas rapide, forme un tourbillon de poussière qui s’élève au-dessus de son front orgueilleux.

8. Ainsi, ces assaillants terribles tremblent devant lui, comme si le ciel tonnait : il attaque mille ennemis à la fois, invincible, formidable et superbe.

9. Ainsi, les peuples célèbrent la force et la victoire de ce (coursier) rapide, qui remplit les vœux des mortels. Ainsi, c’est à lui que les combattants s’adressent : « Que Dadhicrâs arrive avec ses mille (compagnons) ! »

10. Dadhicrâs par sa puissance développe les cinq espèces d’êtres[19], comme le soleil par ses rayons développe les ondes. Que ce coursier qui appointe avec lui et cent et mille présents, vienne à nous, et fasse tomber sur mes paroles le miel (de sa munificence).


HYMNE VII.

À Dadhicrâs, par Vamadéva.

(Mètres : Trichtoubh et Anouchtoubh.)

1. Louons le rapide Dadhicrâs. Honorons le Ciel et la Terre. Que les Aurores se lèvent pour me protéger ; et qu’elles me fassent éviter tous les maux.

2. Pieux serviteur, j’honore le grand Dadhicrâs, généreux, adorable, aussi brillant qu’Agni, sauveur dévoué que Mitra et Varouna ont donné aux enfants de Poûrou.

3. Qu’Aditi[20] exempte de toute espèce de mal celui qui devant les feux d’Agni, au lever de l’Aurore, honore le coursier Dadhicrâs. Que celui-ci partage les joies de Mitra et de Varouna.

4. Si nous faisons en l’honneur du grand Dadhicrâs des libations et des offrandes, n’oublions pas aussi d’invoquer les Marouts. Demandons les bénédictions de Varouna, de Mitra, d’Agni, d’Indra dont le bras porte la foudre.

5. Avec un saint empressement les (hommes), prêtres et pères de famille, accourent au sacrifice et implorent (Dadhicrâs) à l’égal d’Indra. Mitra et Varouna, c’est vous qui nous avez donné ce coursier, bienfaiteur des mortels.

6. J’honore le coursier Dadhicrâs, robuste et vainqueur. Que nos bouches n’aient prononcé que des prières efficaces. Que nos jours soient heureusement prolongés !


HYMNE VIII.

À Dadhicrâs, par Vamadéva.

(Mètres : Trichtoubh et Djagatî.)

1. Honorons Dadhicrâs ; que toutes les Aurores me protégent. (Honorons) les Ondes, Agni, l’Aurore, le Soleil, Vrihaspati[21] vainqueur, et fils d’Angiras.

2. Qu’il désire nos offrandes, ce coursier généreux, qui aime les combats, qui conquiert les vaches, qui se plaît dans nos pompes sacrées, et appelle vers nous l’abondance et les Aurores. Que Dadhicrâs, juste, prompt, impétueux, rapide, produise (pour nous) la fertilité, la force, le bonheur.

3. À la vivacité de ce Dadhicrâs, on dirait l’oiseau de proie qui frappe l’air de son aile empressée ; on dirait l’épervier qui plane dans le ciel. Tel est Dadhicrâs robuste et triomphant.

4. Ainsi, ce coursier poursuit sa carrière. Son col, son poitrail, sa bouche sont ornés de liens. Que Dadhicrâs achève son œuvre puissante, et qu’il s’élance dans les larges voies (du ciel).

5. (Dadhicrâs est l’être qu’on appelle) Hansa[22], qui est notre soutien, et qui, siégeant au séjour de la lumière et dans l’air, siége encore, comme sacrificateur, dans le lieu saint, et, comme hôte, dans nos maisons ; qui, demeurant au milieu des hommes, s’établit à la meilleure des places, dans le sacrifice, sous la voûte céleste, né des ondes, des vaches (divines)[23], de l’œuvre sainte, du mortier (sacré), enfin la Pureté même.


HYMNE IX.

À Indra et Varouna, par Vamadéva.

(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô Indra et Varouna, quel hymne, accompagné d’holocaustes, et tel (pour vous) que l’immortel sacrificateur, est capable d’obtenir votre faveur ? Ô Indra et Varouna, que cet hymne, parti de notre bouche et rempli de nos hommages et de nos prières, aille toucher votre cœur.

2. Ô dieux amis, Indra et Varouna, le mortel qui, pour obtenir votre bienveillance, vous a présenté ses offrandes, devient dans les combats le vainqueur de ses ennemis : il est renommé pour sa puissance.

3. Ô Indra et Varouna, vous répandez vos bienfaits sur les hommes qui vous louent ; vous répondez par votre amitié à l’amitié de ceux qui vous réjouissent par leurs libations et leurs offrandes.

4. Ô Indra et Varouna, (dieux) terribles, vous lancez la foudre lumineuse et puissante contre l’ennemi. Faites sentir votre force victorieuse à ce tyran superbe et cruel.

5. Ô Indra et Varouna, rendez notre prière féconde comme le taureau (féconde) la vache. Que cette Prière fasse couler sur nous son lait abondant, telle que sur le gazon une noble vache aux mille jets savoureux.

6. Ô Indra et Varouna, (dieux) brillants, donnez-nous des enfants et des petits-enfants, des terres, un éclat pareil à celui du soleil, une heureuse virilité. Venez ici à notre secours au moment de l’aurore.

7. Nous demandons les vaches (célestes), et nous réclamons votre antique secours, votre (constante) amitié, ô vous, amis fidèles et puissants, héros généreux et magnifiques : (soyez pour nous) comme deux pères.

8. Ô (dieux) bienfaisants, les Prières, dans leur ardeur de se joindre à vous, ont l’air de lutter entre elles pour vous prêter des forces. Nos Invocations et nos Chants viennent vers Indra et Varouna, comme les vaches (du sacrifice) vers le soma qui les embellit.

9. Oui, mes chants montent jusqu’à Indra et Varouna, et désirent leurs bienfaits. Tels (autour de leur seigneur) s’assemblent des serviteurs avides de richesses, de faibles femmes demandant leur nourriture.

10. Puissions-nous être possesseurs d’une opulence constante ! Puissions-nous avoir et des chevaux et des chars ! Que ces (dieux), dans leur course toujours propice, nous envoient des richesses et de (belles) montures !

11. Ô Indra et Varouna, soyez pour nous de généreux auxiliaires, et arrivez pour le combat qui nous promet d’abondantes dépouilles. Déjà les armes brillent dans cette mêlée. Puissions-nous recueillir les fruits de cette guerre !


HYMNE X.

À Indra et Varouna, par Trasadasyou[24].

(Mètre : Trichtoubh.)

1. (Varouna[25] parle.) Immortels, la royauté qui s’exerce sur nous tous se partage entre moi (et le dieu) Kchatriya[26], auteur de toute existence. Les dieux coopèrent à l’œuvre de Varouna. Je suis le roi de mes collègues.

2. Je suis le roi Varouna ; en moi résident toutes les forces vitales. Les dieux coopèrent à l’œuvre de Varouna. Je suis le roi de mes collègues.

3. Je suis Indra et Varouna ; je suis ces deux mondes, grands, beaux, larges et profonds. Tel que Twachtri, j’ai dans ma sagesse donné le mouvement à toute la nature. J’ai soutenu le ciel et la terre.

4. J’ai répandu les eaux purifiantes ; j’ai placé l’être lumineux au foyer du sacrifice. Par le sacrifice (est né) le brillant fils d’Aditi, qui a développé les trois mondes.

5. Les chefs aux nobles coursiers et ardents aux combats, les guerriers, au milieu de la mêlée, m’invoquent. Je suis Maghavan, je suis Indra, je préside aux batailles, je soulève la poussière (de la plaine), doué d’une force victorieuse.

6. C’est moi qui ai fait cet univers. Personne ne peut résister à ma puissance divine et invincible. Quand je suis enivré du soma et (du bruit) des hymnes, les deux mondes, dans leur immensité, tremblent (devant moi).

7. (Le poëte répond.) Tous les mondes te connaissent. Ô sage Varouna, ce que tu dis de toi est vrai. On te célèbre comme vainqueur de tes ennemis ; (tu es) Indra, et tu as délivré les Ondes.

8. Après la mort du fils de Dourgaha[27], nous avons eu pour pères les sept Richis. À l’épouse (de Pouroucoutsa) ils ont donné Trasadasyou, qui ressemble à Indra, et qui est vainqueur de Vritra et demi-dieu.

9. Ô Indra et Varouna, Pouroucoutsani[28] vous a honorés par ses holocaustes et ses invocations. C’est ainsi qu’elle a obtenu de vous Trasadasyou, vainqueur de Vritra et demi-dieu.

10. En récompense de nos libations et de nos holocaustes, puissions-nous, heureux Dévas, jouir de la richesse, comme les vaches (jouissent) de l’herbe du pâturage ! Ô Indra et Varouna, écartez de nous (le mal), et donnez-nous chaque jour la vache (de l’abondance).


HYMNE XI.

Aux Aswins, par Pouroumilha et Djamilha, fils de Souhotra.

(Mètre : Trichtoubh.)

1. Quel dieu va nous entendre ? Parmi ces (protecteurs) dignes de nos sacrifices, quel est celui qui accueillera notre hymne ? En l’honneur de quelle (divinité) ferons-nous entendre cette sainte louange, qui va au cœur et qu’accompagne l’holocauste ?

2. Parmi les dieux quel est le mieux disposé à venir nous visiter ? Qui fera notre bonheur ? Quel est le plus fortuné ? Quel est ce char fameux et léger, traîné par de rapides coursiers, que la fille du Soleil[29] a préféré ?

3. Au moment de l’aurore, vous venez vous unir aux Jours, comme Indra à la Puissance[30]. (Êtres) divins, ailés, nés du Ciel, de quelle œuvre merveilleuse vous êtes chargés !

4. Quel éloge peut égaler votre mérite ? Ô Aswins ! par quelle prière vous inviterons-nous à venir ? Qui est capable de soutenir votre indignation ? Doux et nobles défenseurs, délivrez-nous.

5. Votre char couvre au loin le ciel, en roulant avec vous à travers l’océan (des airs). Que (nos prêtres) vous apportent leurs mets (consacrés) et leurs grains d’orge, et tâchent, ô doux (protecteurs), de mériter par le miel (de leurs libations) le miel (de vos bienfaits).

6. Que l’onde (des libations) arrose vos chevaux ; que ces coursiers ailés poursuivent avec splendeur leur carrière. Nous reconnaissons la présence de ce char rapide qui vous a rendus les maîtres de la fille du Soleil.

7. (Dieux) équitables et véridiques, si par mes sacrifices j’ai pu vous plaire, que notre prière devienne pour nous un trésor d’abondance ! Protégez votre chantre. Que notre désir arrive jusqu’à vous !


HYMNE XII.

Aux Aswins, par Pouroumilha et Djamilha.

(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô Aswins, nous voulons invoquer aujourd’hui votre char large et rapide, qui marche de concert avec la Vache (lumineuse) ; qui sur son banc (merveilleux) transporte la fille du Soleil ; (char) célébré dans nos hymnes, et chargé de biens et de richesses.

2. Divins Aswins, enfants du Ciel, ce sont les œuvres (saintes) qui vous donnent cette beauté. Les Offrandes embrassent votre forme, et les Hymnes vous placent sur votre char.

3. Qui va aujourd’hui vous honorer avec l’holocauste, et, demandant votre secours, vous convier par l’hymne (sacré) à boire le soma ? Qui, par ses invocations, appellera vos regards, ô Aswins, sur l’ancien ministre du sacrifice ?

4. Puissants et véridiques (Aswins), venez à nos cérémonies sur votre char d’or. Prenez le miel de notre soma, et versez vos bienfaits sur le peuple qui vous honore.

5. Oui, sur ce char d’or, (sur ce char) roulant venez à nous et du ciel et de la terre. Que d’autres, par leurs hommages, se gardent de vous prévenir. Ne sommes-nous pas vos plus anciens serviteurs ?

6. (Dieux) protecteurs, accordez-nous, à nous deux, une large opulence, soutenue par une forte famille. Ô Aswins, quand les Pouroumîlhas vous chantent, les Djamilhas chantent avec eux.

7. (Dieux) équitables et véridiques, si par mes sacrifices j’ai pu vous plaire, que notre prière devienne pour nous un trésor d’abondance ! Protégez votre chantre. Que notre désir arrive jusqu’à vous !


HYMNE XIII.

Aux Aswins, par Vamadéva.

(Mètres : Trichtoubh et Djagatî.)

1. L’astre lumineux se lève ; il s’attelle, le char[31] qui roule autour du foyer où brille (Agni). Sur ce (char) sont placées les trois offrandes présentées au couple (divin) ; on y distingue aussi le quatrième vase des libations[32].

2. Au lever de l’aurore, les Offrandes, aussi douces que le miel, s’élèvent rapides et légères ; leur vertu[33] repousse les ténèbres qui les environnent, et projette au loin dans l’air des lueurs éclatantes.

3. Que votre bouche se plaise à goûter le miel de nos libations, et attelez votre char pour venir le prendre. (À votre tour) répandez aussi sur votre route, sur nos maisons, le miel dont vous portez vous-mêmes, ô Aswins, le vase agréable.

4. Avec vos coursiers aux ailes d’or, rapides, doux, innocents, s’éveillant avec l’aurore, humides de rosée, heureux (de notre soma) et disposés à faire des heureux, venez à nos sacrifices, comme les mouches (viennent chercher) le miel.

5. Ô bienfaisants Aswins, les Feux, avec leurs douces offrandes et leurs heureuses invocations, vous célèbrent le matin, (à cette heure) où, d’une main purifiée, sage et empressé, j’extrais du mortier le soma savoureux.

6. (Nos) rayons[34], avec le jour, repoussent (les ténèbres), et projettent au loin dans l’air des lueurs éclatantes. Le Soleil attelle ses coursiers, et apparaît. (Ô Aswins), prenez la force de la Swadhâ, et suivez toutes les voies qui vous sont ouvertes.

7. Ô Aswins, dans mon hymne pieux j’ai célébré votre char immortel, qui, traîné par de superbes coursiers, vous transporte autour des mondes. Venez prendre nos holocaustes, et devenez nos sauveurs.


HYMNE XIV.

À Indra et Vayou, par Vamadéva.

(Mètre : Gâyatrî.)

1. Ô Vâyou, sois le premier dans nos saints jours à boire la douce libation. Tu mérites cette prérogative.

2. Appelé par nos innombrables désirs, attelle tes coursiers, ô Vâyou, assieds-toi sur le même char qu’Indra, et goûtez tous deux de notre soma.

3. Ô Indra et Vâyou, que vos mille coursiers vous amènent à nos mets (sacrés) et à nos libations de soma.

4. Ô Indra et Vâyou, montez sur ce char au siége d’or, qui touche le ciel et que célèbrent nos sacrifices.

5. Ô Indra et Vâyou, sur ce char large et solide approchez-vous de votre serviteur, et venez en ces lieux.

6. Ô Indra et Vâyou, ce soma (est prêt) ; (venez) dans la maison de votre serviteur vous réjouir avec les Dévas, et boire nos libations.

7. Ô Indra et Vâyou, dirigez-vous de ce côté, que vos (coursiers) soient lancés pour vous amener à nos libations de soma.


HYMNE XV.

À Indra et Vayou, par Vamadéva.

(Mètre : Anouchtoubh.)

1. Ô Vâyou, brillant (des feux du sacrifice), je te présente nos douces libations. (Sois) le premier (à les recevoir) dans ces saints jours. Ô dieu, nous te désirons ; attelle tes coursiers, et viens boire notre soma.

2. Ô Indra et Vâyou, vous méritez l’honneur de goûter de ces breuvages (sacrés). Ils coulent vers vous qui nous protégez, comme les ondes (coulent) vers la vallée.

3. Ô Indra et Vâyou, maîtres puissants de la Force, vous êtes portés sur le même char ; pressez vos coursiers pour venir à notre secours et à nos libations de soma.

4. Ô Indra et Vâyou, héros qui aimez à prendre votre part de nos sacrifices, donnez-nous, (donnez) à votre serviteur ces coursiers qui vous appartiennent, et qui font l’objet de tous les désirs.


HYMNE XVI.

À Vayou, par Vamadéva.

(Mètre : Anouchtoubh.)

1. Visite les sacrifices du père de famille, (sacrifices) nouveaux et riches en présents. Ô Vâyou, sur ton beau char, viens boire le soma.

2. Tu peux briser tes ennemis ; et, attelant tes coursiers, tu montes sur le même char qu’Indra. Ô Vâyou, sur ton beau char, viens boire le soma.

3. Les deux (corps) azurés qui contiennent tous les trésors et portent toutes les formes poursuivent leur carrière. Ô Vâyou, sur ton beau char, viens boire le soma.

4. Que tes quatre-vingt-dix-neuf coursiers[35] aussi rapides que la pensée, t’amènent (ici). Ô Vâyou, sur ton beau char, viens boire le soma.

5. Ô Vâyou, attelle tes cent chevaux magnifiques. Ô Vâyou, sur ton beau char, viens boire le soma.

6. Ainsi, que ton char solide arrive avec tes mille présents. Ô Vâyou, sur ton beau char, viens boire le soma.


HYMNE XVII.

À Indra et Vrihaspati, par Vamadéva.

(Mètre : Gâyatrî.)

1. Ô Indra et Vrihaspati, dans votre bouche je place mon holocauste. En votre honneur (je chante) cet hymne et (verse) ce soma.

2. Ô Indra et Vrihaspati, pour vous je répands cette libation. Buvez, et que sa douceur vous enivre.

3. Ô Indra et Vrihaspati, vous aimez le soma ; venez ensemble dans ma maison boire celui que je vous offre.

4. Ô Indra et Vrihaspati, donnez-nous une opulence qui nous procure des centaines de vaches, des coursiers, des milliers de biens.

5. Ô Indra et Vrihaspati, nous avons versé le soma ; nous vous invitons par nos hymnes à venir le boire.

6. Ô Indra et Vrihaspati, buvez le soma dans la maison de votre serviteur. Venez en ces lieux, et livrez-vous à la joie.


HYMNE XVIII.

À Indra et Vrihaspati, par Vamadéva.

(Mètres : Trichtoubh et Djagatî.)

1. Vrihaspati a par sa force fixe les régions terrestres[36] ; il siége avec bruit sur trois foyers ; sa langue caresse (nos libations) ; et ce sont les sages, brillant (des feux du sacrifice), les anciens Richis, qui l’ont élevé sur ce trône.

2. Ô Vrihaspati, (les prêtres) qui nous dirigent et qui, par le sacrifice, réjouissent ton cœur, ont la force de dissiper (nos ennemis). Ô Vrihaspati, garde le foyer de ce (père de famille), (foyer) large, inviolable, d’où par un chemin sinueux s’élance Agni[37], et où abondent les offrandes.

3. Ô Vrihaspati, que ces (dieux) qui aiment le sacrifice viennent s’asseoir (ici) de la (région) élevée et lointaine (où ils demeurent). En ton honneur coulent ces flots abondants d’un jus savoureux et extrait du mortier, en même temps que l’hymne résonne.

4. Vrihaspati naît d’abord dans le noble berceau du grand être lumineux. Doué de sept bouches[38], il a des existences variées ; et, brillant de sept rayons, il triomphe avec bruit des ténèbres.

5. Vrihaspati, resplendissant et excité par le chant des hymnes, frappe avec un frémissement sonore Bala, qui retient le nuage fécond. Il crie, et délivre ces vaches qui le désirent et fournissent à nos holocaustes.

6. Ainsi, par nos sacrifices, nos invocations, nos offrandes, honorons l’être bienfaisant qui est notre père et qui renferme en lui tous les dieux. Ô Vrihaspati, puissions-nous avoir une belle lignée, une forte famille ! Puissions-nous être maîtres de la richesse !

7. Il est sûr, par sa force et sa puissance, de l’emporter sur tous ses ennemis, le roi qui soutient (par ses offrandes) le (dieu) capable de tout soutenir, qui l’honore et le célèbre avant tous.

8. Il demeure bien établi dans sa maison, il voit Ilâ[39] lui prodiguer toute espèce de biens, et son peuple obéir à ses commandements, le roi qui préfère à tous le (dieu) sacrificateur[40].

9. Il est invincible, il réunit en sa personne les biens de ses ennemis et ceux de sa nation, le roi qui consacre sa richesse pour le (dieu) sacrificateur et disposé à nous secourir. Tous les Dévas le conservent.

10. Ô Indra et Vrihaspati, buvez notre soma ; source de tout bien, réjouissez-vous dans notre sacrifice. Que nos heureuses libations vous pénètrent. Accordez-nous une opulence que soutienne toute espèce de force.

11. Ô Indra et Vrihaspati, faites notre bonheur. Que votre bienveillance nous accompagne. Exaucez nos prières. Donnez l’éveil à nos hymnes. Détruisez les ennemis du père de famille et de vos serviteurs.

  1. Voy. page 51, col. 1, note 1.
  2. Je suppose que cette vache est la flamme du sacrifice, qui devient aussi la flamme du Soleil.
  3. Les Ribhous, en leur qualité de rayons du Soleil, y restent cachés douze jours ; c’est le temps des pluies, et ils semblent alors travailler à la fécondité de la terre. Voy. section II, lecture iii, hymne iv.
  4. Par ce mot le poëte désigne le sacrifice avec ses formes variées et son efficacité.
  5. Il est probable que le personnage de Ribhoukchas est le même que celui de Ribhou. Le mot Ribhouckhas est aussi une épithète d’Indra.
  6. Nous avons vu ailleurs (page 120, col. 2, note 5) que Parwata était le nuage personnifié. Le commentaire identifie ce mot avec Parwan, et dit que l’auteur désigne ici les époques du mois auxquelles on donne ce nom.
  7. Allusion aux trois stations du Soleil.
  8. Je n’ai pas cru pouvoir sous-entendre le mot tchamasa (coupe) ou ratha (char), comme le fait le commentaire.
  9. Le mot Ribhoukchas est ici au pluriel, Ribhoukchanas.
  10. Je ne pense pas que le poëte désigne ici le pouvoir surnaturel de traverser les régions célestes. Ce serait là une traduction littérale, mais que rien ne semble justifier.
  11. C’est-à-dire les Aswins, appelés Nâsatyas.
  12. Dadhicrâs est Agni ou plutôt le Soleil représenté sous la forme d’un cheval. C’est une épithète qui s’explique ainsi : venant vers le caillé du sacrifice.
  13. L’hymne qui suit fait voir qu’il faut sous-entendre Mitra et Varouna. Le commentaire suppose que c’est le Ciel et la Terre.
  14. Voy. page 110, col. 1, note 11.
  15. Un des fils d’Yayâti ; son nom s’emploie pour désigner la race humaine.
  16. Le commentaire donne au mot ghana le sens d’arme. J’ai pensé que ce vers se rapportait à Dadhicrâs.
  17. Le commentateur rend le mot gochou par dikchou (régions célestes).
  18. Comme Poûrou, Ayou est un nom général de la race humaine.
  19. Voy. page 45, col. 1, note 1.
  20. Aditi est la mère des Adityas. Dans cet hymne le commentaire rend le mot Marout par stotri (laudator).
  21. Vrihaspati est une forme d’Agni ; c’est le feu du sacrifice, et il est naturel qu’on le regarde comme un fils d’Angiras, qui est le sacrificateur.
  22. Hansa signifie cygne : c’est le nom par lequel certains philosophes désignent le premier être immatériel, le Paramâtmâ. Il semble ici être une épithète d’Agni.
  23. C’est-à-dire des libations.
  24. Trasadasyou est le Richi de cet hymne, c’est-à-dire celui qui parle et qui agit dans cette espèce de petit drame ; mais il ne saurait en être l’auteur, qui est probablement Vâmadéva.
  25. Le commentateur dit que la parole est à Trasadasyou. Le lecteur jugera si j’ai pu adopter cette idée. Trasadasyou est bien un héros demi-dieu : on le confond avec Mandhâtri, avatare d’Indra. Mais est-il possible de lui faire tenir le langage que l’on va entendre ?
  26. Ce mot signifie possesseur d’un Kchatra, d’un fief, et par conséquent guerrier. C’est une épithète qui convient à Indra, au dieu qui combat et qui est roi.
  27. Trasadasyou est fils de Pouroucoutsa, et petit-fils de Dourgaha. Après la mort de son père, il eut pour tuteurs sept Richis, que le commentaire semble indiquer comme étant ceux que l’on appelle Saptarchis.
  28. Nom de l’épouse de Pouroucoutsa. Par le conseil des Richis, elle a honoré Indra et Varouna, qui lui ont donné Trasadasyou.
  29. Voy. page 115, col. 1, note 1.
  30. Appelée Sakti.
  31. Ce n’est point le char des Aswins que le poëte désigne ici ; c’est le char du sacrifice, attelé par le prêtre en l’honneur de ces divinités, et qui a pour carrière le foyer où brûle Agni. Le commentateur n’est pas de mon avis. Dyou est pour lui Aditya.
  32. Ces trois offrandes sont celles qui se font aux trois époques de la journée. La quatrième me semble celle dont il a été question dans les hymnes aux Ribhous, quand on y dit que la coupe du sacrifice a été divisée en quatre parties.
  33. Les offrandes jetées sur le feu augmentent son activité ; elles font briller ses rayons, qui se répandent sur tout le monde.
  34. J’entends que ce sont les rayons du sacrifice dont il est question dans la note précédente.
  35. C’est un nombre attribué ailleurs aux torrents célestes. Voy. page 61.
  36. Cette idée est obscure. Je crois que le poëte fait allusion au soin que doit avoir le sacrificateur d’orienter ses foyers : Tastambha djmâ antân.
  37. J’ai rendu de cette manière le mot sripra, qui littéralement signifie serpent. Il m’est venu l’idée que cette épithète pourrait bien représenter la forme même du foyer, dont Stevenson donne la description dans la préface de sa traduction du Sâma-Véda.
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  38. Vrihaspati est Agni sacrificateur ; ses sept bouches sont les sept Tchhandas ou mètres poétiques.
  39. C’est le nom ou de la Terre ou de la déesse du sacrifice.
  40. La phrase pourrait se traduire de manière à faire croire à un antagonisme déjà existant entre le prêtre et le roi. J’ai cru devoir restreindre le sens, et le réduire à une comparaison naturelle entre un dieu et un prince. La théocratie de cette époque me paraît douteuse. Cependant le rapprochement, dans cette strophe et la suivante, entre Brahman et Râdjan, est formel, et les brahmanes des âges suivants, en forçant le sens, ont pu s’en prévaloir.