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Rig Véda ou Livre des hymnes/Section 3/Lecture 8

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Traduction par Alexandre Langlois.
Bibliothèque Internationale Universelle (p. 260-269).

LECTURE HUITIÈME.

HYMNE I.

À l’Aurore, par Vamadéva.

(Mètre : Trichtoubh.)

1. Qu’à l’orient le grand astre, plein de lumière et de beauté, sorte du sein des ténèbres. Que les Aurores, brillantes filles du Ciel, fassent lever le genre (humain).

2. Que les magnifiques Aurores apparaissent à l’orient, comme les poteaux (sacrés) dans nos cérémonies. Pures et resplendissantes, qu’elles ouvrent, à leur lever, les portes du pâturage ténébreux.

3. Que les riches Aurores, en se levant aujourd’hui, éclairent les hommes pieux dans l’œuvre de leur libéralité (religieuse). Que les avares dorment, sans être éveillés, au sein des obscures ténèbres.

4. Divines et opulentes Aurores, puisse aujourd’hui vous satisfaire cet hymne perpétuel, ou le char (du sacrihce que nous attelons) pour vous, et sur lequel vous brillez avec éclat par les soins des Angiras aux sept bouches, (surnommés) Dasagwas et Navagwas[1] !

5. Avec vos coursiers, amis de nos sacrifices, vous parcourez rapidement les mondes, ô divines Aurores, éveillant pour le mouvement les bipèdes et les quadrupèdes endormis.

6. Qu’est devenue l’Aurore antique qui a reçu la première l’hommage des Ribhous ? Dans leur cours brillant et fortuné, les Aurores ne sauraient être distinguées.

7. Oui, sans doute, il fut jadis d’heureuses Aurores, fécondes en bienfaits et justement honorées par le sacrifice, dans lesquelles le pieux sacrificateur a reçu le prix de ses chants, de ses hymnes, de ses louanges.

8. Les Aurores accourent de l’orient toujours semblables à elles-mêmes, toujours répandant les mêmes biens, toujours célébrées comme les divines messagères du sacrifice et de l’assemblée (pieuse), comme les guides qui amènent les vaches (célestes)[2].

9. Elles vont donc, ces Aurores toujours pareilles, toujours ornées des mêmes couleurs, pures, vives, éclatantes et de leurs corps brillants voilant la noire immensité.

10. Lumineuses et divines filles du Ciel, donnez-nous une opulence accompagnée d’une heureuse famille. Éveillés par vous, que votre bienveillance nous rende les maîtres d’une forte puissance.

11. Filles du Ciel, brillantes Aurores, voilà les vœux que je vous adresse, moi, le héraut du sacrifice. Puissions-nous être glorieux au milieu des nations ! Que le Ciel, que la Terre divine nous accordent cette grâce !


HYMNE II.

À l’Aurore, par Vamadéva.

(Mètre : Trichtoubh.)

1. Guide fortuné et mère (féconde), la fille du Ciel se lève et apparaît à la place de sa sœur.

2. Belle, juste, brillante, l’Aurore (s’élance) telle qu’une cavale ; elle est la mère des vaches (célestes), et l’amie des Aswins.

3. Oui, tu es l’amie des Aswins. Oui, tu es la mère des vaches (célestes). Oui, Aurore, tu règnes sur la richesse.

4. Tu aimes les hymnes, et par nos chants nous t’éveillons pour avoir un appui contre nos ennemis.

5. Tes splendeurs fortunées apparaissent, et nous amènent les vaches (célestes). L’Aurore a rempli (le ciel) d’une vaste lumière.

6. Ô brillante Aurore, de tes voiles lumineux tu as couvert les ténèbres. Accepte notre offrande.

7. Ô Aurore, tu étends tes rayons sur le ciel. (Tu sèmes) dans les espaces de l’air où tu règnes tes lueurs étincelantes.


HYMNE III.

À Savitri, par Vamadéva.

(Mètre : Djagatî.)

1. Nous consacrons ce noble hommage au divin et sage Savitri, qui donne la vie[3]. Que ce grand dieu, avec les rayons du jour[4], nous accorde la protection dont il daigne honorer son serviteur.

2. Savitri est le soutien du Ciel, et le père du monde ; dans sa sagesse, il revêt sa cuirasse d’or ; il étend, il répand (ses rayons), et sa haute prudence enfante et propage le bonheur, que célèbrent nos chants.

3. Le divin Savitri remplit les mondes divins et les mondes terrestres ; il glorifie lui-même son œuvre. Il étend ses bras[5] pour embrasser la nature ; il la pénètre, il la féconde de ses rayons.

4. Le divin Savitri, invincible et resplendissant, surveille les œuvres de ses créatures. Il tend ses bras vers les êtres qui couvrent le monde, et, ferme dans ses desseins, il est roi de ce vaste univers. »

5. Savitri a partagé l’air en trois mondes brillants[6], qu’il entoure de sa grandeur ; il a étendu trois cieux, trois terres, et triple est l’œuvre par laquelle il nous prouve sa puissance.

6. Savitri est l’auteur et le maître de tous les êtres, animés et inanimés. Que ce dieu nous accorde sa triple protection, qui nous délivre du mal !

7. Qu’il vienne, le divin Savitri, avec les Ritous ; qu’il augmente notre maison ; qu’il nous donne avec l’abondance une heureuse lignée. Qu’il nous défende nuit et jour. Qu’il nous accorde une opulence fondée sur une nombreuse famille.


HYMNE IV.

À Savitri, par Vamadéva.

(Mètre : Trichtoubh.)

1. En ce moment du jour apparaît le divin Savitri, digne de nos hommages, digne de nos prières. (Invoquons) celui qui est le bienfaiteur des hommes, pour qu’il daigne nous ouvrir ses trésors.

2. En premier lieu, tu accordes aux Dévas, qu’honorent avec raison nos sacrifices, la plus belle des parts, l’immortalité. Mais, ô Savitri, tu sais aussi, pour plaire à ton serviteur, répandre sur la race humaine les biens qui lui sont nécessaires.

3. Si par notre ignorance, par la pauvreté de nos offrandes, par un orgueil naturel à l’homme, nous avons commis quelque faute contre la race divine, ô Savitri, devant les Dévas et les hommes, montre ici que nous sommes sans péché.

4. Que l’œuvre du divin Savitri, par laquelle il soutient tout le monde, n’éprouve aucune atteinte. Nous ne pouvons que louer la bonté de tout ce que fait (ce dieu) aux longs bras et sur cette large terre et dans le ciel immense.

5. Ô Savitri, tu produis toutes ces demeures (qui s’étendent) au-dessus de ces vastes nuages, ces mondes dont le plus élevé est celui d’Indra. Comme ils ont marché, ils s’arrêtent aussi à la volonté de leur créateur.

6. Trois fois par jour, ô Savitri, des libations ont lieu en ton honneur, et sont (pour les mortels) une source constante de bonheur. Qu’Indra, le Ciel et la Terre, la Mer avec les Ondes, Aditi avec les Adityas, nous accordent leur protection.


HYMNE V.

Aux Viswadévas, par Vamadéva.

(Mètres : Trichtoubh et Gâyatrî.)

1. Ô Vasous, qui de vous est notre sauveur, notre défenseur ? Ciel et Terre, Aditi, Varouna, Mitra, protégez-nous contre un mortel trop puissant. Ô Dieux, qui d’entre vous nous donnera dans le sacrifice les biens que nous demandons ?

2. Ô Que ces (dieux) qui illuminent les demeures orientales quand ils se lèvent, sages et sauveurs, reçoivent (nos présents), disposés à nous soutenir ; et immortels, équitables, qu’ils brillent avec éclat.

3. Je chante la grande Aditi, la Mer, la divine Swasti[7] : qu’elles nous soient favorables. Aurore et Soir, Nuit et Jour, soyez à l’abri de tout danger et conservez-nous.

4. Qu’Aryaman, que Varouna connaisse la voie (de notre sacrifice) ; qu’Agni, maître de l’offrande (sainte), suive une route convenable. Ô Indra et Vichnou, célébrés par nos hymnes, accordez-nous une protection pleine de force ; (donnez-nous) le bonheur et la puissance.

5. J’invoque les secours de Parwata, des Marouts, de Bhaga, sauveur divin. Que le maître du mal[8] (Varouna) nous délivre des dangers dont nous menacent nos semblables, et Mitra, des dangers que nous font courir nos amis.

6. Chantez le Ciel et la Terre avec Ahirboudhnya[9] ; (chantez) ces deux divinités avec les (dieux) amis qui amènent les eaux[10]. Jaloux de répandre leurs bienfaits, que ceux-ci, brillants et sonores, délivrent les rivières qui semblent pressées de courir à la mer.

7. Que la divine Aditi nous protége avec les Dieux. Qu’(Indra), dieu sauveur et vigilant, nous conserve. Nous ne pouvons dignement honorer ni Mitra, ni Varouna, ni Agni.

8. Agni est le maître de l’opulence, Agni (est le maître) du bonheur. Qu’il nous les donne en présent.

9. Aurore, bonne, riche et féconde, apporte-nous de nombreux trésors.

10. Que Savitri, Bhaga, Varouna, Mitra, Aryaman, Indra, viennent heureusement vers nous avec leurs richesses.


HYMNE VI.

Au Ciel et à la Terre, par Vamadéva.

(Mètres : Trichtoubh et Gâyatrî.)

1. Ô Ciel et Terre, (dieux) grands et bons, brillez au bruit de nos hymnes pieux, au moment où (Pardjanya), couvrant votre large surface, mêle ses mugissements au son des vents qui le poussent.

2. Dieux cléments et féconds, bons et justes, pères des dieux et dignes avec eux de nos sacrifices, directeurs de nos saintes cérémonies, arrêtez-vous ici au bruit de nos hymnes pieux.

3. Ce fut sans doute un excellent ouvrier celui qui, au milieu des mondes, a engendré le Ciel et la Terre, larges, beaux, brillants et profonds, uniques dans leur espèce[11], et qui, dans sa puissante sagesse, leur a donné un mouvement commun.

4. Ô Ciel et Terre, je vous invite à partager notre joie[12] et à venir prendre ces mets et ces offrandes que consacrent les épouses (des dieux)[13]. Larges, étendus, adorables, protégez-nous. Que la Prière devienne pour vos serviteurs comme un char favorable.

5. Ô Ciel et Terre, nous vous apportons notre tribut d’hymnes et d’heureuses invocations.

6. Vous déployez à l’envi l’un de l’autre la force de votre corps pur et brillant, et vous méritez sans cesse votre part dans nos sacrifices.

7. Grands (dieux), vous accomplissez, vous réalisez, vous comblez les vœux de celui qui est votre ami. Venez vous asseoir à notre sacrifice.


HYMNE VII.

À divers dieux, par Vamadéva.

(Mètres : Anouchtoubh, Trichtoubh et Poura-Ouchnih.)

1. Avec le maître de la plaine[14] pour ami, nous sommes sûrs de la victoire. Il donne à celui qui nous ressemble et vache, et cheval, et délices de tout genre.

2. Ô maître de la plaine, envoie-nous les eaux aussi douces que le miel, comme la vache nous cède son lait. Que les maîtres de la pureté[15] nous donnent des ondes non moins pures que le beurre qui tombe en flots de miel.

3. Que les plantes, que les cieux, les ondes, l’air, soient pour nous aussi suaves que le miel.

Que le maître de la plaine ait pour nous la douceur du miel. Honorons-le avec innocence de cœur.

4. Que le bonheur soit sur nos animaux, sur nos hommes, sur nos charrues. Que nos rênes flottent avec bonheur ; qu’avec bonheur pique notre aiguillon.

5. Ô (dieux appelés) Souna et Sîra[16], aimez nos prières, et versez sur elles ce lait que vous formez dans le ciel.

6. Approche-toi, ô (Terre) fortunée, (surnommée) Sîtâ[17]. Nous t’honorons, pour que tu nous sois propice et fructueuse.

7. Qu’Indra féconde Sîtâ ; que Poûchan la décore. Que Sîtâ nous prodigue son lait pendant de longues années.

8. Qu’avec bonheur les socs labourent pour nous la terre ; qu’avec bonheur nos pasteurs conduisent les animaux. Qu’avec bonheur Pardjanya répande sur nous son miel ; qu’avec bonheur Souna et Sîra nous arrosent de leur lait.


HYMNE VIII.

À Agni, surnommé Ghrita, par Vamadéva.

(Mètres : Djagati et Trichtoubh.)

1. Un flot aussi doux que le miel sort du vase (des libations)[18], et vient avec Soma remplir la fonction d’Amrita[19]. Le titre mystérieux de Ghrita, c’est d’être la langue des dieux et le réservoir de l’ambroisie.

2. Proclamons la gloire de Ghrita, et dans notre sacrifice retenons-le par nos holocaustes. Que le (dieu) prêtre[20] nous entende, et, pareil à un cerf blanc[21] à quatre cornes[22], produise l’œuvre (sainte).

3. Oui, il a quatre cornes, trois pieds[23], deux cols[24] et sept bras[25]. Le dieu, comme un taureau attaché par trois liens[26], mugit et apparaît aux mortels.

4. Ghrita a trois formes[27], et caché par les Panis[28], les Dévas l’ont retrouvé dans la vache (céleste). Indra a produit l’une de ces formes, Soûrya l’autre. L’ami (des hommes, Vâyou)[29], a donné la troisième aux (Dévas), qui en ont fait la Swadhâ.

5. Les (Ondes) sortent du vase profond (des libations) ; leur foule est immense, et l’œil de Vritra lui-même ne saurait les distinguer. Je les vois, ces Ondes de Ghrita ; au milieu d’elles brille Vétasa[30] aux rayons d’or.

6. Purifiées par la Prière et l’Adoration, ces Ondes coulent ainsi que des torrents. Ces Ondes de Ghrita sont aussi légères que la bête qui fuit devant le chasseur.

7. Les fleuves coulent rapidement vers la mer, non moins prompts que le Vent : ainsi vont les Ondes de Ghrita. Et lui, grossissant de leurs flots, fend les airs[31] ainsi qu’un superbe coursier.

8. Telles que de charmantes épouses, comme si elles n’avaient qu’un cœur, les Ondes de Ghrita s’approchent en riant d’Agni et l’enflamment. Et le (dieu) possesseur de tous les biens les accueille avec amour.

9. Je les vois, ainsi que des vierges qui vont vers leur époux, se parer de tous les ornements. Dans le lieu où se font les libations du soma, où s’accomplit le sacrifice, là sont présentes les Ondes de Ghrita.

10. Venez vers l’endroit où se distribuent la louange et le beurre de la libation. Donnez-nous vos précieux trésors. Ô déesses[32], dirigez notre sacrifice. Les Ondes de Ghrita sont ici présentes, aussi douces que le miel.

11. Le monde entier existe par toi. Le flot suave de tes splendeurs coule au vase des libations[33], dans le cœur (de l’homme), dans toute la vie, dans les ondes (célestes) comme dans le foyer (solaire). Puissions-nous en jouir pleinement !


HYMNE IX[34].

À Agni, par Boudha et Gavichthira, fils d’Atri.

(Mètre : Trichtoubh.)

1. Agni s’est éveillé au foyer qu’allument les hommes et à l’arrivée de l’Aurore, qui est la vache (bienfaisante du ciel). Tels que les branches qui s’étendent (sur l’arbre), les grands Rayons se répandent dans les airs.

2. Oui, Agni le sacrificateur s’est éveillé pour honorer les dieux ; il se dresse, et se présente le matin avec bonté. Ses feux s’allument, il brille, et sa force se développe à nos yeux. Le grand dieu se débarrasse des ténèbres.

3. Quand Agni vient comme s’enchaîner au milieu de nos cérémonies[35], il revêt toute la splendeur de ces (rayons, qui sont) les vaches (du sacrifice). En même temps l’Aurore, avide de nos libations, attelle ses coursiers. (Agni) se lève devant elle, et lui porte la liqueur onctueuse que versent les coupes.

4. Les âmes des fidèles se portent vers Agni, comme les yeux vers le Soleil. Il est enfanté par l’Aurore et le Soir[36] tous deux de couleur différente. Cependant au début des jours naît (celui que l’on appelle) le cheval blanc[37].

5. Oui, au début des jours il naît, ce (dieu) doux et brillant ; il resplendit sur le bûcher qui l’a reçu. Agni, sacrificateur adorable, siége dans toutes les maisons, orné de sept rayons précieux.

6. Oui, Agni, sacrificateur adorable, siége au sein de sa mère[38] sur un trône fortuné ; jeune, sage, juste, soutien (des êtres), il se plaît dans plus d’une demeure ; mais il brille (en ce moment) au milieu des hommes.

7. Agni, sage et bon, préside à nos sacrifices, et nous l’honorons lui-même par nos invocations. Par la vertu de l’holocauste, il a étendu le ciel et la terre ; et (les hommes) lui adressent le perpétuel hommage de leurs offrandes et de leurs libations.

8. Digne d’être honoré, il reçoit nos libations, dans sa propre demeure, sous le nom de Damoûnas[39] : célébré par les poëtes, heureux hôte pour les mortels. Généreux et brillant Agni, nous te reconnaissons mille têtes, et par ta force tu surpasses tous les êtres.

9. Ô Agni, tu visites sans doute les autres (sacrifices) ; mais il n’en est aucun qui doive être pour toi plus agréable (que le nôtre, sacrifice) où l’hôte chéri de la race humaine nous apparaît beau, éclatant, adorable.

10. Ô Agni toujours jeune, les hommes, de loin comme de près, t’apportent leur offrande. Écoute la prière de celui qui t’invoque avec ardeur. Ô Agni, ta protection est grande, étendue, fortunée.

11. Brillant Agni, avec les (autres dieux) que nous honorons, monte aujourd’hui sur ton char large et resplendissant, et, dans ta sagesse, amène ici ces dieux par le vaste chemin de l’air, pour qu’ils goûtent à notre holocauste.

12. Faisons une invocation en l’honneur d’un (dieu) sage, fort, généreux et digne de nos hommages. De même que le Soleil éclaire le ciel, cet hymne respectueux de Gavichthira glorifie Agni.


HYMNE X.

À Agni, par Coumara, fils de Djara, et Vrisa.

(Mètres : Trichtoubh et Sakwarî.)

1. La jeune mère porte l’enfant royal[40], mystérieusement caché dans son sein, et refuse de le remettre au père (du sacrifice). Les peuples ne voient plus la forme (du dieu), qui semble mort, et placé dans le lieu où il n’y a plus de plaisir.

2. « Ô jeune (mère), pour quel motif as-tu la malice de soustraire ainsi cet enfant royal ? » Et la reine alors a enfanté. Il a fallu de larges libations[41] pour que ce germe grossît. Je l’ai vu à sa naissance, au moment où sa mère le mettait au monde.

3. Oui, ici près, j’ai vu (ce dieu) à l’aigrette d’or, aux couleurs brillantes ; (je l’ai vu) essayer ses traits. Et moi, j’ai répandu sur lui l’onction immortelle. Que peuvent contre moi les hommes qui ne connaissent ni Indra ni l’hymne (saint) ?

4. Je l’ai vu sortir de son asile secret, et bientôt s’environner de rayons, comme (un pasteur s’environne) de son riche troupeau. On ne lui avait pas ravi ses flammes. (Le dieu) vient de renaître ; les vieilles flammes ont rajeuni.

5. « Qui donc, pendant que j’étais mortel, a enlevé ces vaches[42], qui se sont trouvées sans pasteur ? Que ceux qui les ont prises me les rendent. Que tout homme sage s’approche de mon troupeau. »

6. Des ennemis avaient rejeté au rang des mortels celui qui est le roi des êtres et l’espoir des nations. Que les prières d’Atri[43] le délivrent. Que ses calomniateurs soient confondus.

7. Sounahsépa[44] était attaché à mille poteaux. Tu l’as délivré, et il t’a chanté ; fais de même pour nous, ô Agni, ô sage sacrificateur, brise nos liens, et viens ici t’asseoir.

8. Tu peux être irrité ; mais reviens à ma prière. Si je m’adresse à toi, c’est par l’ordre du sage Indra, gardien des œuvres divines. Il t’a vu ; il me l’a dit, et je viens à toi, ô Agni.

9. Agni s’entoure d’une grande lumière, et par sa grandeur il a tout éclairé. Il dissipe la magie des impies qui suivent une mauvaise voie. Il aiguise ses cornes pour la perte du Rakchasa.

10. Que les lueurs frémissantes d’Agni s’arment dans l’air de pointes aiguës pour tuer le Rakchasa. Le dieu, dans sa joie triomphante, a des splendeurs qui repoussent et percent ses impies adversaires.

11. Ô divin Agni, ô toi qui nais (pour nous) tant de fois, sage et discret dans mes œuvres, j’ai composé cet hymne, qui est pour toi comme une espèce de char (d’honneur). Si tu es satisfait, envoie-nous des ondes qui nous apportent le bonheur.

12. Que (le dieu) magnifique, étendant ses cols nombreux et superbes, rassemble (en notre maison) la fortune de nos ennemis abattus. Les (Dévas) immortels[45] ont ainsi invoqué Agni : qu’il couvre de sa protection Manou[46], qui le reçoit sur son lit de gazon ; oui, qu’il couvre de sa protection Manou, qui le reçoit sur son lit de gazon.


HYMNE XI.

À Agni, par Vasousrouta, fils d’Atri.

(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô Agni, quand tu nais, tu es Varouna ; quand tu t’allumes, tu es Mitra. Enfant de la Force, tous les dieux sont en toi. Tu es Indra pour le mortel qui te sert.

2. Tu es Aryaman, quand, chargé de la Swadhâ, tu portes l’offrande mystérieuse des jeunes (libations). Celles-ci répandent sur toi, comme sur un tendre ami, le lait onctueux, au moment où tu viens consommer l’union de deux époux[47].

3. Tu es Roudra, et à ta brillante naissance les Marouts font éclater leurs clameurs et ornent (les airs). Et quand le pas de Vichnou atteint une de ses stations (célestes), tu reçois avec ce dieu l’offrande mystérieuse des Vaches (du sacrifice).

4. Parés de tes riches rayons, ô dieu, les autres dieux ont obtenu par toi une part abondante d’ambroisie. Les enfants de Manou assis autour d’Agni sacrificateur lui présentent leurs hommages, et les prêtres l’invoquent en faveur d’Ayou.

5. Ô Agni, ô toi qui portes la Swadhâ, tu es le sacrificateur antique ; aucun n’est plus digne de nos respects et de nos chants, aucun n’est au-dessus de toi. Puisse l’homme appartenant au peuple dont tu es l’hôte obtenir par la vertu du sacrifice la faveur d’être, ô dieu, utile aux mortels !

6. Secondés par toi, entourés de richesses, habiles à t’éveiller par l’holocauste, ô Agni, ô enfant de la Force, puissions-nous, chaque jour, dans les combats comme dans les sacrifices, par les bienfaits de l’opulence, être utiles aux mortels.

7. Qu’(Agni) fasse retomber le mal sur celui qui nous veut du mal ! que celui-ci soit puni par sa propre faute ! Ô prudent Agni, frappe par sa méchanceté même le méchant qui nous tend des embûches.

8. Ô divin Agni, les anciens ont fait de toi, au lever de l’aurore, un messager (fidèle), et t’ont chargé de leurs holocaustes, dans ces jours où tu viens, entouré de riches offrandes, sur le foyer où les feux d’un dieu sont allumés par des mortels.

9. Remplis (les vœux du sacrificateur), qui est ton père. Ô fils de la Force, je compte sur toi. (Dieu) sage, mon enfant, délivre-moi. Ô Agni, dans ta prudente sollicitude, quand veux-tu nous regarder ? Quand daigneras-tu prendre la voie de notre sacrifice ?

10. Ô toi qui es notre refuge, ton père a pour l’honorer une foule de pratiques que tu dois aimer. Agni recherche avec empressement les offrandes variées du sacrificateur, et sa force en reçoit un heureux accroissement.

11. Ô Agni, toujours jeune, tu fais traverser à celui qui te chante tous les maux (de la vie). Des brigands, des ennemis ont apparu : que leurs mauvais projets soient confondus avant d’éclore.

12. Que ces louanges montent vers toi. Et si contre mon protecteur j’ai commis quelque faute, qu’Agni, profitant de nos hommages, ne nous livre pas à nos calomniateurs, ni à nos ennemis.


HYMNE XII.
À Agni, par Vasousrouta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô Agni, roi et maître des richesses, je te célèbre dans le sacrifice. Nous désirons l’abondance. Puissions-nous l’obtenir de toi ! Puissions-nous vaincre les armées des mortels !

2. Que l’immortel Agni, notre père et notre seigneur, le brillant porteur de nos holocaustes, apparaisse avec éclat. Répands tes lueurs sur ces offrandes que reçoit (le feu) Gârhapatya[48]. Viens à nous, et goûte à nos mets.

3. Vous avez (parmi vous) Agni le sage, le sacrificateur, le maître de la race humaine. Sa science embrasse tout. Il est pur et brillant, et son dos est humide du beurre (sacré). Il se plaît, au milieu des Dévas, à recevoir vos précieuses offrandes.

4. Ô Agni, aime à venir te réjouir avec Ilâ[49], et enflamme les rayons du soleil. Ô toi qui possèdes tous les biens, visite notre foyer, et transporte les dieux pour venir manger l’holocauste.

5. Sage Damoûnas, hôte aimable de nos maisons, viens à notre sacrifice. Ô Agni, triomphe de tous nos ennemis, et enlève leurs dépouilles.

6. Perce le Dasyou de ton trait, et prépare toi-même la nourriture (qui doit fortifier) ton corps[50]. Ô Agni, noble héros, enfant de la Force, fais le bonheur des dieux, et, nous, garde-nous dans le combat.

7. Ô Agni, (dieu) aux splendeurs pures et fortunées, nous voulons t’honorer par nos hymnes et nos holocaustes. Accorde-nous une opulence complète ; donne-nous tous les biens.

8. Ô Agni, ô enfant de la Force, qui siéges dans trois demeures, aime notre sacrifice et nos holocaustes. Puissions-nous, au milieu des Dévas, nous distinguer par notre piété ! Couvre-nous de ta triple protection.

9. Ô Agni, possesseur de tous les biens, comme on traverse la mer sur un vaisseau, fais-nous traverser toutes les difficultés et les embarras. Chanté par nous, comme autrefois par Atri, exauce-nous, toi qui es le gardien de nos corps.

10. Mortel, j’invoque un immortel ; je t’honore et de cœur et de bouche. Ô Agni, possesseur de tous les biens, mets en nous l’abondance ; que j’obtienne de toi avec mes enfants une immortelle vie.

11. Ô Agni, possesseur de tous les biens, tu donnes la félicité à l’homme pieux. Il obtient de toi une riche bénédiction en vaches, en chevaux, en guerriers, en enfants.


HYMNE XIII.
À Agni, et autres dieux, par Vasousrouta.
(Mètre : Gâyatrî.)

1. Au brillant Agni, (surnommé) Djâtavédas[51], et Sousamiddha[52], offre de copieuses libations de beurre.

2. Le (dieu) sage et invincible, dont le bras a la douceur du miel, (ce dieu appelé) Narâsansa[53] favorise ce sacrifice.

3. Ô Agni, (nommé) Ilita[54], amène ici sur ton char fortuné le magnifique Indra. Que cet ami vienne à notre secours.

4. (Dieu) brillant, étends-toi pour nous comme un doux tapis. Comble-nous de tes bienfaits.

5. Portes divines (de l’enceinte sacrée), ouvrez-vous pour laisser passer les (dieux) protecteurs. Complétez le sacrifice.

6. Nous honorons la Nuit et l’Aurore, grandes et belles, toutes deux mères de Rita, et source féconde d’abondance.

7. Divins sacrificateurs[55], célébrés pour votre course aussi rapide que celle du Vent, rendez-vous tous deux au sacrifice des enfants de Manou.

8. Que les trois déesses, bonnes et fortunées, Ilâ, Saraswatî, Mahî[56], viennent s’asseoir sur notre gazon.

9. Maître favorable, ô Twachtri, viens pour embellir (notre vie). Garde-nous dans les sacrifices.

10. Ô Vanaspati,[57]apporte l’holocauste là où tu vois célébrer les mystères divins.

11. Swâhâ[58] pour Agni et pour Varouna ! Swâhâ pour Indra ! Swâhâ pour les Marouts ! holocauste pour les dieux !


HYMNE XIV.
À Agni, par Vasousrouta.
(Mètre : Panktî.)

1. Je chante cet Agni qui est notre refuge, et vers lequel accourent, comme vers leur demeure, et les vaches (du sacrifice), et les rapides coursiers[59], et les Dévas immortels. Apporte l’abondance à tes chantres.

2. Je chante cet Agni qui est notre refuge, et vers lequel accourent avec empressement et les vaches (du sacrifice), et les coursiers légers, et les fidèles de haute naissance. Apporte l’abondance à tes chantres.

3. Agni, qui voit tout, donne à ses serviteurs la force et le bonheur. Disposé à nous accorder la richesse, il vient avec joie vers l’offrande qu’on lui a préparée. Apporte l’abondance à tes chantres.

4. Divin Agni, nous allumons (ici) tes feux immortels, et en même temps dans le ciel resplendit ton admirable flambeau. Apporte l’abondance à tes chantres.

5. Ô Agni, maître d’une pure lumière, beau et secourable, chef du peuple, porteur des holocaustes, je te présente et l’hymne et l’offrande. Apporte l’abondance à tes chantres.

6. Parmi les Feux[60], ceux (du sacrifice) contiennent les biens les plus précieux ; ils donnent la force, le plaisir ; ils reçoivent les libations diverses. Apporte l’abondance à tes chantres.

7. Ô Agni, tes rayons s’étendent, pareils à des coursiers qui d’un pas empressé iraient se mêler à la troupe des vaches (sacrées)[61]. Apporte l’abondance à tes chantres.

8. Ô Agni, apporte à tes chantres une abondance heureuse et toujours nouvelle. Puissions-nous ressentir ta protection, nous qui te chantons, et qui dans chaque maison te prenons pour notre messager ! Apporte l’abondance à tes chantres.

9. Noble maître de la Force, tu aimes à recevoir dans ta bouche les deux coupes[62] de beurre clarifié. Comble-nous de tes biens pour prix de nos chants. Apporte l’abondance à tes chantres.

10. C’est ainsi que (les enfants d’Atri) ont établi en l’honneur d’Agni une succession d’hymnes et de sacrifices. Que (ce dieu) nous accorde une forte lignée et une race de chevaux généreux. Apporte l’abondance à tes chantres.


HYMNE XV.
À Agni, par Icha, fils d’Atri.
(Mètres : Anouchtoubh et Panktî.)

1. Amis, apportez à la fois votre offrande et votre hymne à Agni, le plus grand des sacrificateurs, robuste enfant de la Force.

2. Où est ce (dieu) que les prêtres aiment à posséder dans leur foyer, dont ils allument les feux avec vénération, qui devient l’enfant des hommes ?

3. Quand nous lui présentons les mets (sacrés) et les holocaustes des fils de Manou, par la vertu de cette offrande il se revêt des rayons du sacrifice.

4. Il élève son étendard pour avertir au loin celui qui est dans (les ténèbres de) la nuit, et cependant (le dieu) pur et immortel dévore le bois (de son bûcher).

5. Sur ses rayons qui s’élancent (les prêtres) jettent l’enveloppe onctueuse de la libation ; ils semblent, comme sur le dos (d’un coursier), accumuler leurs précieux fardeaux[63].

6. Tous les mortels le désirent : ils savent qu’il est leur soutien dans tous leurs besoins ; qu’en faveur d’Ayou il donne aux mets une douce saveur, aux maisons une opulente étendue.

7. Comme les bestiaux broutent (l’herbe des champs), Agni dévore les aliments secs qu’on lui donne, (dieu) à la barbe d’or, aux dents éclatantes, à la force invincible et souveraine.

8. Il brille tel que (l’antique) Atri[64], tel qu’une hache (étincelante). Sa noble mère, soumise aux rites (du sacrifice)[65], l’a mis au monde pour qu’il vînt prendre sa portion (des offrandes).

9. À toi, Agni, qui aimes la libation de beurre, (à toi) qui es notre soutien, appartient le bonheur. Accorde aux mortels ici présents la gloire et l’abondance. Songe à les protéger.

10. (Le dieu) invincible a reçu et l’hymne et l’offrande que tu lui as présentés. Ô Agni, puisse maintenant Atri triompher des Dasyous impies ! Puisse Icha triompher de ses ennemis !


HYMNE XVI.
À Agni, par Icha.
(Mètre : Djagatî.)

1. Antique Agni, auteur de toute force, les anciens, pour obtenir ton secours, ont allumé tes feux dans le sacrifice. Adorable soutien du monde, tu es Damoûnas, l’aimable, l’illustre maître du foyer.

2. Ô Agni, ô maître du foyer, les hommes t’ont choisi pour leur hôte antique. Tes formes sont variées, ta chevelure brillante, ton étendard élevé. Tu donnes à tes protégés la richesse et le bonheur, à tes ennemis la mort.

3. Ô fortuné Agni, les enfants de Manou te célèbrent. Tu estimes nos holocaustes, tu distingues nos hommages, tu répands sur nous les plus précieux des biens. Tantôt caché dans ton asile mystérieux, tantôt brillant à tous les regards, tantôt bruyant et sonore, tu es un heureux sacrificateur qui reluit sous nos libations de ghrita.

4. Ô Agni, tu es notre gardien, et nous venons vers toi, t’adressant toute espèce d’hommages, des prières, des chants, des invocations. Divin Angiras[66], nous allumons tes feux ; aime les offrandes et les flammes d’un mortel.

5. Ô Agni, ô toi que nos pères ont toujours chanté, toi qui revêts tant de formes, tu répands l’abondance sur tes serviteurs. Tu règnes en maître puissant sur toutes les offrandes, et quand tu brilles, ta splendeur n’est effacée par personne.

6. Ô Agni toujours jeune, les Dévas, qui allument tes feux, t’ont fait leur messager et le porteur de leurs holocaustes. Ils t’invoquent comme le conquérant d’un vaste domaine, comme le réservoir du ghrita (sacré) ; ils t’ont donné pour être l’œil éclatant (du monde), qui vient éveiller la Prière.

7. Ô Agni, les (prêtres) brillant du reflet des flammes qu’ils ont allumées, t’invoquent en t’offrant leurs mets et leurs libations. Et toi, grandissant sur ces branches (qui brûlent), (sous ces libations, dont) tu es arrosé, tu t’établis en vainqueur sur ce foyer de terre que tu as conquis.

  1. Les Angiras sont les prêtres chargés des sacrifices, ou plutôt les Rites personnifiés. Dans l’hymne qui termine la lecture précédente, Vrihaspati est doué de sept bouches, comme ici les Angiras, à cause des sept mètres poétiques sur lesquels les hymnes sont composés, tchhandoyouktamoukhah. Pour les épithètes Dasagwa et Navagwa, voy. page 80, col. 1, note 6.
  2. Ces vaches, ce sont les rayons du jour.
  3. Asoura.
  4. Le mot aktou signifie nuit ; mais il signifie aussi jour, éclat. Ce qui nous prouve que ces divers sens ne sont que restrictifs, et que le mot aktou doit avoir une signification en elle-même assez compréhensive. En effet, aktou peut se traduire par le mot unguentum : c’est proprement la substance onctueuse qui s’étend et qui recouvre un objet. Par métaphore, la nuit oint le monde de ses noires vapeurs ; le jour oint le ciel de ses rayons, et le mot aktou peut se prêter facilement à ces deux sens opposés de nuit et de jour. Je trouve un passage où le commentateur explique ainsi aktou : Andjanasâdhanam ghritam. Ce même mot prend aussi le sens de torrent ; et j’expliquerai ce sens en comprenant que le torrent recouvre la terre. Mais il est un endroit où aktou signifie trait, âyoudham. Je ne puis me rendre compte de ce sens qu’en remontant à la racine andj, qui a aussi la signification d’aller, se mouvoir.
  5. Nous savons que les bras du soleil, ce sont ses rayons.
  6. On compte ordinairement trois mondes : le ciel, l’air et la terre. Le poëte semble ici subdiviser ces trois mondes, chacun en trois autres. L’air se partage en mondes de Vâyou, de Vidyout, de Varouna, ou de Vâyou, d’Agni, d’Aditya. Ces mondes portent le nom général de radjas, de rotchanam. Les trois cieux sont ceux d’Agnîdhra, de Pradjâpati, et le Satya. Le commentateur ne nomme pas les trois mondes terrestres : il a l’air de penser que le mot terres s’emploie pour désigner le ciel, l’air et la terre. L’œuvre triple consiste dans la formation de la chaleur, de la plaie et du froid.
  7. La bénédiction du prêtre personnifiée.
  8. Pâtpati ; Varouna est le soleil de nuit, et comme tel il est considéré comme présidant au mal.
  9. Voy. page 161, col. 2, note 1.
  10. Je pense que les vents sont désignés par ces mots (Ichtâh).
  11. Avansa.
  12. Je traduis ainsi l’adjectif sadjochâs, que le commentateur fait rapporter au ciel et à la terre en l’expliquant par ces mots : Parasparam samgate.
  13. Les épouses des dieux sont les Prières et Invocations. J’ai rendu par cette idée l’épithète patnîvat. Au lieu de traduire varoûtha par le sein de griha, j’ai choisi celui de dhana.
  14. Kchétrapati : c’est sans doute un nom de Roudra. Quelques-uns attribuent cette épithète à Agni.
  15. Ritapati : épithète du Vent.
  16. Souna, nom d’Indra ; Sira, nom de Vâyou ou d’Aditya.
  17. Sîtâ, signifie sillon.
  18. Ce vase porte le nom de samoudra.
  19. Le poëte personnifie le Ghrita, qui devient un Déva, un Amrita, un Immortel, une forme d’Agni. Or, l’Amrita est ou le prêtre chargé des libations telles que le soma ou le ghrita, ou bien la libation elle-même personnifiée.
  20. Brahman. Cet hymne nous explique l’histoire de ce Brahmâ aux quatre têtes, dont la mythologie a fait un personnage différent d’Agni.
  21. Gôra. Agni est sans doute comparé à cet animal, à cause de la couleur blanche de la flamme qui s’allume.
  22. Je pense que ces quatre cornes ou ces quatre têtes sont une allusion aux quatre côtés du foyer. Vous voyez, en effet, plus haut, page 259, col. 1, note 2, que le foyer oriental est carré. Le commentateur croit qu’il est fait allusion par ces mots aux quatre Védas, oubliant que, lors de la composition de cet hymne, les hymnes se faisaient, et ne pouvaient pas encore former un quadruple corps. Tchatouranana, Tchatourmoukha, Tchatourvaktra et Tchatouhsringa me paraissent synonymes de Tchatourasra. Les quatre cornes sont les quatre coins du foyer.
  23. Le poëte désigne les trois foyers ; peut-être les trois Savanas.
  24. Les deux cols sont les deux espèces d’offrandes : l’offrande liquide, soma, et l’offrande solide, ichti.
  25. Les sept bras sont les sept Tchhandas ou les sept Hotracas.
  26. Le sacrifice se compose de prières (Mantra), d’actes (Yaga), d’hymnes (Stouti) ; il semble que ce soient là les trois liens par lesquels on amène le dieu.
  27. La libation appelée ghrita se compose de kchira, lait, de dadhi, caillé, et d’âdjya, beurre.
  28. Ce sont les Asouras qui avaient enlevé les vaches célestes. Voy. page 44, col. 1, note 7.
  29. Vâyou est désigné par l’épithète de véna (ami), comme plus haut les vents par celle d’ichtâh. Voyez page 262, col. 1, note 4.
  30. Vétasa est un surnom d’Agni. Ce mot signifie une espèce de roseau. Il semble qu’Agni, au milieu des libations, soit comme un roseau au milieu des eaux.
  31. Cette idée s’explique en pensant que la libation coule rapidement du vase qui la contient pour tomber dans le foyer.
  32. Ce passage pourrait aussi s’entendre d’une invitation aux hommes qui font le sacrifice.
  33. Le Ghrita, le beurre vivifiant d’Agni, circule dans toute la nature. Il n’est pas seulement dans le sacrifice, il est dans le cœur de l’homme en qualité de Sarwaprâna, dans les nuages comme Vêdyoutâgni, dans le soleil comme Sôryâgni. Le commentaire, qui donne à samadrou le sens de mer, pense que Ghrita, au sein de la mer, est Badavagni.
  34. Ici se termine le quatrième Mandala, qui porte le nom de Vâmadéva. Le cinquième va commencer, avec le nom d’Atri.
  35. Cette même idée se trouve plus haut, lecture IV, hymne VIII, stance 6.
  36. Allusion aux sacrifices du matin et du soir. Le texte porte les deux Aurores (Ouchasâ).
  37. Agni qui brille pendant le jour. Dans l’hymne précédent on le comparait à un cerf blanc.
  38. Le foyer portant le nom d’Ilâ.
  39. Voy. page 122, col. 1, note 1.
  40. Je ferai grâce au lecteur d’une légende, inventée après coup, pour expliquer cet hymne, et relative au prince Coumâra, écrasé par la faute du Pourohita Vrisa, et ensuite rappelé à la vie. Agni est caché au sein de l’Aranî : il y est comme mort. Le poëte gourmande cette mère, qui semble refuser son fils au sacrificateur, lequel est le père du sacrifice. Cet enfant est appelé Coumâra : c’est le nom qu’on donne au jeune héritier du trône. Or, Agni est destiné à être roi, et peut justement porter ce titre de Coumâra. S’il est roi, sa mère peut être reine, Mahichi.
  41. Le texte renferme le mot sarad, que je me suis cru déjà plusieurs fois autorisé à rendre par libation. Cependant je l’ai traduit par automne plus haut, section III, lecture v, hymne xiv, stance 4.
  42. Nous savons que ces vaches d’Agni, ce sont ses rayons lumineux.
  43. Atri est le père des poëtes auxquels l’hymne est attribué.
  44. Sounahsépa est un Richi qui, vendu par son père pour être victime dans un sacrifice, fut délivré. Voyez section I, lecture ii, hymne v, et M. Wilson, Vichnou-Paurâna, p. 404.
  45. Autrement les Amritas.
  46. C’est-à-dire l’homme.
  47. Ces deux époux, c’est Agni lui-même, c’est Vanaspati et la flamme (Djwâtâ).
  48. Voir page 259, col. 1, note 2.
  49. Ilâ est le foyer ; ce pourrait être aussi l’hymne sacré.
  50. Agni Vêdyouta perce le nuage, qui répand une eau fécondante ; de là naîtront les plantes et les herbes qui engraisseront la vache ou qui seront employées directement dans le sacrifice.
  51. Voy. page 69, col. 1, note 1.
  52. Voy. page 47, col. 2, note 2.
  53. Voy. page 48, col. 1, note 1.
  54. Voy. page 48, col. 1, note 1.
  55. Voy. page 48, col. 1, note 3 ; et page 135, col. 1, note 9. Le commentateur dit ici que ces deux divinités sont Agni et Aditya.
  56. Voy. Section I, lecture I, hymne XIII, vers 9.
  57. Voy. page 48, col. 1, note 6.
  58. Voy. page 48, col. 1, note 7. Le lecteur aura remarqué les rapports qu’il y a entre cet hymne et ceux qui se trouvent page 47 et 134.
  59. Ces vaches, ces chevaux, ce sont les libations, les flammes, les rayons, cortége naturel d’Agni.
  60. Il y a des feux de différentes espèces ; il y en a qu’on appelle vêdicas, d’autres lôkicas, d’autres dhichnyas.
  61. Pour entendre ce passage il faut se rappeler que les rayons sont comparés à des coursiers, et les libations à des vaches. La libation augmente l’activité des rayons, qui doivent la désirer.
  62. Je pense que le poëte fait allusion aux deux libations du matin et du soir.
  63. Le commentaire donne un autre sens. Il représente les prêtres comme un père qui prend son fils sur son dos. Je n’ai pas saisi la raison de cette explication.
  64. Atri est le nom d’un Richi ; mais c’est aussi un surnom d’Agni, venant de la racine ad qui signifie manger.
  65. Il est ici question de l’Aranî.
  66. Nom d’Agni. Voy. page 41, col. 2, note 1. Le commentaire explique ici ce mot par sarwatra gantri.