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Rig Véda ou Livre des hymnes/Section 5/Lecture 5

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Traduction par Alexandre Langlois.
Bibliothèque Internationale Universelle (p. 376-384).

LECTURE CINQUIÈME.
HYMNE I.
À Mitra et Varouna, par Vasichtha.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô Soleil, tu te lèves aujourd’hui ; tu dis à Mitra et Varouna que nous sommes exempts de fautes. Irréprochable[1] Aryaman, tu es parmi les dieux l’objet de nos chants. Puissions-nous être tes amis !

2. Ô Mitra et Varouna, le Soleil se lève, et vient vers nous. C’est l’œil du monde, le gardien de tous les êtres, animés et inanimés ; il voit parmi les mortels le juste et l’injuste.

3. Ô Mitra et Varouna, le Soleil attelle (à son char) ses sept cavales humides de ghrita ; elles le transportent dans (l’air qui est) son séjour. Et lui, soumis à vos lois, (parcourt) les mondes, et, de même que (le pasteur inspecte) son troupeau, il passe en revue tous les êtres.

4. Des mets aussi doux que le miel sont préparés pour vous. Le Soleil est monté sur l’océan lumineux, et les Adityas, animés tous d’un doux transport, Mitra, Aryaman, Varouna, lui ouvrent la voie.

5. Mitra, Aryaman, Varouna, sont les ennemis de toute impiété. Ces puissants et invincibles fils d’Aditi ont grandi dans la demeure de Rita.

6. Mitra et Varouna possèdent une force insurmontable, qui les rend vainqueurs de l’insensé. Ils s’approchent du sage qui les honore par le sacrifice ; ils éloignent de lui le mal, et le conduisent dans la bonne voie.

7. Les yeux sans cesse ouverts sur le ciel et la terre, ils surveillent l’insensé. (Ils connaissent) le gué par lequel on peut traverser ce fleuve large et profond. Qu’ils nous fassent heureusement arriver à l’autre bord.

8. Que l’irréprochable (Aryaman), Mitra, Varouna, accordent à leur serviteur une heureuse et vigilante protection. Que nous obtenions par nos œuvres de compter de nombreux enfants, et d’éviter la colère des dieux.

9. (Un homme) s’est-il éloigné de l’enceinte du sacrifice en refusant l’holocauste ? Que Varouna le frappe de maux. Mais, (ô Dieux) généreux, qu’Aryaman protége son serviteur contre tout ennemi, et lui (ouvre) un large monde.

10. L’influence de ces (dieux) brillants a quelque chose de mystérieux : ils triomphent par une force secrète. (Ô maîtres) généreux, nous tremblons de crainte devant vous. Rassurez-nous par la grandeur de votre puissance.

11. Que ces seigneurs magnifiques récompensent la prière du prêtre, qui chante l’hymne au milieu d’une heureuse abondance d’offrandes. Qu’ils lui donnent une habitation vaste et fortunée.

12. Ô divins Mitra et Varouna, nous vous adressons cet hommage au milieu des sacrifices. Éloignez de nous tous les dangers. Et vous, secondez nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE II.
À Mitra et Varouna, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô Mitra et Varouna, le Soleil, qui est votre œil magnifique et divin, se lève en étendant (ses rayons). Il voit tous les mondes, et reconnaît parmi les mortels (la voix) de la Prière.

2. Ô Mitra et Varouna, un sage que recommandent sa vertu et ses longues études, vous adresse sa prière. (Ô Dieux) puissants, sa piété vous plaît, et vous semblez par vos œuvres récompenser ses libations[2].

3. Ô bienfaisants Mitra et Varouna, sur cette vaste terre, comme dans l’immensité du ciel, envoyez vos rayons aux plantes et aux hommes. Allez grandissant, et protégez-nous sans cesse.

4. Loue la splendeur de Mitra et de Varouna : leur grandeur énergique enchaîne le ciel et la terre. Que les mois s’écoulent pour les impies, et que leur race s’éteigne. Que les prières du sacrifice augmentent notre maison.

5. Ô (Dieux) généreux, ils sont insensés, ces (hommes) qui n’ont pour vous ni offrandes, ni sacrifice. L’impiété est suivie de sa peine. Vous n’ignorez point les mystères (des cœurs).

6. Et moi, par des adorations j’ai glorifié votre sacrifice. Pressé par des ennemis, je vous invoque, ô Mitra et Varouna. Que nos hymnes nouveaux, que nos cérémonies vous soient agréables.

7. Ô divins Mitra et Varouna, nous vous adressons cet hommage au milieu des sacrifices. Éloignez de nous tous les dangers. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE III.
À Mitra et Varouna, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Le Soleil développe ses rayons, et il (éclaire) les œuvres des enfants de Manou. Tout se remplit également de la lumière de (l’astre) qui est formé par l’œuvre (sainte), et honoré par les maîtres du sacrifice[3].

2. Ô Soleil, apparais devant nous, au milieu de nos chants, avec tes rapides coursiers. Dis à Mitra, Varouna, Aryaman, Agni, que nous sommes exempts de fautes.

3. Que Varouna, Mitra, Agni, bienfaisants et justes, nous distribuent leurs mille (présents). Que dans leur munificence ils égalent leurs dons à nos éloges. Que pour prix de nos louanges ils remplissent nos vœux.

4. Ô Ciel et Terre, (dieux) grands et irréprochables, conservez-nous ; (sauvez) les nobles (sacrificateurs) qui vous donnent la naissance. Que nous évitions la colère de Varouna, de Vâyou, de Mitra, le plus doux des héros.

5. Que vos bras s’étendent pour (protéger) notre vie. Répandez votre beurre (divin) sur nos étables. Ô Mitra et Varouna toujours jeunes, donnez-nous une race renommée. Écoutez mes invocations.

6. Que Mitra, Varouna, Aryaman, nous comblent de biens, nous et nos enfants. Que toutes les voies nous soient ouvertes et faciles. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE IV.
Au Soleil, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Le Soleil se lève ; son regard embrasse tous les hommes. Il est pour les enfants de Manou une source commune de félicité. Œil divin de Mitra et de Varouna, il perce les ténèbres pareilles à une épaisse toison.

2. Le grand étendard de Soûrya se lève ; il flotte dans l’océan (de l’air), et vivifie tous les êtres. Le (dieu) fait avancer autour (du monde) sa roue, que traîne le cheval (immortel) attelé à son char.

3. Le divin Savitri se lève à la suite des Aurores. Il brille, chanté par les poëtes. Il est mon protecteur ; il est le foyer d’une chaleur utile à tous (les hommes).

4. Il se lève dans le ciel, cet (astre) d’or, ce (dieu) vainqueur et brillant, qui porte au loin ses regards et ses pas. Le Soleil donne la vie aux peuples, qui s’agitent et se mettent à l’œuvre.

5. Les (Dévas) immortels[4] ont ouvert la voie au Soleil, et aussitôt, tel que l’épervier, il s’élance et vole dans l’air. Au lever du Soleil, nous voulons, ô Mitra et Varouna, vous honorer par nos adorations et nos holocaustes.

6. Que Mitra, Varouna, Aryaman, nous comblent de biens, nous et nos enfants. Que toutes les voies nous soient ouvertes et faciles. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE V.
À Mitra et Varouna, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Du haut des airs vous régnez sur la terre et au ciel. Les offrandes de ghrita vous sont présentées. Que Mitra, que le noble et royal Aryaman, que le robuste Varouna, se plaisent à notre holocauste.

2. Ô rois vigoureux[5], gardiens du grand Rita, maîtres des Ondes, venez à nous. Ô (Dieux) bienfaisants, envoyez-nous du ciel l’abondance et la pluie.

3. Que Mitra, Varouna, le divin Aryaman[6], nous conduisent par les voies les plus fortunées. Que le chef de maison puisse dire au (prêtre) pieux : « Jouissons ensemble de l’abondance que nous donne la protection divine ! »

4. Que celui qui par la prière a fabriqué le char de votre (sacrifice), voie son œuvre s’élever et se soutenir. Ô Mitra et Varouna, répandez sur nous votre ghrita. Ô rois (puissants), faites la joie des nations.

5. Ô (Dieux) rapides, Mitra et Varouna, cet hymne vous est offert, tel qu’un brillant soma. Acceptez mes prières, exaucez mes vœux. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE VI.
À Mitra et Varouna, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Au lever du soleil, je vous invoque dans mes hymnes, ô Mitra, ô pur et puissant Varouna. Apportez dans ce sacrifice, où nous réunissons toutes les offrandes, votre force vitale, supérieure et impérissable.

2. Vous êtes parmi les dieux les maîtres de la vie. Donnez-nous une race vaillante. Puissions-nous jouir de vos bienfaits, ô Mitra et Varouna, dans ces lieux où les jours et (les nuits) font croître le Ciel et la Terre !

3. Ô vous, qui savez dans vos nombreux liens enchaîner l’impiété, terribles adversaires pour le mortel votre ennemi, ô Mitra et Varouna, puissions-nous par la voie de votre sacrifice traverser les maux (de la vie), comme (on traverse) les eaux sur un vaisseau !

4. Ô Mitra et Varouna, venez prendre nos holocaustes : répandez le beurre de votre abondance sur notre habitation. Accordez au peuple (qui vous implore en ces lieux) le don de votre onde limpide et divine.

5. Ô (Dieux) rapides, Mitra et Varouna, cet hymne vous est offert, tel qu’un brillant soma. Acceptez mes prières, exaucez mes vœux. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE VII.
À Mitra et Varouna, par Vasichta.
(Mètres : Gâyatrî, Poura-Ouchnih et Vrihatî.)

1. Qu’il soit fortuné pour nous, cet (hymne) accompagné de (saintes) invocations, (hymne) que nous adressons à Mitra et Varouna, (dieux) nés déjà tant de fois.

2. Les Dévas[7] ont établi ces grands et robustes maîtres de la force, afin qu’ils répandissent la vie.

3. Ô Mitra et Varouna, fermes soutiens de nos corps, exaucez les prières de nos prêtres.

4. En ce jour, au lever du soleil, (nous prions) l’irréprochable Mitra, Aryaman, Savitri, Bhaga, de nous envoyer (leurs trésors).

5. (Dieux) bienfaisants, qui effacez nos fautes, que cette maison soit sous l’heureuse garde du sacrifice !

6. Ô rois lumineux, (maîtres) d’une œuvre grande et indestructible, voilà Aditi[8] qui s’avance.

7. Au lever du soleil, je vous chante, ô Mitra et Varouna ; et toi, Aryaman, destructeur de tes ennemis.

8. La sage Prière, enrichie de l’or des offrandes, nous initie au sacrifice, et obtient une force innocente.

9. Ô divin Varouna, ô Mitra, puissions-nous vous plaire, ainsi que les maîtres du sacrifice ! Puissions-nous avoir l’abondance et le bonheur !

10. Des (prêtres)[9] nombreux, brillants comme le soleil, entretiennent les feux de Rita ; ils conservent la langue d’Agni, et trois fois ils accomplissent tous les rites du sacrifice avec les cérémonies qui les accompagnent.

11. Des rois tels que Varouna, Mitra, Aryaman, possèdent une force que nul ne saurait vaincre. Ce sont eux qui ont fait l’Automne, le Mois, le Jour, la Nuit, le Sacrifice, et le Rig[10].

12. Ainsi, au lever du soleil, nous vous honorons aujourd’hui par nos hymnes. C’est vous, ô Varouna, Mitra, Aryaman, qui conduisez le char du sacrifice.

13. (Dieux) justes, et terribles ennemis de l’injustice, nés dans le sacrifice et fortifiés par lui, puissions-nous, prêtres et chefs de famille, nous trouver sous votre garde puissante et fortunée !

14. La merveilleuse forme (du soleil) s’élance sous la voûte céleste ; le rapide et divin coursier la transporte, pour être l’admiration de tous les yeux.

13. Maître de tout ce qui excelle, (seigneur) du monde animé et inanimé, le soleil, au moment marqué, est emporté sur un char, à travers les airs et pour le bonheur (des êtres), par sept cavales qui sont sœurs.

16. Ainsi, que cet œil divin se lève et brille. Puissions-nous voir cent automnes ! puissions nous vivre cent automnes !

17. (Dieux) invincibles, brillants Varouna et Mitra, venez à la voix de nos hymnes, et buvez notre soma.

18. (Dieux) bons et protecteurs, ô Varouna et Mitra, venez du ciel avec vos rayons, et buvez notre soma.

19. (Dieux) puissants, que fortifie le sacrifice, ô Mitra et Varouna, venez à nos invocations, et buvez notre soma.


HYMNE VIII.
Aux Aswins, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô maîtres superbes des hommes, les mains chargées d’holocaustes, l’âme recueillie, je viens chanter votre char. Tel qu’un messager, je vous éveille ; je vous parle, de même qu’un fils (parle) à son père.

2. Les feux d’Agni allumés par nous ont brillé. Les ténèbres ont fui à l’horizon. L’étendard de l’Aurore naît et brille pour ornement de la fille du Ciel.

3. Ô Aswins, (dieux) Véridiques[11], le sacrificateur élève vers vous la voix de la prière et de l’hymne. Venez, au milieu des libations et des chants, sur votre char fortuné et chargé de richesses.

4. Ô Aswins, (dieux) protecteurs, arrosés du miel de nos libations, je vous invoque avec dévouement, et vous présente mes offrandes. Que vos robustes coursiers vous amènent. Buvez ces douces liqueurs que nous versons en votre honneur.

5. Ô divins Aswins, rendez ma prière du matin féconde en riches présents ; qu’elle soit heureusement exaucée. Écoutez nos voix qui vous demandent l’abondance. Maîtres des œuvres (saintes), accordez-nous le fruit de nos œuvres.

6. Ô Aswins, soyez touchés de nos prières, et sauvez-nous. Que notre race soit nombreuse et robuste. Donnez-nous des enfants et des petits enfants, en échange des offrandes et des hommages que nous vous adressons.

7. Ô (Dieux) aussi doux que le miel, nous vous présentons nos hommages comme un trésor que notre amitié a préparé pour vous. Venez, d’une âme bienveillante, prendre les holocaustes des enfants de Manou.

8. Ô (Dieux) soutiens (du monde), que le char qui vous transporte tous les deux vous serve à traverser les sept rivières. Les chevaux divins et robustes qui vous amènent avec rapidité, ne fléchissent point sous ce fardeau (sacré).

9. Soyez les amis de ces riches (serviteurs), qui vous honorent par leurs opulentes offrandes, qui célèbrent dans leurs hymnes des (dieux qu’ils regardent comme des) parents, et prodiguent pour eux les dons de vaches et de chevaux.

10. Ô Aswins toujours jeunes, écoutez mon invocation ; venez dans une maison où abondent les mets sacrés. Accordez-nous la richesse, et augmentez la fortune de nos maîtres. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE IX.
Aux Aswins, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Venez, brillants Aswins, (dieux) protecteurs et doués d’excellents coursiers. Exaucez les prières de votre serviteur, et recevez les holocaustes que nous vous offrons.

2. Les mets (sacrés), les présents vous attendent. Venez prendre mon holocauste. Éloignez nos ennemis ; exaucez nos invocations.

3. Votre char, aussi rapide que la pensée, pourvu d’innombrables richesses, traverse les mondes pour venir à nous, ô (dieux) qui emportez les trésors de la fille du Soleil.

4. Dieux magnifiques, le mortier résonne en votre honneur ; le prêtre se lève pour prononcer les prières diverses ; il vous verse la libation, et vous appelle par ses holocaustes.

5. Vos bienfaits sont (grands) et variés. Vous avez éloigné Mahichwan[12] en faveur d’Atri, qui vous fut cher et obtint votre secours.

6. Ô Aswins, (dieux) secourables, le vieux Tchyavâna[13] vous offrit l’holocauste. Vous êtes venus, et lui avez donné la beauté.

7. De perfides amis avaient jeté Bhoudjyou[14] au milieu de la mer. (Vous l’avez sauvé), ô Aswins. Ainsi soit de celui qui vient à vous avec dévouement.

8. Vous avez donné de l’orge à Vrika[15], épuisé par ses œuvres. Vous avez entendu l’appel de Sayou[16], ô puissants Aswins. Vous avez rempli de lait sa vache stérile, comme (on remplit) d’eau (le lit d’un fleuve).

9. Votre poëte éveillé avec l’aurore, et préparé pour la prière, vous chante dans ses hymnes. Que la Vache (du sacrifice) lui donne l’abondance, et verse pour lui tout son lait. Et vous, secondez nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE X.
Aux Aswins, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Qu’il arrive, traîné par vos généreux coursiers, votre char d’or, qui sillonne le ciel et la terre, (ce char) aux roues brillantes, qui domine les hommes, et, chargé d’aliments et de mets, transporte votre ghrita (divin).

2. Il est pourvu de trois siéges, et s’étend sur les cinq espèces d’êtres. Qu’il vienne, appelé par la Prière. C’est lui qui vous amène auprès de vos dévoués serviteurs, ô Aswins qui parcourez le monde.

3. Glorieux protecteurs, avec vos excellents coursiers venez, et buvez nos libations de miel. Votre char, recevant votre épouse[17], va frapper de ses deux roues les confins du ciel.

4. Que cette épouse, fille du Soleil, sépare, au point du jour, de vos joyaux. Votre puissance protége l’homme pieux. Qu’avec votre secours il accumule une brillante abondance d’offrandes.

5. Ô Aswins, habiles écuyers, votre char se revêt des rayons des vaches (lumineuses) ; il visite la maison (du sacrifice). Au lever de l’Aurore, venez ici sur ce char nous apporter le bonheur.

6. Nobles héros, tels que des cerfs altérés, accourez aujourd’hui à nos libations de soma. Vous êtes sollicités par la prière en bien des lieux. Que d’autres que nous ne vous fassent point violence par leur piété.

7. Ô Aswins, avec vos chevaux robustes, immortels, ailés, infatigables, vous avez relevé du fond des eaux et sauvé Bhoudjyou, qui avait été précipitée dans la mer.

8. Ô Aswins toujours jeunes, écoutez mon invocation ; venez dans une maison où abondent les mets sacrés. Accordez-nous la richesse, et augmentez la fortune de nos maîtres. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE XI.
Aux Aswins, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Opulents Aswins, venez à nous. Votre place est ici près de (ce foyer) de terre ; et si vous voulez vous établir dans cette (sainte) demeure, (le Sacrifice) vous y attend, tel qu’un coursier au pas rapide, à la croupe commode.

2. La Prière accompagnée des offrandes vous honore. Le Feu[18] est allumé dans la maison de Manou. De la mer (des libations) il fait couler des torrents, et attelle les deux coursiers (du sacrifice)[19].

3. Ô Aswins, (venez) du haut du ciel prendre place auprès de nos libations, de nos mets (sacrés), des fidèles (qui vous honorent) ; et (ensuite), de la cime du nuage où vous siégez, faites descendre l’abondance sur un peuple dévoué.

4. Quand les Richis vous présentent pour offrandes ce qu’il y a de plus précieux dans les plantes et dans les eaux, ô dieux possesseurs de tant de trésors, remplissez notre vie de toute espèce de félicités.

5. Ô Aswins, vous entendez la voix des Richis, et vous voyez toutes leurs cérémonies. Venez (ici) de préférence, pour le bonheur de notre peuple. Que la prière, que nous vous adressons, appelle sur nous l’abondance.

6. Ô (Dieux) Véridiques, qu’il vous soit agréable, ce sacrifice que vous recommandent le nombre des holocaustes, la solennité des rites, et la multitude des assistants. Venez (ici) de préférence auprès de Vasichtha. C’est pour vous que sont célébrées ces cérémonies.

7. Ô généreux Aswins, telle est notre prière ; tels sont nos vœux. Que cette hymne vous plaise. Que ces rites soient agréés de vous. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE XII.
Aux Aswins, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. La Nuit, sœur de l’Aurore, se retire. La noire (déesse) a laissé la place au brillant (soleil). Jour et nuit nous voulons vous invoquer, ô vous qui nous donnez des chevaux et des vaches. Éloignez de nous le mal.

2. Ô Aswins qui apportez le bonheur sur votre char, venez vers le mortel votre serviteur. Éloignez de nous la disette et la faim. Ô (Dieux) aussi doux que le miel, jour et nuit conservez-nous.

3. Au lever de l’Aurore, que vos généreux (coursiers), avides de nos libations, amènent votre char. Ô Aswins, avec ces chevaux amis du sacrifice faites approcher ce (char) opulent, aux fortunés rayons.

4. Ô maîtres des hommes, ô (Dieux) Véridiques, venez à nous sur ce char qui a trois siéges, (char) riche et solide qui arrive avec le jour, au moment où le (Sacrifice) se présente à vous sous toutes ses formes[20].

5. Vous avez délivré Tchyavâna de sa vieillesse. Vous avez donné à Pédou[21] un coursier rapide. Vous avez tiré Atri des tourments (du feu) et des ténèbres. Vous avez sauvé Djâhoucha[22] au sein de (son royaume) envahi.

6. Ô généreux Aswins, telle est notre prière, tels sont nos vœux. Que cet hymne vous plaise. Que ces rites soient agréés de vous. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE XIII.
Aux Aswins, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô (Dieux) Véridiques, dont le corps est revêtu d’une brillante richesse, venez sur votre char magnifique, qu’environnent tant de vaches et de chevaux. Autour de vous se rassemblent tous les coursiers (du sacrifice)[23].

2. Ô (Dieux) Véridiques, venez à nous avec les dieux sur ce char qui est le siége du plaisir. Nous sommes déjà liés par les amitiés de nos pères. Nous avons un parent commun, qui vous prodigue ses trésors[24].

3. L’hymne adressé aux Aswins a éveillé les Rites qui sont frères, et les divines Aurores. Ô (Dieux) Véridiques, le sage vous invoque, et adore le Ciel et la Terre, dont il célèbre la grandeur.

4. Ô Aswins, les Aurores se lèvent. Les sages, en votre honneur, accomplissent les rites. Le divin Savitri a élevé sa lumière. Le bois s’enflamme, et les feux pétillent.

5. Ô Aswins, ô (Dieux) Véridiques, arrivez de l’occident, de l’orient, du midi, du nord, de tout côté, et apportez l’abondance convenable aux cinq espèces d’êtres. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE XIV.
Aux Aswins, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Chantres pieux et dévoués, nous avons traversé l’océan et les ténèbres. L’hymne invoque les Aswins, (dieux) antiques, immortels, héroïques et puissants.

2. Ô (Dieux) Véridiques, le (dieu) prêtre et ami de Manou, qui préside aux sacrifices et aux prières, s’est établi (sur son foyer). Aswins, venez goûter au miel de nos libations. Entouré des offrandes, (Agni) vous appelle à nos cérémonies.

3. Accumulons les offrandes ; élargissons les voies du sacrifice. (Ô Dieux) généreux, que cet hymne vous plaise. Tel qu’un messager rapide, Vasichtha vous a éveillés par ses louanges et par ses chants.

4. Chargés de nos holocaustes, (les Aswins) s’approchent de leurs serviteurs ; ils donnent la mort aux Rackchasas, et, unissant leurs efforts, ils développent la vigueur de leurs bras. Venez prendre nos libations enivrantes. Ne nous perdez pas ; arrivez avec la fortune.

5. Ô Aswins, ô (Dieux) Véridiques, arrivez de l’occident, de l’orient, du midi, du nord, de tout côté, et apportez l’abondance convenable aux cinq espèces d’êtres. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE XV.
Aux Aswins, par Vasichta.
(Mètre : Vrihatî.)

1. Les prêtres vous invoquent, ô secourables Aswins. Je vous appelle à notre secours, ô (Dieux) trésor d’œuvres puissantes. Venez vers votre peuple.

2. Héroïques (Aswins), vous nous accordez des biens de toute espèce. En échange de mes prières, donnez-moi (vos richesses). Amenez ensemble votre char, et buvez le miel de notre soma.

3. Venez, ô Aswins ; protégez-nous, et buvez de notre miel. Ô (Dieux) généreux, trésor d’opulence, prenez notre lait : ne nous perdez pas. Venez.

4. Sur les ailes rapides des coursiers qui vous amènent à la maison de votre serviteur, venez, ô divins Aswins, et soyez à nous.

5. Ô Véridiques Aswins, les chefs de famille vont, pour vous, rassembler les offrandes. Accordez-nous, à nous qui sommes vos riches serviteurs, une maison, une fortune assurée.

6. Les hommes qui, tels que des chars remplis de richesses, s’avancent en se montrant protecteurs des mortels, croissent toujours en force, et se ménagent une heureuse habitation.


HYMNE XVI.
À l’Aurore, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. L’Aurore, fille du Ciel, se lève. Elle vient avec le Sacrifice, et révèle sa grandeur. Elle repousse les ténèbres odieuses de notre ennemi. Elle vient à la voix de nos hymnes, elle qui tient le premier rang parmi les Angiras[25].

2. Ô divine Aurore, favorable aux mortels, enfants de Manou, éveille-toi aujourd’hui pour notre bonheur. Répands tes bienfaits pour notre plus grande félicité. Donne-nous une opulence glorieuse, variée, abondante.

3. Les rayons brillants et immortels de l’illustre Aurore ont apparu. Ils donnent naissance aux œuvres divines, et remplissent les airs.

4. Et elle, attelant (ses coursiers), surveille de loin dans sa course les cinq espèces d’êtres. Fille du Ciel, amante du Monde, elle a les yeux ouverts pour le bonheur des peuples.

5. Femme du Soleil, elle est riche en présents ; elle amène l’abondance, et préside à la féconde opulence. Chantée par les Richis, elle détruit (l’obscurité). La magnifique Aurore se lève, célébrée par ceux qui portent (les offrandes).

6. Nos yeux ont vu les coursiers brillants et superbes qui amènent la lumineuse Aurore. Et elle, montée sur un char resplendissant, va répandant, sur le peuple qui l’honore, ses rayons et ses trésors.

7. Juste, grande et divine, elle reçoit les hommages des êtres justes, grands et divins, adorée par ce qui est adorable. L’Aurore brise ce qui est fort ; elle donne naissance à ces vaches (lumineuses) qui forment son cortége.

8. Aurore, accorde-nous la fortune avec mille jouissances, avec une multitude de vaches, de chevaux et d’enfants. Ne permets pas que, parmi les hommes, le gazon de notre (sacrifice) soit un objet de blâme. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE XVII.
À l’Aurore, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Le flambeau immortel qui éclaire tous les êtres, le divin Savitri, l’ami de tous les hommes, vient de se lever. L’œil (du monde) est né par l’œuvre des Dévas ; l’Aurore avait (déjà) dévoilé toute la nature.

2. Mes yeux ont vu les voies suivies par les Dévas, (voies) innocentes, et ornées par les (feux des) Vasous[26]. L’étendard de l’Aurore apparaît ; la (déesse) est sortie à l’orient de son palais (divin).

3. Les Jours se rendent en foule à l’orient au lever du Soleil. Ils l’environnent, tels que des amants. Aurore, tu t’avances comme décidée à ne pas reculer.

4. Nos pères[27], ces sages antiques et justes, se sont, avec les Dévas, livrés aux joies du sacrifice. Ils ont été à la recherche de la lumière cachée, et par leurs saintes prières ils ont enfanté l’Aurore.

5. Au sein de la vaste et obscure caverne, ils se sont assemblés ; et, s’entendant ensemble dans leurs mutuels efforts, ils ont consolidé l’œuvre des Dévas, et marché avec les Vasous.

6. Aurore noble et fortunée, les Vasichthas s’éveillent avec le jour, s’empressent de te célébrer, et te chantent dans leurs hymnes. Ô toi qui diriges les Vaches (lumineuses), et qui es la maîtresse de l’abondance, lève-toi, et accueille nos premiers accents.

7. L’Aurore se lève, amenant l’Opulence et la Prière. Elle est célébrée par les Vasichthas, et répand sur nous une richesse au loin renommée. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE XVIII.
À l’Aurore, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Telle qu’une jeune femme, (l’Aurore) a brillé, et met sur pied tous les êtres vivants. Agni est alimenté par les enfants de Manou ; il fait la lumière qui chasse les ténèbres.

2. Elle s’avance ; elle s’étend, et, vêtue de sa robe resplendissante, elle éclaire le monde. Elle apparaît, belle et dorée, mère des Vaches (lumineuses) et guide des Jours.

3. La fortunée (déesse) amène l’œil brillant des dieux ; elle conduit le beau cheval (du ciel). L’Aurore développe à nos yeux ses rayons, féconde en présents variés, et dominant tous les êtres.

4. Ô toi qui nous apportes le bonheur et repousses nos adversaires, lève-toi ; donne-nous la sécurité, agrandis notre habitation. Ô riche (déesse), chasse l’ennemi, amène l’opulence, envoie la fortune à ton chantre.

5. Ô divine Aurore, fais briller pour nous tes plus beaux rayons. Prolonge notre existence. Tu possèdes tous les biens ; donne-nous l’abondance, (donne-nous) une opulence remarquable en vaches, en chevaux, en chars.

6. Fille du Ciel, noble Aurore, les Vasichthas par leurs prières font ta grandeur. Accorde-nous une noble et large fortune. Et vous, secondez nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE XIX.
À l’Aurore, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Les premières lueurs (du matin) ont apparu : les rayons de l’Aurore se sont développés. (Ô déesse), viens sur ton char large et lumineux, et apporte-nous le bonheur.

2. Agni s’enflamme et résonne. Les prêtres lui répondent par leurs chants et leurs prières. La divine Aurore arrive avec la lumière, et repousse au loin les ténèbres et les maux.

3. Nos yeux ont aperçu à l’orient les brillantes Aurores qui s’avancent, enfantent le Soleil, le Sacrifice, Agni. Les odieuses Ténèbres ont fui à l’occident.

4. L’opulente fille du Ciel est arrivée. Tous les regards sont fixés sur l’éclatante Aurore. Elle monte sur son char que vient d’atteler la Swadhâ, et que traînent de dociles coursiers.

5. Nos riches seigneurs et nous, aujourd’hui, animés d’un pieux esprit, nous voulons t’éveiller. Ô brillantes Aurores, répandez (sur la terre) votre rosée onctueuse. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE XX.
À l’Aurore, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. L’Aurore a ouvert les voies des mortels ; elle éveille les cinq espèces d’êtres, enfants de Manou[28]. Le soleil, avec ses (rayons) magnifiques et féconds, a répandu la lumière, et il a, de son œil, dévoilé le Ciel et la Terre.

2. Les Aurores, telles que des ouvriers qui unissent leurs efforts, poussent leurs lueurs jusqu’aux confins du ciel. (Ô Déesse), tes vaches (lumineuses) ont détruit les ténèbres ; tes bras, comme (ceux de) Savitri, répandent la clarté.

3. L’opulente et loyale Aurore apparaît ; pour le bonheur (des mortels), elle donne le jour à l’Abondance ; fille divine du Ciel, elle prend le premier rang parmi les Angiras, et accorde ses trésors à (l’homme) pieux.

4. Aurore, favorise-nous de tes présents, comme tu as déjà, pour prix de leurs hymnes, favorisé tes chantres. Aux bruits du sacrifice ils t’ont enfantée, et tu as ouvert les portes de la montagne (ténébreuse).

5. Tu viens à nous ; tu engages les dieux à nous combler de leurs biens ; tu encourages la Prière. Lève-toi pour notre bonheur, et exauce nos vœux. Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.


HYMNE XXI.
À l’Aurore, par Vasichta.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Les sages, enfants de Vasichtha, ont les premiers éveillé l’Aurore par leurs hymnes et leurs chants. Et (la déesse) fait rouler ensemble le Ciel et la Terre, qui ont des frontières communes ; elle découvre tous les mondes.

2. L’Aurore s’éveille, donnant (à la Nature) une vie nouvelle, et avec la Lumière repoussant les Ténèbres. Elle s’avance, jeune et intrépide ; elle appelle le Soleil, le Sacrifice, Agni.

3. Que les Aurores se lèvent toujours pour nous, heureuses et fécondes en chevaux, en vaches, en enfants. Qu’elles soient chargées de biens, et répandent sur nous le beurre (de l’abondance). Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions.



  1. Aryaman reçoit ici l’épithète d’Aditi, qui devient son nom au distique 8.
  2. Je rends ainsi le mot Saradah, que le commentaire traduit par Samvatsarân.
  3. Le Soleil naît à la suite du sacrifice : il est comme le fils du sacrificateur.
  4. Amrita est une épithète donnée aux Dévas, aux prêtres, ou bien aux Rites personnifiés.
  5. Kchatriyâh.
  6. Aryaman est ici simplement appelé Arya.
  7. Le commentaire traduit ce mot par Adicattârah.
  8. Aditi est la nature dans son ensemble, qui apparaît avec le Soleil.
  9. Le commentaire fait rapporter ce passage aux dieux eux-mêmes, Mitra, etc.
  10. C’est-à-dire, la stance de l’hymne chanté au sacrifice.
  11. Nâsat as.
  12. Le commentaire ne dit rien de ce personnage, qui me paraît être une personnification des ténèbres, comme Atri en est une d’Agni. Voy. page 69, col. 2 ; page 73, col. 1, etc.
  13. Voy. page 114, col 1, note 6.
  14. Voy. sect. 1, lect. vii, hym. xviii, st. 6, etc.
  15. Vrika est le nom qu’on donne au brigand, et qui signifie proprement loup. On l’emploie quelquefois pour le sacrificateur qui verse la libation. Je pense que dans ce passage c’est le nom d’un Richi.
  16. Voy. sect. 1, lect. vii, hym. xviii. st., 16, etc.
  17. L’épouse des Aswins est l’Aurore, fille du Soleil (Soûryâ).
  18. Gharma.
  19. Je suppose que le poëte désigne ainsi les deux espèces de libations employées dans le sacrifice.
  20. Je sous-entends Yadjnah avec l’épithète Viswapsyah : ce n’est pas l’avis du commentaire.
  21. Voy. pages 114, col. 1 ; 116, col. 1.
  22. Voy. page 115, col. 1.
  23. On entend par ces mots les hymnes, les louanges, stoutayah.
  24. Le commentateur dit que les Adiiyas, Vivaswân et Varouna, sont les pères des Aswins et de Vasichtha. Il rappelle aussi la tradition pourânique, qui fait naître les Aswins et Manou du Soleil. Je pense que la pensée de l’auteur est qu’Agni est pour les Aswins et les hommes un ami, un parent également bon, et que les trésors du sacrifice sont ouverts pour les Aswins.
  25. C’est une classe de Richis des sacrifices, qui remplissent un grand rôle dans les cérémonies. Voy. page 41, col 2, note 1, et page 44, col. 1, note 7.
  26. Les Vasous sont une classe de dieux, sans doute les Feux, comme nous l’avons vu ailleurs.
  27. Le poëte désigne ici les Angiras. Voy. page 41, col. 2, note 1. Au lieu de dire nos pères, peut-être vaudrait-il mieux dire les Pitris. Voir plus haut, page 347, col. 1, note 3.
  28. Voy. page 45, col. 1, note 1.