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Rig Véda ou Livre des hymnes/Section 8/Lecture 3

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Traduction par Alexandre Langlois.
Bibliothèque Internationale Universelle (p. 557-565).


LECTURE TROISIÈME.
HYMNE I.
À Aditi, par Vrihaspati.
(Mètre : Anouchtoubh.)

1. Chantons les naissances des Dieux qui, célébrés par nos hymnes, verront le jour dans l’âge à venir.

2. Brahmanaspati[1], tel qu’un artiste habile, les forme de son souffle. Les dieux existants naissent de ceux qui n’existent plus, et qu’a vus l’âge précédent.

3. Oui, les Dieux existants naissent de ceux qui n’existent plus, et qu’a vus l’âge précédent. Ainsi apparaissent à l’horizon les Régions célestes, ainsi apparaît Outtânapada[2].

4. Ainsi apparaît Outtânapada, et la Terre, et les Régions du ciel. Dakcha naît d’Aditi ; Aditi naît de Dakcha[3].

5. Ô Dakcha, elle est née cette Aditi qui est ta fille, et qu’ont mise au monde les Dévas, tous parents fortunés et immortels.

6. Ô Dieux, quand à notre voix vous êtes venus ici au milieu des ondes, sous vos pas, comme sous ceux des danseurs, s’est élevée une poussière large (et lumineuse).

7. Tels que le nuage (qui remplit le ciel de son eau), ô Dieux, vous avez rempli les Mondes (de vos rayons). Vous avez amené le Soleil caché au sein du Samoudra[4].

8. Du corps d’Aditi naissent autour de nous huit enfants[5]. La (déesse) se présente aux Dieux avec sept (de ces enfants ; le huitième, appelé) Mârtânda, a reçu d’elle une haute mission.

9. Dans l’âge passé, Aditi est venue aussi avec ses sept enfants. Le huitième, Mârtânda, a été porté par elle pour mourir et pour se reproduire[6].


HYMNE II.
À Indra et aux Marouts, par Goriviti, fille de Sakti.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô (Dieu) terrible, fort et superbe, tu nais pour la puissance, la victoire et le bonheur. Les Marouts augmentent la grandeur d’Indra, héroïque enfant d’une mère généreuse.

2. L’armée d’un avare ennemi pressait Indra ; (les Marouts) sont accourus, et lui ont prêté leur force secourable. Au sein d’un pâturage ténébreux étaient enfermées les Vaches (célestes) ; elles en sont sorties pour naître (à la lumière).

3. Quand tu marches, tes pas sont grands. Les Vâdjas[7] qui sont ici te donnent leur vigueur. Ô Indra, ta bouche a la force de mille chacals. Amène les Aswins.

4. Puissant dans le combat, tu viens au sacrifice. Amène les Nâsatyas[8], dont nous désirons l’amitié. Ô Indra, donne tout appui à notre opulence. Ô vaillant héros, les Aswins sont magnifiques en présents.

5. Heureux de notre sacrifice, qu’Indra, avec ses rapides alliés, augmente et enrichisse notre race. Qu’il attaque avec eux le Dasyou ; qu’il détruise ses magies, et délivre les pluies de leur prison ténébreuse.

6. Amène-nous ces deux (divinités) qui portent un nom commun ; ô Indra, donne la mort à Vritra, et fais luire les Aurores. Viens avec tes nobles et ardents amis, et frappe ces grandes formes qui font notre bonheur.

7. C’est toi qui as frappé l’avare Namoutchi[9]. En faveur du sage (Manou), tu as privé ce brigand de sa magie. Pour Manou tu as ouvert et aplani les voies qui mènent vers les Dieux.

8. Ô puissant Indra, tu remplis tous ces mondes[10]. Tu tiens la foudre (dans ta main). Les Dieux sont fiers de ta force. Tu as déchiré ces (montagnes) humides qui ont leurs racines dans le ciel.

9. (Son char a deux roues)[11]. L’une, qui roule au milieu des ondes (célestes), est la source d’un miel (tout divin). L’autre, placée sur la terre, est une mamelle qui donne son lait aux plantes et aux Vaches (du sacrifice).

10. Quelques-uns disent : « C’est l’enfant du cheval[12]. » Moi, je dis : c’est l’enfant de la Force. Il vient, animé par la colère, attaquer les villes (célestes). Je crois aussi Indra enfant de la Colère.

11. Cependant les (rayons) ailés entourent Indra ; les sages Priyamédhas[13] font entendre leurs voix. Écarte les ténèbres, répands la lumière ; délivre-nous de ces filets dans lesquels nous sommes enchaînés.


HYMNE III.
À Indra et aux Marouts, par Gôriviti.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. (Indra) veut répandre ses trésors ; et il est attiré (vers nous) par la prière et le sacrifice, avec (ces Dieux) du ciel et de la terre qui sont chargés de richesses, et qui, sensibles à nos vœux, triomphent de la puissance du mal.

2. L’invocation des (Angiras) est telle qu’un souffle de vie[14] ; leur pieuse prière a retrouvé le ciel, comme elle a conquis la terre. Ces Dévas voient le lieu où est le trésor (du monde), et, de même qu’un soleil brillant, ils l’embellissent de leurs rayons.

3. Voici la prière de ces Immortels, qui accomplissent l’œuvre précieuse du sacrifice. Que leurs saintes pratiques nous procurent des biens incomparables.

4. Les enfants d’Ayou ont célébré, ô Indra, l’exploit par lequel tu leur as ouvert la caverne où étaient les vaches qu’ils désiraient. En même temps ils ont extrait, par mille torrents, le lait de la grande et large (génisse)[15], entourée de ses nombreux enfants.

5. Époux de Satchî, (exauce-nous !) Appelez à votre secours l’invincible Indra qui dompte les armées, l’opulent Ribhoukchâs[16], le grand Maghavan digne de vos louanges, le maître puissant qui porte la foudre.

6. Indra a donné la mort au grand Vritra, et après sa victoire a rempli les mondes (de sa splendeur). Le maître de la force fait sentir sa présence. Qu’il accomplisse nos désirs.


HYMNE IV.
Aux Rivières, par Priyamédha, fils de Sindhoukchit.
(Mètre : Djagatî.)

1. Ondes, le chantre célèbre votre grandeur dans la demeure de Vivaswân[17]. Les sept torrents coulent chacun dans trois (mondes différents)[18]. De ces rivières la Sindhou[19] est la première par sa force.

2. Sindhou, Varouna ouvre lui-même ta route quand tu vas répandre l’abondance. Tu descends des hauteurs de la terre, et tu règnes sur ces mondes.

3. Un fracas a retenti dans le ciel ; l’éclair a brillé. C’est la Sindhou qui s’élance sur la terre avec une force infinie. Telles les eaux jaillissent du nuage avec le bruit du tonnerre ; tel le taureau mugit.

4. Ô Sindhou, (les autres Rivières) viennent à toi et (t’apportent leur tribut), comme les vaches apportent leur lait à leur nourrisson. Quand tu marches à la tête de ces Ondes impétueuses, tu ressembles à un roi belliqueux, qui étend ses deux ailes de bataille.

5. Ô Gangâ, Yamounâ, Saraswatî, Soutoudrî, avec la Parouchnî, écoutez mon hymne. Ô Maroudvridhâ avec l’Asicknî et la Vitasthâ, ô Ardjîkîyâ avec la Souchomâ, entendez-nous[20].

6. Ô Sindhou, tu mêles d’abord tes flots rapides à ceux de la Trichtâmâ, de la Rasa, de la Swétî, de la Coubhâ ; tu entraînes, à mon préjudice, sur le même char que toi, la Gomatî et la Croumou[21].

7. Brillante, impétueuse, invincible, la Sindhou développe ses ondes avec majesté. Douée de mille beautés variées, elle charme les yeux ; elle s’emporte comme une cavale ardente.

8. Jeune et magnifique, superbe et féconde, parée de ses rives fertiles, elle roule ses flots d’or ; elle voit sur ses bords des coursiers excellents, des chars rapides, des troupeaux à la laine soyeuse ; elle répand avec elle un miel abondant.

9. La Sindhou monte sur son char fortuné. Qu’elle accorde à nos prières de nombreux coursiers. C’est par de telles louanges que notre sacrifice recommande sa gloire et sa grandeur.


HYMNE V.
Aux Mortiers (sacrés), Djaratcarna, fils d’Iravan.
(Mètre : Djagatî.)

1. L’offrande commence, et je vous appelle. Honorez Indra, les Marouts, le Ciel et la Terre. Que ces jumeaux qui se suivent, le Jour et la Nuit, nous comblent de leurs biens sans interruption.

2. Versez l’heureuse libation. Le Mortier, sous la main du sacrificateur, est comme un coursier bien dressé. Que l’Arya connaisse votre puissance triomphante, car (le Mortier) ne lance ses chevaux que pour apporter la richesse.

3. Que notre sacrifice se ressente de l’œuvre du Mortier ; qu’il ouvre, comme autrefois, la voie à Manou. (Soma), enfant de Twachtri, s’est mêlé au lait de la vache, et devient un coursier (rapide). Que les (Mortiers) nous l’amènent heureusement dans nos fêtes.

4. Éloignez les Rakchasas aux cris perçants. Écartez Nirriti. Chassez la Pauvreté. Ô Mortiers, donnez-nous l’opulence accompagnée de la force. Faites entendre votre voix en l’honneur des Dieux.

5. Ô prêtre, réjouis (les Dieux) avec (ces Mortiers) qui ont dans leur soma plus de force que le Ciel, plus de rapidité que Vibhou[22], plus de vigueur que Vâyou, plus de fécondité qu’Agni.

6. Que les glorieux Mortiers, avec bruit, avec éclat, nous apportent leur libation dans ces lieux où les prêtres, élevant la voix de l’hymne et poussés à l’envi par un saint empressement, attendent ce lait aussi doux que le miel.

7. Les rapides Mortiers versent le soma ; excités par nos louanges, ils répandent ce jus (précieux). Cependant les ministres du sacrifice, poursuivant leur œuvre, pressent cette mamelle ; ils semblent avec leur bouche bruyante purifier l’holocauste.

8. Ô Mortiers, oui, vous êtes de dignes ministres du sacrifice, vous qui versez le soma en l’honneur d’Indra. Que vos trésors soient pour la race divine ; que vos faveurs soient pour le sacrificateur humain.


HYMNE VI.
Aux Marouts, par Syoumarasni, fils de Bhrigou.
(Mètres : Djagatî et Trichtoubh.)

1. Appelle par ta prière les trésors de cette troupe qui chasse les nuages et entante (la fertilité), non moins puissante que le Sacrifice aux (purs) holocaustes. Pour honorer ces pieux Marouts, je chante et célèbre leur gloire.

2. Tels que de (jeunes) et beaux fiancés, les Marouts, enfants du Ciel, se font une brillante parure des sombres nuages. Revêtus de couleurs variées, ils s’agitent, et se développent pareils à d’invincibles Adityas.

3. Ils dominent le ciel et la terre, comme le soleil domine le nuage ; semblables à de vaillants héros avides de gloire, à de brillants guerriers vainqueurs de leurs ennemis.

4. Sous vos pieds se rassemblent les eaux, et la Terre cesse alors de craindre et de trembler. Ce sacrifice, avec toutes ses formes, se dresse en votre honneur. Venez tels que des convives invités à un festin.

5. Ou tels que des compagnons unis pour porter un fardeau, ou tels que des astres se levant avec splendeur ; glorieusement acharnés sur vos ennemis comme des éperviers sur leur proie, agiles comme des voyageurs à la ceinture serrée.

6. Ô Marouts, vous arrivez de loin pour répandre les richesses que vous avez amassées, et nous amener la fortune. Chassez l’ennemi secret qui nous menace.

7. L’enfant de Manou, qui, dévoué à l’œuvre sainte, honore les Marouts par des sacrifices magnifiques, doit jouir d’une riche et forte abondance. Qu’il soit fidèle à plaire aux Dieux par ses libations.

8. Que ces auxiliaires divins et fortunés soient dans nos sacrifices invoqués au même titre que les Adityas. Qu’ils poussent leur char vers nous, et, pleins d’ardeur pour nos saintes cérémonies, qu’ils exaucent nos prières.


HYMNE VII.
Aux Marouts, par Syoumarasni.
(Mètres : Djagatî et Trichtoubh.)

1. (Les Marouts nous apparaissent) tels que des sages aux pieuses paroles, ou des sacrificateurs aux œuvres saintes ; tels que des rois au brillant cortége, ou de vertueux maîtres de maison.

2. Tels qu’Agni, ils ornent leur poitrine de parures d’or. Tels que les Vents, ils s’attellent à un char qui ne connaît point le repos. Tels que de sages directeurs, ils ne suivent que les bonnes voies. Tels que les heureuses Libations, ils arrivent au sacrifice.

3. Ils vont tels que les Vents qui ébranlent (le monde). Ils brillent tels que les langues d’Agni ; belliqueux comme les guerriers couverts de leurs armures, riches en présents comme les prières et les œuvres de nos Pères.

4. Liés par une origine commune de même que les rayons d’une roue, ardents à la victoire de même que de brillants héros, ils répandent le beurre (de l’abondance), comme de généreux seigneurs ; ils font entendre leurs doux murmures, comme des chantres harmonieux.

5. Aussi rapides que les coursiers, aussi généreux que des maîtres de chars remplis de provisions, ils se précipitent comme le torrent qui descend de la colline ; ils retentissent comme les Angiras aux formes diverses[23].

6. Enfants de l’Onde[24], ils répandent leur libation ainsi que les mortiers ; ils déchirent (le nuage) ainsi que la foudre ; folâtres comme de jeunes enfants sous l’œil d’une bonne mère, animés comme un grand village au jour de la fête.

7. Tels que les rayons de l’Aurore, ils ornent le sacrifice ; tels qu’une belle parure, ils brillent avec éclat. Leur course est rapide comme celle des rivières. Couverts d’armes resplendissantes, ils mesurent les yodjanas[25] avec la vitesse (du cheval) qui accourt de la région lointaine.

8. Ô divins Marouts, donnez-nous le bonheur. Augmentez la richesse de vos chantres. Venez pour recevoir les louanges de vos amis. Vos présents sont toujours généreux.


HYMNE VIII.
À Agni, par Sapti, fils de Vadjambhara.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. J’ai vu la grandeur de ce (Dieu) immortel au milieu des nations mortelles. Ses mâchoires, (armées de dents) nombreuses, s’ouvrent, se ferment, brisent, consument et dévorent.

2. Sa tête est placée sur le foyer ; mais ses deux yeux[26] sont dehors. Le (Dieu), qui délie (les corps), avec sa langue dévore le bois. Cependant (les prêtres), entourés du peuple, élèvent leurs mains chargées d’offrandes, et avec la nourriture qu’ils apportent, ils lui donnent des pieds.

3. En effet, il veut, loin de sa mère, visiter l’inconnu qui l’environne. Tel qu’un jeune enfant, il rampe vers les larges branches. On le voit sur le foyer de terre consumer ses aliments, et lancer dehors sa langue étincelante.

4. Ô Ciel et Terre, je vous dis-la vérité. À peine né, cet enfant dévore les deux parents qui l’ont engendré[27]. Mortel que je suis, je ne juge point un Dieu. Agni certainement est éclairé et sage.

5. Ô Agni, tu ouvres tes mille yeux pour voir celui qui s’empresse de t’apporter des aliments. Tu es de tous côtés accessible à celui qui jette sur toi un beau vêtement de ghrita onctueux.

6. Ô Agni, pourquoi, parmi les Dieux, nous affliger de ta colère ? Je ne suis qu’un, ignorant, quand je te fais cette demande. Suivant ton humeur sérieuse ou enjouée, tu brilles, et pour manger ta nourriture tu la coupes en morceaux, comme le fer (coupe les membres de) la vache.

7. Le (Dieu) qui est né du bois attelle à ton char ses coursiers qui s’élancent de divers côtés, et qu’il dirige de ses rênes intelligentes. Notre ami, entouré de ses Vasous[28], a dévoré ses aliments, et a développé ses membres brillants.


HYMNE IX.
À Agni, par Sapti.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Agni donne le cheval qui nous procure l’abondance. Agni nous donne le héros illustre qui poursuit son œuvre avec fermeté. Agni va ornant le Ciel et la Terre. Agni donne l’épouse sage et féconde.

2. Alimentez Agni, qui accomplit son œuvre. Agni honore le Ciel et la Terre, ces deux grandes et heureuses (divinités). Agni lance aux combats l’incomparable (Indra). Agni a frappé de nombreux ennemis.

3. Agni a sauvé Djaratcarna[29] ici présent. Agni a par ses feux triomphé de Djaroutha[30]. Agni a délivré Atri d’une prison enflammée[31], Agni a donné à Nrimédha[32] une heureuse famille.

4. Agni, entouré de ses beaux rayons, envoie la richesse. Agni est sage et généreux. Agni porte l’holocauste jusqu’au ciel. Agni a plusieurs corps qui brillent en divers lieux.

5. Dans leurs hymnes les Richis invoquent Agni. Les hommes malheureux dans le combat (implorent) Agni. Les oiseaux qui volent dans l’air (appellent) Agni. Des milliers de vaches ont Agni pour pasteur.

6. La race de Manou chante Agni. Les enfants de Manou, comme ceux de Nahoucha[33], (célèbrent) Agni. Agni (suit) la route du sacrifice où (l’entraînent) des voix harmonieuses[34]. Agni fixe sa demeure au milieu du ghrita.

7. Pour Agni les Ribhous ont inventé les saintes cérémonies. Nous avons dans nos chants invoqué le grand Agni. Ô Agni, conserve ton chantre. Ô Agni toujours jeune, donne-nous l’opulence.


HYMNE X.
À Viswacarman[35], par Viswacarman, fils de Bhouvana.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Que le Richi (divin)[36], notre pontife et notre père, qui par son sacrifice a formé tous ces mondes, vienne s’asseoir (à notre foyer). Qu’il désire et bénisse nos offrandes. Habitant des régions supérieures, il descend aussi vers nous.

2. Comment fut établie cette haute demeure ? quand fut-elle fondée ? Lorsque le sage Viswacarman enfanta la Terre, il étendit aussi la voûte majestueuse du Ciel.

3. De tous les côtés se portent les yeux, les têtes, les bras, les pieds (de Viswacarman). Dieu unique, il enfante le Ciel et la Terre, façonnant (l’un) avec ses bras, (l’autre) avec ses pieds.

4. Dans quelle forêt (les Dieux) ont-ils pris le bois dont ils ont fait le Ciel et la Terre ? Ô sages, que votre science nous dise quel est l’être qui préside à ces mondes et qui les consolide.

5. Ô Viswacarman, ô (Dieu) fort, donne à tes amis ces biens qui t’appartiennent dans le monde supérieur, dans le monde inférieur, dans le monde intermédiaire. Que ton corps grandisse, et qu’il porte notre holocauste.

6. Ô Viswacarman, grandis pour l’holocauste, et honore le Ciel et la Terre. Que les autres nations se troublent d’effroi. Que nous trouvions ici pour nous un bienfaiteur magnifique.

7. Appelons aujourd’hui à notre secours, dans cet abondant sacrifice, Viswacarman, maître de la parole (sainte), et rapide comme la pensée. Qu’il se plaise à toutes nos invocations ; que sa sainte protection nous donne le bonheur.


HYMNE XI.
À Viswacarman, par Viswacarman.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Le père de ce (grand corps qui) étonne nos yeux, a (d’abord) dans sa sagesse enfanté les Ondes (aériennes), et ensuite le Ciel et la Terre qui les environnent, et qu’il a étendus en les affermissant de tous côtés sur leurs bases antiques.

2. Le grand et sage Viswacarman s’élève lui-même avec splendeur, prêtant à tout sa beauté et sa force[37]. En lui sept Richis ne font qu’un seul être[38] supérieur ; et en son honneur les (prêtres) présentent, avec une (sainte) allégresse, l’offrande et la prière.

3. Celui qui est notre père, qui a engendré et qui contient tous les êtres, connaît chaque monde. (Dieu) unique, il fait les autres Dieux. Tout ce qui existe le reconnaît pour maître.

4. Que ces antiques Richis, comme nos chantres par leurs hymnes, nous procurent la richesse par leurs sacrifices. Ce sont eux qui ont créé tous les êtres, animés et inanimés.

5. Les Ondes ont porté dans leur sein celui qui est supérieur au Ciel et à la Terre, aux Dieux et aux Asouras, celui qui donne la lumière à tous les êtres divins.

6. Oui, les Ondes ont porté dans leur sein celui qui donne la lumière à tous les êtres divins. Sur l’ombilic du (Dieu) incréé[39] reposait un (œuf)[40] dans lequel se trouvaient tous les mondes.

7. Vous connaissez celui qui a fait toutes ces choses ; c’est le même qui est au dedans de vous[41]. Mais à nos yeux tout est couvert comme d’un voile de neige. Nos jugements sont obscurs ; et (les hommes) s’en vont, offrant des holocaustes et chantant des hymnes.


HYMNE XII.
À Manyou[42], par Manyou, fils de Tapas.
(Mètres : Djagatî et Trichtoubh.)

1. Ô Manyou, ô toi qui es le tonnerre, le trait fatal, la puissance, la force, celui qui t’honore mène une vie florissante. Puissions-nous vaincre (notre ennemi), qu’il soit Dasyou ou Arya, avec le secours d’un allié tel que toi, fort, vigoureux et puissant !

2. Oui, Manyou, est un Dieu ! c’est Indra, c’est Varouna, c’est (Agni) le sacrificateur, le possesseur de tous les biens. Les enfants de Manou chantent Manyou. Ô Manyou, compagnon de Tapas[43], conserve-nous.

3. Viens, ô Manyou, plus prompt que la promptitude même, et avec Tapas ton compagnon triomphe de tes ennemis. Frappe tes adversaires ; frappe Vritra et les Dasyous, et apporte-nous Tatous les biens.

4. Ô Manyou, ta force est supérieure. Né de toi-même, tu t’enflammes et domptes tes ennemis. Ton œil est pénétrant, ta vigueur est triomphante. Donne-nous la victoire dans les combats.

5. Ô sage et grand Manyou, j’étais malheureux, et par ta force j’ai échappé à mes (ennemis). J’étais faible, et je t’ai fait passer dans mon propre corps. Viens donc à moi pour relever ma vigueur.

6. Je suis à toi ; viens t’unir à moi, ô (Dieu) fort et solide. Manyou, armé de la foudre, emporte-moi avec toi ; donnons ensemble la mort aux Dasyous. Pense à ton ami.

7. Viens, et sois à ma droite. Donnons ainsi la mort à tous mes ennemis. Je te présente l’offrande d’un miel agréable. Ma voix murmure la prière. Buvons ensemble les premiers.


HYMNE XIII.
À Manyou, par Manyou.
(Mètres : Djagatî et Trichtoubh.)

1. Ô Manyou, compagnon des Marouts, qu’ils viennent avec toi sur un même char, ces héros folâtres et vainqueurs, qui brisent (tous les obstacles), qui portent des flèches aiguës et des traits affilés qui ont la forme de feux embrasés.

2. Ô puissant Manyou, tel qu’Agni, brille et triomphe dans les batailles ! Viens, nous t’invoquons. Frappe nos ennemis, et donne-nous leurs richesses. Sois fort, et repousse nos adversaires.

3. Ô Manyou, viens, et renverse ceux qui nous attaquent. Brise, abats, détruis nos ennemis. Ta puissance terrible ne connaît point d’obstacle. À ton gré tu commandes, ô (Dieu) qui es né sans pareil.

4. Oui, Manyou, pour la force de les bras tu es incomparable. Nous te célébrons. Excite les peuples au combat. Ô (Dieu) qui brilles d’un éclat inaltérable, quand nous t’avons pour compagnon, nous poussons le cri joyeux de la victoire.

5. Tel qu’Indra, tu procures le triomphe ; tu provoques la louange. Ô Manyou, sois ici notre protecteur. Ô (Dieu) fort, nous célébrons ton nom chéri. Nous connaissons cette source où tu puises ta grandeur.

6. Ô (Dieu) triomphateur, qui es le tonnerre et le trait fatal, tu es né avec la victoire, et tu possèdes la force. Ô Manyou, que tous les hommes invoquent, viens nous couvrir de ta puissance. Répands sur nous tes trésors.

7. Que Varouna et Manyou nous comblent tous les deux de leurs plus beaux présents. Que les ennemis qui jettent la terreur dans nos cœurs soient vaincus et anéantis.


HYMNE XIV.
Noces de Sourya[44]. — Richi : la fille de Savitri.
(Mètres : Anouchtoubh et Djagatî.)

1. La Vérité a consolidé la Terre ; le Soleil a consolidé le Ciel. Par la vertu du sacrifice, les Adityas s’affermissent, et Soma s’étend dans la région céleste.

2. Par Soma les Adityas sont forts ; par Soma la Terre est grande. Soma est venu se placer près des grandes étoiles.

3. Le (sacrificateur), qui désire la libation, pense à Soma, dont la plante est broyée (sous le pilon). Soma est reconnu par les prêtres ; mais il ne forme pas encore un breuvage (sacré).

4. Ô Soma, observé par tes gardiens, protégé par tes surveillants, tu reposes dans le mortier, et tu subis une heureuse (fermentation). Mais tu ne formes pas encore un breuvage terrestre.

5. Quand le moment de te boire est venu, ô Dieu, tu suffis à une suite de libations. Vâyou est le gardien de Soma, qui marque la division des années et des mois[45].

6. Cependant une jeune fiancée, issue de Rébha[46], se présente au milieu des chants sacrés. C’est Soûryâ, qui s’avance revêtue par l’Hymne d’une robe éclatante.

7. L’Adresse[47] a formé ses atours ; la Vue[48] a surveillé sa toilette. Le Ciel et la Terre ont fourni sa parure, quand Soûryâ vient trouver son époux.

8. Les Chants ont préparé son char ; le mètre Courîra en est le conducteur. Les Aswins sont ses deux commissaires[49] ; Agni, son messager.

9. Soma a désiré Soûryâ pour épouse ; les deux Aswins furent ses commissaires, lorsque Savitri le donna pour époux à sa fille, heureuse de ce choix.

10. Quand Soûryâ se rendit à la maison de son mari, la Prière[50] était son char. Le Feu du sacrifice lui sert de dais. Deux (coursiers) éclatants[51] le traînent.

11. Fournis par la Poésie et par le Chant[52] tes deux coursiers marchent d’accord. L’Ouïe forme tes deux roues, et ta voie se poursuit dans le ciel à travers le monde animé et inanimé.

12. Oui, les Oreilles sont les roues de ton char ; (le souffle appelé) Vyana[53] en est l’essieu. Soûryâ monte donc sur son char qui est la Prière même, et va vers son mari.

13. Le cortége nuptial, envoyé par Savitri, s’avance. Les coursiers se heurtent contre les Aghâs ; le char roule au milieu des deux Ardjounîs[54].

14. Ô Aswins, quand vous êtes venus sur votre char à trois roues demander (pour Soma) la main de Soûryâ, tous les dieux y ont applaudi, et Poûchan, fils du Ciel et de la Terre, a orné les deux grands parents.

15. Ô maîtres de la splendeur, quand vous êtes venus remplir pour Soûryâ votre fonction de commissaires, en quel lieu était la première de vos roues fortunées ? Où étiez-vous placés pour faire votre présent ?

16. Ô Soûryâ, les prêtres connaissent le moment où arrivent deux de tes roues :[55] ils savent aussi dans leur sagesse qu’il y a une troisième roue que reçoit le foyer (sacré).

17. J’adresse cet hommage à Soûryâ, aux Dieux, à Mitra et Varouna, qui veillent sur tous les êtres.

18. Enfants (du sacrifice), deux (astres) viennent tour à tour comme en se jouant, et parcourent (le ciel ; qu’ils ornent) de leurs rayons magiques. L’un d’eux a l’œil ouvert sur tous les mondes ; l’autre naît ensuite pour marquer les saisons.

19. L’un apparaît toujours nouveau, pour être l’étendard des Jours et le compagnon des Aurores. L’autre, Tchandramas, partage aux dieux la part qui leur revient (dans les holocaustes), et renouvelle sa longue existence.

20. Ô Soûryâ, monte sur ton char doré, (sur ce char) magnifique et rapide, garni d’excellentes roues, établi avec le Kimsouka et le Salmali[56]. Qu’il te transporte heureusement vers ton époux, au séjour de l’immortalité.

21. Lève-toi, ô Viswâvasou[57], que j’honore par mes prières et par mon culte. Une épouse est née pour toi. Cherche une autre femme parmi ces enfants que font éclore les Pères (du sacrifice). Ta naissance t’y réserve un lot que tu peux réclamer.

22. Lève-toi, ô Viswâvasou. Nous t’honorons en te chantant. Cherche une autre femme ; unis ensuite l’époux à son épouse.

23. Elles sont droites et dépourvues d’épines, les routes par lesquelles nos amis viennent solliciter (le beau-père). Qu’Aryaman, que Bhaga les conduise. Ô Dieux, que ce couple d’époux soit bien dirigé !

24. (Ô Soûryâ), je te délivre de ce lien de Varouna[58], dont t’a liée l’adorable Savitri. Sur le foyer de Rita, dans le monde du Sacrifice, pour ton bonheur je t’unis à un (nouvel) époux.

25. Je l’enlève à l’autorité paternelle, pour la remettre dans la dépendance d’un mari. Puisse-t-elle, ô bienfaisant Indra, être fortunée et avoir de nombreux enfants !

26. Que Poûchan te prenne par la main et t’emmène d’ici. Que les Aswins te portent sur leur char. Daigne aussi, digne du nom de Grihapatnî[59], visiter nos maisons, et réponds aux vœux de notre sacrifice.

27. Que ta famille croisse dans notre maison. Éveille-toi pour (Agni) Gârhapatya. Unis ton corps à celui de cet époux, et répondez tous deux aux vœux de notre sacrifice.

28. Mais je ne vois plus que du rouge et du noir : c’est Crityâ[60], qui s’attache à l’époux. Le nombre de ses (noirs) parents augmente ; et le mari se trouve enchaîné au milieu d’eux.

29. Donne aux prêtres tes vêtements : donne-leur tes parures. Crityâ, sous la forme de l’épouse, pénètre chez l’époux.

30. Avec cette pécheresse le corps brillant (de l’époux) est dépouillé de ses parures. Il est comme lié et resserré dans son vêtement.

31. Que les Maladies, qui accompagnent naturellement les pompes nuptiales, soient repoussées par les dieux adorables dans les lieux d’où elles sortent.

32. Que les compagnons des époux ne voient point de voleurs sur leur chemin. Que les routes deviennent bonnes pour eux. Que leurs ennemis s’enfuient.

33. Que cette épouse soit heureuse. Approchez d’elle ; regardez-la. Faites-lui vos souhaits, et retournez dans vos demeures.

34. Tel mets est brûlant, tel autre est piquant ; tel est noir comme la poële, tel autre est pareil à du poison[61]. On ne saurait les manger. Le prêtre qui peut connaître Soûryâ mérite d’avoir la robe de l’épouse.

35. Les désirs sont variés. Que chacun soit servi à son gré. Vois toutes les formes de Soûryâ : c’est le prêtre qui les purifie.

36. « Je prends ta main pour notre bonheur, » (dit Agni) ; « je veux que tu sois ma femme et que tu vieillisses avec moi. Bhaga, Aryaman, Savitri, le puissant (Indra)[62], les Dieux t’ont donnée à moi, qui suis Gârhapatya. »

37. « Ô Poûchan, amène cette (épouse) fortunée dans laquelle les enfants de Manou doivent trouver un germe fécond, (cette épouse) disposée à se livrer à mes désirs, et que j’appelle de tous mes vœux[63]. »

38. Ô Agni, (les Gandharwas), avec toute la pompe nuptiale, environnent le char de Soûryâ, qu’ils t’amènent. En récompense (de nos hommages), donne aux maris une épouse et des enfants.

39. Oui, qu’Agni nous donne une épouse pleine de santé, pleine de beauté. Que le mari de cette épouse prolonge sa carrière et vive cent automnes.

40. Soma en premier lieu, et le Gandharwa Viswâvasou ensuite, s’unirent à toi, (ô Soûryâ) ! Ton troisième époux fut Agni ; le quatrième, le fils de Manou.

41. (Le fils de Manou parle.) Soma t’a donnée au Gandharwa ; le Gandharwa, à Agni ; Agni m’a confié à moi cette fille opulente.

42. (Le poëte parle.) (Chers époux), restez ici ; ne vous éloignez pas ; passez ensemble votre vie, heureux dans votre demeure, et jouant avec vos enfants et vos petits-enfants.

43. (Le fils de Manou reprend.) Que Pradjâpati nous donne une race nombreuse : qu’Aryaman prolonge notre vie. Entre sous d’heureux auspices dans la maison conjugale. Que le bonheur soit chez nous pour les bipèdes et les quadrupèdes !

44. Viens, ô belle (épouse), ô désirée des dieux, (femme) au cœur tendre, au regard charmant, bonne pour ton mari, bonne pour les animaux, destinée à enfanter des héros. Que le bonheur soit chez nous pour les bipèdes et les quadrupèdes !

45. Ô généreux Indra, rends-la fortunée. Qu’elle ait une belle famille. Qu’elle donne à son époux dix enfants. Que lui-même il soit comme le onzième[64].

46. Règne avec ton beau-père ; règne avec ta belle-mère. Règne avec les sœurs de ton mari ; règne avec ses frères.

47. Que tous les Dieux, que les Ondes protégent tout ce qui nous est cher. Que Mâtariswan, qu’(Agni, surnommé) Dhâtri, que (Saraswatî) la généreuse[65] nous accorde à tous deux son appui[66].

  1. Nom d’Agni, comparé ici à un orfèvre qui emploie le soufflet.
  2. C’est le nom d’une des étoiles, β, de la petite Ourse.
  3. Ces mots indiquent la succession des créatures, où l’être engendré devient le père de l’être qui l’a mis au monde.
  4. Le Samoudra est ici ou le vase des Libations, ou l’Océan céleste.
  5. Ces huit Adityas me semblent être les huit points cardinaux. Le huitième appelé Mârtanda doit être le point oriental, autrement le soleil lui-même. Il est, dit-on, fils de Mritânda, mot qui signifie œuf mort. Le soleil sort de cet œuf du monde, qui paraissait mort pendant la nuit.
  6. Ce n’est pas là le sens du commentaire, qui dit : pour la mort et la production des êtres.
  7. Classe de dieux, mets personnifiés. Voy. page 108 col. 2. et alibi.
  8. Nom des Aswins, Véridiques.
  9. Voy. page 73, col. 2, et alibi.
  10. Traduction du mot nâman. Par le fait de l’existence, le monde acquiert un nom ; c’est un corps qui sort du néant où tout est confondu sans nom.
  11. Il me semble que ces deux roues du char d’Indra sont le Soleil dans les airs, et Agni dans le foyer. Ce doit être aussi le sens des deux roues attribuées au char des Aswins, et qui m’a paru jusqu’à présent incertain. Voy. page 58, col. 2, note 1. Mais dans ce passage même que je rappelle, au lieu de la crête de la montagne inabordable, comme l’indique le commentaire, il faudrait dire le front du dieu impérissable (aghniyasya).
  12. Le commentaire pense que ce cheval, c’est Aditya. Je crois que le cheval est ici l’emblème de la rapidité ; c’est comme si l’auteur disait : l’enfant de la rapidité.
  13. Dans ce mot le commentaire voit une personnification des Rayons, dont il fait des Richis.
  14. Asoura.
  15. Je suppose que c’est la vache du sacrifice, ou bien le nuage.
  16. Nom d’Indra. Voy. page 108, col. 2, et alibi.
  17. Vivaswân est le sacrificateur ; sa demeure, c’est l’enceinte sacrée.
  18. Il me semble que ce passage nous donne une explication du nombre mystérieux 21, qui est le nombre 7 répété trois fois, à raison des trois mondes. Les Rivières sacrées sont au nombre de sept ; mais comme elles coulent au ciel, dans l’air et sur la terre, elles représentent ainsi le nombre 21. Voir plus haut, page 443, col. 1, note 2.
  19. Dans la langue plus moderne toutes les rivières sont du genre féminin, excepté le Sindhou, qui anciennement, comme il le paraît ici, ne subissait pas cette exception.
  20. Les sept rivières sacrées sont aujourd’hui, dit-on, le Gange, l’Yamounâ, le Sindhou, la Godâvari, la Saraswatî, la Narmadâ et la Câvérî. Ici ce sont le Sindhou, le Gange, l’Yamounâ, la Saraswatî, la Soutoudrî (autrement Satadrou, Setledj), la Maroudvridhâ et l’Ardjikiyâ (rivière du pays de Ridjîka). Les quatre autres doivent être regardées comme des affluents : la Parouchnî de la Soutoudrî, l’Asiknî et la Vitasthâ de la Maroudvridhâ, et la Souchomâ de l’Ardjikiyâ. Le manuscrit du texte ajoute ici une stance qui paraît être une intercalation.
  21. Quelques-unes de ces rivières ont été déjà citées page 291, col. 1, telles que la Rasâ, la Coubhâ et la Croumou, nommée dans cet endroit Cramou.
  22. Je crois que c’est un nom du soleil.
  23. Les Angiras sont les Rites variés du sacrifice, lesquels s’accomplissent au milieu des chants et des invocations.
  24. Sindhoumâtarah. Les Marouts apparaissent sous la forme des nuages.
  25. Mesure itinéraire.
  26. Ces deux yeux, suivant le commentaire, sont le soleil et la lune.
  27. Le commentaire entend ce passage des deux pièces de l’Aranî.
  28. C’est le nom donné aux Feux d’Agni.
  29. Nom d’un Richi, qui, pour le besoin de la mesure est écrit Djaratah carna.
  30. Asoura.
  31. Voy. page 115, col. 2, et alibi.
  32. Nom d’un Richi.
  33. Ce passage me confirme dans la distinction que j’ai cru devoir faire de Manou et de Nahoucha, comme chefs de deux races différentes. Le texte porte le mot vidjâtâh, qui me semble décisif. Voy. page 300, col. 1, note 1.
  34. Ce sens est celui du commentaire. Cependant l’épithète Gândharwi admet une autre signification, et pourrait bien être une allusion au soleil, au Gandharwa céleste : le sacrifice où naît le Gandharwa.
  35. Nom d’Agni, ou plutôt de Twachtri.
  36. Le commentateur fait rapporter cette stance à l’auteur de l’hymne, nommé Viswacarman. J’ai cru que le personnage dont il est ici question est Agni, sous le nom du Viswacarman.
  37. Dhâtri et Vidhâtri.
  38. Les sept Richis sont les sept rayons d’Agni personnifiés, et qui ne forment qu’un avec lui. Le commentaire donne ici une explication que je ne comprends pas, et dans laquelle il me semble qu’il regarde ces sept Richis comme sept sens.
  39. Ce dieu s’appelle Adja.
  40. Le texte ne contient pas le mot œuf ; il ne porte que le mot ékam.
  41. C’est-à-dire Agni ou Viswacarman, sous le nom de Djîvaroûpa.
  42. Ainsi est personnifiée la Colère, cette généreuse Colère dont Indra est le fils, dans la st. 10 de l’hymne ii de cette lecture.
  43. L’Ardeur personnifiée.
  44. Soûryâ, la fille du Soleil, est ordinairement l’Aurore. J’hésite, malgré l’autorité du commentateur, à reconnaître ici l’Aurore dans Soûryâ, en la voyant successivement épouse de Soma, du Soleil, d’Agni, du fils de Manou. Mais c’est qu’en effet la Lumière du matin s’unit à la libation, au soleil, au sacrifice, à l’homme ; ou bien le mot Soûryâ me semblerait devoir prendre la signification générale que lui donne M. Wilson, a new bride, nom sous lequel on désigne peut-être Ilâ. Le lecteur verra si ma conjecture est juste, comme aussi il jugera si le commentaire a raison de regarder ici Soma comme le même personnage que Tchandramas ou la Lune.
  45. Ces stances sont entendues par le commentateur, comme devant se rapporter à Tchandramas. Mon point de vue est différent du sien, et ma traduction ne peut ressembler à la sienne. Cependant cette phrase où il est dit que Soma marque la division des années et des mois indique bien une des fonctions de Tchandramas. Mais ne peut-on pas penser que Soma, par ses libations périodiques, indique aussi bien cette division ?
  46. Rébha est le nom d’un chantre ; et Soûryâ, naissant au milieu des chants du sacrifice, semble être la fille de ce vénérable Richi (Rébhâ).
  47. Déesse qui porte le nom de Tchitti.
  48. Tchakchons.
  49. Le mot du texte est varah, pour lequel les dictionnaires ne me semblent pas présenter un sens convenable. Je rendrais cette idée par le mot latin pronubus.
  50. La prière appelée Manas. J’aurais peut-être dû dire le Manas, l’âme.
  51. Ce sont le soleil et la lune, suivant le commentaire. Mais n’est-ce pas le Rig et le Sâman cités dans la stance suivante ?
  52. Autrement par le Rig et le Sâman.
  53. Il y a cinq airs vitaux, aspirés ou exhalés par diverses voies ; ce sont l’apâna, l’oudâna, le prâna, le samâna et le vyâna.
  54. Le commentateur nous apprend que les Aghâs et les Ardjounîs sont des constellations, et qu’elles correspondent à celles qui ont été appelées depuis Maghâs et Phâlgounîs. Ce sont des étoiles appartenant au Lion.
  55. Dans les stances précédentes, le poëte donnait au char de Soûryâ deux roues qui étaient les deux oreilles. Ici il est question de ces trois roues que l’on donne au char des Aswins, c’est-à-dire des trois Savanas. Le commentateur veut que deux de ces roues soient le soleil et la lune ; ensuite il pense que les trois roues représentent le jour, le mois, l’année.
  56. Kimsouka (butea frondosa) ; Salmali (bombax heptaphyllum).
  57. Le commentateur dit que c’est un Gandharwa ; Vibhâvasou est aussi une épithète d’Agni, et par conséquent du Soleil, qui, sous ce nom de Gandharwa, devient un des époux de Soûryâ. Ce passage s’expliquera plus tard dans la stance 40.
  58. Voy. page 498, col 2, note 3. Varouna est un nom de Soma.
  59. Féminin du mot grihapati (maître de la maison). Agni, en cette qualité, allume le feu Gârhapatya.
  60. Crityâ est un mauvais génie femelle. N’est-ce pas le démon de la nuit obscurcissant Vibhâvasou ?
  61. Je ne sais pour quelle raison le commentateur se donne une peine extrême pour faire rapporter ces diverses idées à la couleur des vêtements.
  62. Surnommé ici Pourandhî.
  63. Détails assez lubriques dans le texte.
  64. Dans les Pourânas, Manou Vêvaswata a dix fils et un gendre.
  65. Dechtrî.
  66. Le manuscrit du texte contient un varga de plus, dont le commentaire ne parle pas.