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Romances sans paroles (1891)/Child wife

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List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Child wife.

Romances sans ParolesLéon Vanier, libraire-éditeur (p. 49-50).



CHILD WIFE



Vous n’avez rien compris à ma simplicité.
Rien, ô ma pauvre enfant !
Et c’est avec un front éventé, dépité.
Que vous fuvez devant.

Vos yeux qui ne devaient refléter que douceur,
Pauvre cher bleu miroir,
Ont pris un ton de fiel, ô lamentable sœur,
Qui nous fait mal à voir.

Et vous gesticulez avec vos petits bras
Comme un héros méchant,
En poussant d’aigres cris poitrinaires, hélas !
Vous qui n’étiez que chant !


Car vous avez eu peur de l’orage et du cœur
Qui grondait et sifflait.
Et vous bêlâtes vers votre mère — ô douleur ! —
Comme un triste agnelet.

Et vous n’avez pas su la lumière et l’honneur
D’un amour brave et fort,
Joyeux dans le malheur, grave dans le bonheur,
Jeune jusqu’à la mort !