Séances de la Société agricole et scientifique de la Haute-Loire/2 avril 1879

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SÉANCE DU 2 AVRIL 1879.


Présidence de M. Aymard.


En l’absence de MM. les secrétaires, M. Henry Mosnier est prié d’en remplir les fonctions.

Au début de la séance, M. Isidore Hedde fait hommage à la Société d’une notice intitulée : Hoa-fa-ti-li-tchi, dictionnaire géographique chinois-français (Extrait du Bulletin de la Société de géographie de Lyon, en 1877).

L’ordre du jour appelle la discussion sur les moyens du repeuplement piscicole des cours d’eau de la Haute-Loire.

Divers membres présentent comme causes de cette dépopulation l'emploi par certains pêcheurs du chlorure de chaux et des cartouches de dynamite.

M. Émile Mauras émet le vœu que la police de la pêche soit confiée aux agents des eaux et forêts, et, à l’unanimité, la Société demande que des mesures de répression énergiques soient employées contre les pêcheurs faisant usage des procédés ci-dessus.

Un de nos compatriotes, M. Chabrier, directeur de la station agronomique de Morlaix, a adressé à la Société, par l’entremise de M. Léon Mauras, une étude sur un tubercule d’une culture très rustique. M. le Directeur de la ferme-école de Nolhac se propose de faire un rapport à ce sujet, dans notre prochaine séance.

Institut agricole d’Ecully, près Lyon. — M. le Président annonce qu’il écrira à son ami, M. Chantre, professeur de cet institut, pour lui demander des renseignements sur cette école organisée depuis peu de temps et dans quelle mesure elle peut rendre des services dans notre département qui fait partie de la même région agricole que celui du Rhône.

M. Rocher indique d’une façon très nette tout l’intérêt que présenterait pour l’histoire du Velay, l’insertion dans nos Mémoires d’une bibliographie de tous les livres modernes intéressant de près ou de loin l’histoire de notre contrée. Il lit divers passages fort curieux extraits de la savante étude de M. Siméon Luce sur Bertrand Duguesclin et concernant l’ancien pèlerinage de Notre-Dame du Puy.

M. Aymard intéresse l’auditoire par ses explications sur une découverte de monnaies baronnales, de la fin du XIIe et du commencement du XIIIe siècle trouvées dans une tranchée ouverte, boulevard Saint-Louis, au Puy, à l’occasion de la construction d’un square. L’une des plus anciennes de ces monnaies est de 1191, et l’une des plus récentes de 1262. Ces pièces étaient réunies en tas et la plupart agglutinées par l’oxyde, comme si elles avaient été enfouies dans une bourse ; et avec elles se trouvait un bout de fourreau en argent provenant d’une épée ou d’une dague.

M. le Président fait connaître que le conseil municipal du Puy, dans sa dernière session, a bien voulu, sur la proposition de M. le Maire, voter un crédit demandé par la Société pour la pose au jardin public du Puy d’étiquettes devant indiquer les noms scientifiques et vulgaires de toutes les plantes, arbustes et arbres, dont la plupart exotiques y sont déjà bien acclimatés.

L’assemblée exprime sa satisfaction pour la réalisation désormais assurée de cette utile mesure.

Le Musée s’est enrichi récemment d’un tableau peint qui a été donné par l’État, à la demande de M. le Maire. Il représente Saint Thomas d’Aquin dictant l’office du Saint-Sacrement, par M. Roux.

C’est une scène historique conçue en tableau de genre. Les connaisseurs s’accordent à reconnaître que cette toile est une des meilleures qui, depuis une quinzaine d’années, ait été accordée à notre Musée.

M. le Président appelle l’attention de la Société sur l’exposition internationale qui doit avoir lieu prochainement à Sidney. Il paraît que l’État donnera toutes les facilités désirables pour que les produits industriels de la France figurent dans cette grande et lointaine exhibition, principalement en désignant des délégués chargés de veiller aux intérêts de nos exposants. On peut se demander si, dans l’état de crise que subit notre manufacture de dentelles, il ne serait pas à propos qu’elle prît part à cette exhibition, de nature à ouvrir de nouveaux débouchés à la production dentellière.

En réponse à cette question, M. Hedde, qui a voyagé dans l’extrême Orient, et en connaît les conditions commerciales, exprime l’opinion que la participation de nos compatriotes à l’exposition de Sidney ne pourrait que leur être avantageuse. Il signale, à ce sujet, un de nos concitoyens, M. Mazaudier, du Puy, qui a résidé, au Japon, en qualité d’agent consulaire, et qui, à cette occasion, s’est occupé dans ces parages de l’étude de l’industrie dentellière.

Un vœu de la Société pour sa nomination au titre de délégué aurait, peut-être, la chance d’être accueilli par le gouvernement.

Après d’autres observations présentées par plusieurs membres, l’assemblée prie M. Girard-Gory de vouloir bien conférer de cet objet avec notre confrère, M. Braud, président de la chambre syndicale des dentelles, afin que cette chambre avise aux moyens, s’il y a lieu, d’organiser l’exhibition des dentelles de la Haute-Loire.

L’assemblée est ensuite consultée par M. le Président, au sujet de la distribution des différentes espèces de graines qui ont été acquises par la Société, notamment sur le chiffre de la réduction des prix de vente. Elle s’en réfère à la décision d’une commission composée de MM. Aymard, Auguste Mauras et Alix.


H. Mosnier.