Séances de la Société agricole et scientifique de la Haute-Loire/6 février 1879

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SÉANCE DU 6 FÉVRIER 1879.


Présidence de M. Béliben, inspecteur honoraire d’académie.


M. Béliben remplace M. Aymard, président, qu’une indisposition empêche d’assister à la séance.

MM. Chaussade, inspecteur primaire, et L. Balme, président du Conseil des directeurs de la Caisse d’épargne du Puy, donnent lecture de communications sur la situation des Caisses d’épargne scolaires dans la Haute-Loire.

M. Couderchet, vice-président du comice agricole, parle d’un essai de culture qu’il a fait avec de l’avoine prunier, dont 5 litres lui ont rendu 187 litres, ce qui fait le rendement considérable de 153 hectolitres à l’hectare.

Notre confrère va confier ces 187 litres à la terre, et s’empressera, après la nouvelle récolte, de distribuer de la semence aux membres de la Société. Il pense que cette avoine doit être propagée, eu égard surtout à sa fertilité ; car il est bon de noter que l’avoine ordinaire ne produit jamais plus de 40 à 50 hectolitres par hectare.

M. Nicolas, directeur de la ferme-école, fait observer que l’avoine qui se cultive le plus habituellement dans notre département, est l’avoine commune ou blanche ; c’est elle qui donne les plus beaux résultats dans nos montagnes, car elle réussit même dans les plus mauvais terrains.

M. Couderchet recommande ensuite la culture de la betterave géant, qui produit un tiers de plus que la betterave champêtre.

M. Nicolas dit que, parmi les betteraves qu’il a cultivées, le globe-jaune est celle qui lui a donné les plus beaux résultats.

M. Couderchet reconnaît que le globe-jaune est peut-être supérieur en qualité à la betterave géant, mais ajoute que cette dernière est beaucoup plus fertile.

M. le Président présente les premiers spécimens de la deuxième édition de la carte de la Haute-Loire, par M. Malègue, membre non résidant.

L’assemblée est heureuse de constater les sensibles améliorations apportées dans ce travail, qui est fait avec le plus grand soin.

D’un livre nouvellement publié et intitulé Chronique du bon duc Louis de Bourbon, M. Rocher extrait le récit de l’appel adressé par les habitants du Puy, en 1382, au connétable Bertrand Duguesclin, pour délivrer la place de Châteauneuf-Randon qui était aux mains des Anglais.

Il est donné lecture d’un rapport, sur l’emploi du tour pour les enfants trouvés. La Société en décide l’impression[1].

En terminant, M. le Président signale à l’attention de l’assemblée une publication qui est envoyée, chaque année, pour la bibliothèque du Musée par notre compatriote M. F. Mandet, conseiller à la cour de Riom. Sous le modeste titre de Rapport de la Société du Musée de Riom, cet ouvrage donne un intéressant compte-rendu des travaux de cette Société aux différents points de vue des arts, de l’histoire et de la science.

On sait que la création du Musée de Riom et sa prospérité croissante sont dues, en très grande partie, à l’initiative et au zèle persévérant de M. le conseiller Mandet, très bien secondé par M. le conseiller Gomot, secrétaire, et par les sympathies de tous ses confrères.

M. le Président, après avoir résumé le contenu de cet intéressant volume, applaudit surtout au sentiment patriotique qui a inspiré à M. Mandet de solliciter auprès de M. le Directeur des beaux-arts, le moulage du groupe de la nymphe Amalthée d’après le marbre du Louvre, chef-d’œuvre de notre compatriote, le statuaire Julien. C’est à l’exemple de notre Musée qui, grâce aux démarches du Président actuel de notre Société[2], possède depuis 1854 une semblable reproduction, que celui de Riom vient d’être embelli de cette magnifique composition du grand artiste.

L’assemblée, vivement intéressée par cette communication, félicite M. le conseiller Mandet des services distingués qu’il rend dans la ville de Riom au progrès des arts et de la science, ainsi que du bon souvenir qu’il a gardé de son pays natal.


L’un des Secrétaires,
L. Gratuze.




  1. V. Mémoires de la Société, t. I, p. 340.
  2. Annales de la Société d’agriculture du Puy, 1854, t. XIX, p. 74 et 117.