Soleil couché

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Amara Armand SilvestreLes Ailes d’or
VII — Au fil des jours
Nox



SOLEIL COUCHÉ

De sa tente nocturne ouvrant les rouges toiles,
Comme un roi magnifique au diadème ardent,
En franchissant le seuil pourpré de l’occident,
Le soleil, dans l’air vide, a jeté les étoiles.

Vers cette aumône d’or chaque monde tendu
Recueille avidement la lumière sacrée !
De vagues hozannas montent vers l’empyrée,
Chantant l’astre vainqueur sous la mer descendu.

Le soleil est parti de mes cieux avec celle
Dont la beauté versait la lumière à mes yeux :
Des souvenirs tombés de son front glorieux
La constellation dans ma nuit étincelle.

Derrière l’horizon des couchants sans réveil,
Elle a fui pour jamais et je la chante encore,
Et j’espère tout bas, comme si quelque aurore
Devait la ramener avec le jour vermeil !