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{{sc|Crainte et intelligence}}. — Si ce que l’on affirme
{{sc|Crainte et intelligence}}. - Si ce que l’on affirme maintenant expressément est vrai, qu’il ne faut pas chercher dans la lumière la cause du pigment noir de la peau : ce phénomène pourrait peut-être rester le dernier effet de fréquents accès de rage accumulés pendant des siècles (et d’afflux de sang sous la peau) ? Tandis que, chez d’autres races plus intelligentes, le phénomène de pâleur et de frayeur, tout aussi fréquent, aurait fini par produire la couleur blanche de la peau ? - Car le degré de crainte est une mesure de l’intelligence : et le fait de s’abandonner souvent à une colère aveugle est le signe que l’animalité est encore toute proche et voudrait de nouveau prévaloir, - gris-brun, ce serait peut-être là la couleur primitive de l’homme, - quelque chose qui tient du singe et de l’ours, comme de juste.
maintenant expressément est vrai, qu’il ne faut
''pas'' chercher dans la lumière la cause du pigment
noir de la peau : ce phénomène pourrait peut-être
rester le dernier effet de fréquents accès de rage
accumulés pendant des siècles (et d’afflux de sang
sous la peau) ? Tandis que, chez d’autres races plus
''intelligentes'', le phénomène de pâleur et de frayeur,
tout aussi fréquent, aurait fini par produire la
couleur blanche de la peau ? — Car le degré de crainte
est une mesure de l’intelligence : et le fait de
s’abandonner souvent à une colère aveugle est le
signe que l’animalité est encore toute proche et
voudrait de nouveau prévaloir, —
gris-brun, ce serait peut-être là la couleur primitive de
l’homme, — quelque chose qui tient du singe et de
l’ours, comme de juste.
== 242. ==
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{{sc|Indépendance}}. - L’indépendance (appelée « liberté de pensée » dans sa dose la plus faible) est la forme de renoncement que l’esprit dominateur finit par accepter, - lui qui a longtemps cherché ce qu’il pourrait dominer et n’a rien trouvé que lui-même.
{{sc|Indépendance}}. L’indépendance (appelée
« liberté de pensée » dans sa dose la plus faible) est la
forme de renoncement que l’esprit dominateur finit
par accepter, lui qui a longtemps cherché ce qu’il
pourrait dominer et n’a rien trouvé
que lui-même.

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que bien pire que la nôtre : voilà pourquoi nous avons besoin de nous accomoder commodément le but d’un drame de Shakespeare, c’est-à-dire de ne le point comprendre.

241.

Crainte et intelligence. — Si ce que l’on affirme maintenant expressément est vrai, qu’il ne faut pas chercher dans la lumière la cause du pigment noir de la peau : ce phénomène pourrait peut-être rester le dernier effet de fréquents accès de rage accumulés pendant des siècles (et d’afflux de sang sous la peau) ? Tandis que, chez d’autres races plus intelligentes, le phénomène de pâleur et de frayeur, tout aussi fréquent, aurait fini par produire la couleur blanche de la peau ? — Car le degré de crainte est une mesure de l’intelligence : et le fait de s’abandonner souvent à une colère aveugle est le signe que l’animalité est encore toute proche et voudrait de nouveau prévaloir, — gris-brun, ce serait peut-être là la couleur primitive de l’homme, — quelque chose qui tient du singe et de l’ours, comme de juste.

242.

Indépendance. — L’indépendance (appelée « liberté de pensée » dans sa dose la plus faible) est la forme de renoncement que l’esprit dominateur finit par accepter, — lui qui a longtemps cherché ce qu’il pourrait dominer et n’a rien trouvé que lui-même.