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Traité des instruments de martyre et des divers modes de supplice employés par les païens contre les chrétiens/Chapitre XII

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Traduction par un inconnu, sur les originaux italien et latin.
Charles Carrington (p. 201-220).

CHAPITRE XII[modifier]

Martyrs envoyés en exil et condamnés aux travaux forcés et aux mines.[modifier]

IL est grandement temps maintenant de revenir de ces digressions et de procéder à la discussion et à la preuve du reste des modes de torture employés par les Anciens pour le supplice des martyrs chrétiens énumérés dans le chapitre IX. Celles-ci sont le bannissement et la condamnation aux travaux forcés ou aux mines. La première, c’est-à-dire le bannissement, est attestée par divers auteurs : Tertullien, Cyprien, Jérôme, le dernier parlant de l’apôtre saint Jean, aussi bien que par d'innombrables Histoires des saints martyrs et en particulier du pape Clément, de Flavia Domitilla, des saintes Bibiana, Demetria et Severa, vierges et martyres.

Au sujet des chrétiens condamnés aux travaux forcés tels que de creuser, de porter du sable et des pierres et autres choses semblables, voyez les Histoires de divers saints, ainsi que celle du pape Clément et de sainte Severa, que nous venons de citer, aussi celles des saints Papias et Maurus, soldats romains.

Concernant les martyrs envoyés aux mines, nous trouvons assez de preuves évidentes dans Tertullien et Cyprien, cités ci- dessus et aussi dans Eusèbe, Histoire Ecclésiastique, et dans de nombreux Actes des Saints, par exemple ceux de saint Sylvain, évêque, et ses trente-neuf compagnons d'infortune, et ceux des

saints Paphnutius et Nemesianus. Page:Gallonio - Traité des instruments de martyre.djvu/300 Page:Gallonio - Traité des instruments de martyre.djvu/301 Page:Gallonio - Traité des instruments de martyre.djvu/302 Page:Gallonio - Traité des instruments de martyre.djvu/303 Page:Gallonio - Traité des instruments de martyre.djvu/304
Fig. XLV
A. — Martyrs condamnés à travailler à la construction d’édifices publics.
B. — Martyrs condamnés à tailler et à transporter des blocs de marbre pour la construction.
Page:Gallonio - Traité des instruments de martyre.djvu/307 Page:Gallonio - Traité des instruments de martyre.djvu/308 Page:Gallonio - Traité des instruments de martyre.djvu/309 abime ni degrade. Ainsi Constantin, le premier empereur chre-

tien, nous montre clairement par ces mots, que, jusqu a ce jour, on avail continue la coutume de marquer le visage de ceux qui avaient ete condamnes aux mines avec des marques noires qui ne pouvaient jamais etre effacees et des lettres profondement gravees.

Quant a la confiscation des proprieteset la privation des droits du citoyen, ce fait peut etre constate par diverses lois. De plus, ceux qui etaient condamnes aux mines etaient reduits a la condi tion d esclaves, comme on peut s en convaincre en consultant la loi romaine, d ou il suit naturellement que chaque article de leurs biens devenait propriete publique apres leur condamnation. . Un homme condamne aux mines devient esclave en vertu de sa punition et, en consequence, celui qui a subi cette sentence voit ses biens confisques au profit du Tresor. Done, toute pro priete, possede"e par la personne que vous declarerez avoir ete subsequemment liberee par notre clemence, appartiendra plutot aux revenus publics qu a elle-meme.

En outre, le fait que les saints martyrs, condamnes aux mines, etaient frappes avec des batons, charges de fers, avaient la moitie de leur tete rasee, etaient tortures par la faim, la salete et les mauvaises odeurs, est certifie par une des Lettres de saint Cyprien, adressee a Nemesianus et aux autres martyrs, ses com- pagnons, alors emprisonnes dans les mines.

« Mais, que vous ayez ete si cruellement frappes avec des batons, que vous ayez subi toutes ces souffrances qui sont pour vous une initiation et le premier pas dans la voie de votre con fession a la foi en Jesus-Christ, constitue un fait qui doit exciter 1 indignation. Pourtant un Chretien a-t-il jamais frissonne devant le baton, sachant que son esperance est tout entiere dansunautre instrument de bois, la croix. Le serviteur du Christ a connu le sa- crement de son salut, par la croix de bois il a ete rachete pour la Page:Gallonio - Traité des instruments de martyre.djvu/311 Page:Gallonio - Traité des instruments de martyre.djvu/312 Page:Gallonio - Traité des instruments de martyre.djvu/313

INSULTES ET INDIGNITÉS COMMISES PAR LES PAÏENS ET PAR LES HÉRÉTIQUES SUR LES CADAVRES DES SAINTS MARTYRS[modifier]

Nous avons déjà vu, d'après saint Athanase, dans un passage cité plus haut, concernant les exilés catholiques, comment les ennemis de la foi chrétienne orthodoxe n'exerçaient pas seulement leur cruauté sur les saints Martyrs quand ils étaient vivants, mais aussi quand ils étaient morts. De sorte que nous pensons que ce ne sera pas étranger à notre sujet si nous disons quelques mots, avant de conclure, sur I'inhumanité et la sauvagerie des persécuteurs envers les corps des Martyrs qui n'avaient plus de vie ni de sentiment.

Pour commencer, Eusèbe, dans son Histoire Ecclésiastique, nous donne heaucoup d exemples de ces horreurs, dont nous citerons une ou deux. A tin certain endroit, il ecrit : Pour Cesar, ayant repondu par lettre et ordonne que tous ceux qui confesse- raient leur foi au Christ seraient mis a la torture, le gouverneur, comme pour en faire parade etles donner en spectacle a la popu lace, commanda que les saints Martyrs fussent amenes dans la salle du jugement. La, il les examine une fois de plus et rend la sentence que tous ceux qui sont citoyens remains soient deca- pites, mais que le reste soit livre aux betes Puis, apres que lesdits saints eurent victorieusement conquis la couronne du martyre, rhistorien ajoute : Mais, memeainsi, leur rage et leur cruaute contre les saints n etaient pas satisfaites, car vraiment ce peuple feroce et barbare etait excite par une bete sauvage et furieuse, le Demon. Leur haine se ralentit a peine, pour ne pas dire pas du tout, et ils commencerent a exercer de nouveau sur les cadavres de leurs victimes leurs insultes et leur malveillance. Car, quoiqu'ils eussent été subjugués par la Constance des Mar tyrs, etant donne qu ils avaient mis de cote tout sentiment humain, leur folie ne fut ni retardee, ni reprimee d un cote, bien plutot la haine amere du gouverneur et du peuple fut de plus en plus echauffee ! . . . Done, les cadavres de ceux que 1 odeur empestee de la prison avait suffoques, que la torture avait tues, etaient exposes pour etre dec-hires par les chiens et, de plus, soigneusement surveilles unit et jour, afin quepersonne, d aucun parti, ne put les confier a la tonibe. Enfin, les membres des Martyrs tues dans I amphitheatre, c est-a-dire ceux qui n avaient pas ete devores par les betes, ou consumes par ]e feu, etaient,, soit decoupes en petits morceaux, soit brules comme du combustible ; en outre, les teles de ceux qui avaient ete decapites etaient recueillies et cachees avec les troncs et gardees par des piquets, afin d etre surqu elles resteraient sans sepulture.

En meme temps, beaucoup de gens venaient pour se moquer de ces pauvres restes et pour crier : Oil est leur Dieu maintenant? A quoi leur a servi leur religion qu ils preferaient a leur propre vie? Ni en profitant de la nuit, ni en offrant de fortes sommes, leurs amis ne purent rien faire pour eux, car leurs corps etaient toujours attentivement surveilles, les paiens semblant considerer qu ils obtenaient un grand avantage en reussissant a les laisser couches a terre sans etre enterres. En fin de tout, apres que les restes des martyrs etaient restes six jours et six units a ciel ouvert, soumis a toutes sortcs d ignominies, ils etaient d abord brules par les mains de vils miserables et reduits en cendres, ensuite jetes dans le Rhone, qui coule tout pres de la, afin qu aucune trace d eux ne restat nulle part sur terre. Et encore : Mais le reste de la bande des chretiens fut charge de chaines et conduit par les officiers sur des vaisseaux de bord que 1 on lanc.ait en avant sur la mer profonde et les vagues orageuses. Ceux des serviteurs du grand Roi qui, apres leur mort, avaient

ete decemment et convenablement mis en terre, etaient, par Page:Gallonio - Traité des instruments de martyre.djvu/316
Fig. XLVI
Trophée composé de presque toutes les sortes d’instruments employés pour torturer les Saints Martyrs.
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