Trente poésies russes/17

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Les deux Nuages

(D’APRÈS GREKOW )




Collin - Trente poésies russes, 1894.djvu39.png




LES DEUX NUAGES



Regarde dans l’azur limpide cette nue
Qui glisse au souffle ami des brises d’Orient ;
Les tranquilles rayons du matin souriant
L’argentent du reflet de leur grâce ingénue.

Autour d’elle, tout n’est qu’ardeur et pureté,
Splendeur qui réjouit et chaleur qui caresse ;
En elle tout est joie, espérance, beauté ;
D’un heureux avenir tout lui fait la promesse…
Elle ressemble à ta jeunesse !




Regarde, solitaire et brumeux, ce nuage
Que pousse au ciel la bise inclémente du Nord ;
Sombre comme la nuit, triste comme la mort,
Il porte en lui l’horreur d’un éternel orage.

Oh ! s’efforcer toujours et ne jamais pouvoir !
Il voit de loin, là-bas, flotter la blanche nue,
Sans que jamais entre eux l’espace diminue.
Autour de lui tout brille il reste seul et noir…
Il ressemble à mon désespoir !


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