Un billet de loterie/XII

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Hetzel (p. 103-113).
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XII

Voilà donc quel était le secret du jeune marin ! C’était là cette chance sur laquelle il comptait pour apporter une fortune à sa fiancée ! Un billet de loterie, acheté avant son départ !… Et au moment où allait sombrer le Viken, il l’avait enfermé dans une bouteille, il l’avait jeté à la mer, avec un dernier adieu pour Hulda !

Cette fois, Sylvius Hog fut anéanti. Il regardait la lettre, puis le document !… Il ne parlait plus. Qu’eût-il pu dire, d’ailleurs ? Quel doute pouvait exister maintenant sur la catastrophe du Viken, sur la perte de tous ceux qu’il ramenait en Norvège ?

Hulda, pendant que Sylvius Hog lisait cette lettre, avait pu résister et se raidir contre l’angoisse. Mais, après les derniers mots du billet de Ole, elle tomba dans les bras de Joël. Il fallut la transporter dans sa chambre, où sa mère lui donna les premiers soins. Elle voulut rester seule alors, et, maintenant, agenouillée près de son lit, elle priait pour l’âme de Ole Kamp.

Dame Hansen était rentrée dans la salle. Tout d’abord, elle fit un pas vers le professeur, comme si elle eût voulu parler, et, se dirigeant vers l’escalier, elle disparut.

Joël, lui, après avoir reconduit sa sœur, était aussitôt sorti. Il étouffait dans cette maison ouverte à tous les vents de malheur. Il lui fallait l’air du dehors, l’air de la bourrasque, et, pendant une partie de la nuit, il resta à errer sur les bords du Maan.

Sylvius Hog était seul maintenant. Au premier moment, abattu par ce coup de foudre, il ne tarda pas à retrouver son énergie habituelle. Après avoir fait deux ou trois tours dans la salle, il écouta si quelque appel de la jeune fille n’arriverait pas jusqu’à lui. N’entendant rien, il s’assit près de la table, et ses réflexions reprirent leur cours.
Hulda refusa ces offres. (Page 110.)
« Hulda, se disait-il, Hulda, ne plus revoir son fiancé ! Un pareil malheur serait possible !… Non !… À cette pensée tout se révolte en moi ! Le Viken a sombré, soit ! Mais y a-t-il donc une certitude absolue de la mort de Ole ? Je ne puis le croire ! Dans tous les cas de naufrage, n’est-ce pas le temps seul qui peut affirmer que personne n’a pu survivre à la catastrophe ? Oui ! je doute, je veux douter encore, dussent ni Hulda, ni Joël, ni personne ne plus partager ce doute avec moi ! Puisque le Viken s’est englouti, cela explique-t-il qu’il n’en soit
Le marché aux poissons à Bergen. (Page 114.)

resté aucun débris sur la mer ?… non !… rien, si ce n’est cette bouteille dans laquelle le pauvre Ole a voulu mettre sa dernière pensée, et, avec elle, tout ce qui lui restait au monde ! »

Sylvius Hog tenait à la main le document, il le regardait, il le palpait, il le retournait, ce chiffon de papier sur lequel le pauvre garçon avait édifié toute une espérance de fortune !

Cependant, le professeur, voulant l’examiner avec plus de soin, se leva, écouta encore si la pauvre fille n’appelait pas sa mère ou son frère, et il rentra dans sa chambre.

Ce billet était un billet de la loterie des Écoles de Christiania, loterie très populaire alors en Norvège. Gros lot : cent mille marks[1]. Valeur totalisée des autres lots : quatre-vingt-dix mille marks. Nombre des billets émis : un million – tous placés actuellement.

Le billet de Ole Kamp portait le numéro 9672. Mais, maintenant, que ce numéro fût bon ou mauvais, que le jeune marin eût ou non quelque secrète raison d’y avoir confiance, il ne serait plus là au moment du tirage de cette loterie, qui devait s’effectuer le 15 juillet prochain, c’est-à-dire dans vingt-huit jours. Hulda, suivant sa dernière recommandation, devrait se présenter à sa place et répondre pour lui !

Sylvius Hog, à la clarté de son chandelier de terre, relisait attentivement les lignes écrites au dos du billet, comme s’il eût voulu y découvrir quelque sens caché.

Ces lignes avaient été tracées à l’encre. Il était manifeste que la main de Ole n’avait pas tremblé pendant qu’il les écrivait. Cela prouvait que le maître du Viken avait tout son sang-froid au moment du naufrage. Il se trouvait ainsi dans des conditions à pouvoir profiter d’un moyen de salut quelconque, un espar flottant, une planche en dérive, si tout n’avait pas été englouti dans le gouffre où sombrait le navire.

Le plus souvent, ces documents, recueillis en mer, font à peu près connaître l’endroit où s’est accomplie la catastrophe. Sur celui-ci, il n’y avait pas une latitude, pas une longitude, rien qui indiquât quelles étaient les terres les plus rapprochées, continent ou îles. Il fallait en conclure que le capitaine ni personne de l’équipage ne savait où se trouvait alors le Viken. Entraîné, sans doute, par une de ces tempêtes auxquelles on ne peut résister, il avait dû être rejeté hors de sa route, et, l’état du ciel ne permettant pas d’obtenir une observation solaire, la position n’avait pu être relevée depuis quelques jours. Dès lors, il était probable qu’on ne saurait jamais en quels parages du nord de l’Atlantique, au large de Terre-Neuve ou de l’Islande, l’abîme s’était refermé sur les naufragés.

C’était là une circonstance qui devait enlever tout espoir, même à qui ne voulait pas désespérer.

En effet, avec une indication, si vague qu’elle fût, on aurait pu entreprendre des recherches, envoyer un navire sur le lieu de la catastrophe, peut-être y retrouver quelques débris reconnaissables. Qui sait si un ou plusieurs survivants de l’équipage n’avaient pas atteint un point quelconque de ces rivages du continent arctique, où ils étaient sans secours, dans l’impossibilité de se rapatrier ?

Tel était le doute qui peu à peu prenait corps dans l’esprit de Sylvius Hog – doute inacceptable pour Hulda et Joël, doute que le professeur eût hésité maintenant à faire naître en eux, tant la désillusion, si probable, eût été douloureuse.

« Et cependant, se disait-il, si le document ne donne aucune indication qu’on puisse utiliser, on sait, du moins, dans quels parages la bouteille a été recueillie ! Cette lettre ne le dit pas, mais la Marine, à Christiania, ne peut l’ignorer ! N’est-ce pas un indice dont on pourrait profiter peut-être ? En étudiant la direction des courants, celle des vents généraux, en se rapportant à la date présumée du naufrage, ne serait-il pas possible ?… Enfin, je vais écrire de nouveau. Il faut que l’on hâte les recherches, si peu de chances qu’elles aient d’aboutir ! Non ! jamais je n’abandonnerai cette pauvre Hulda ! Jamais, tant que je n’en aurai pas une preuve absolue, je ne croirai à la mort de son fiancé ! »

Ainsi raisonnait Sylvius Hog. Mais, en même temps, il prenait le parti de ne plus parler des démarches qu’il allait entreprendre, des efforts qu’il allait provoquer de toute son influence. Hulda ni son frère ne surent donc rien de ce qu’il écrivit à Christiania. De plus, ce départ qui devait s’effectuer le lendemain, il se résolut à le remettre indéfiniment, ou plutôt, il partirait dans quelques jours, mais ce serait pour se rendre à Bergen. Là, il saurait de MM. Help tout ce qui concernait le Viken, il prendrait lui-même l’avis des gens de mer les plus compétents, il déterminerait la manière dont les premières recherches devraient être faites.

Cependant, sur les renseignements fournis par la Marine, les journaux de Christiania, puis ceux de la Norvège et de la Suède, puis ceux de l’Europe, s’étaient peu à peu emparés de ce fait d’un billet de loterie transformé en document. Il y avait quelque chose de touchant dans cet envoi d’un fiancé à sa fiancée, et l’opinion publique s’en émut, non sans raison.

Le doyen des journaux de Norvège, le Morgen-Blad, fut le premier à rapporter l’histoire du Viken et de Ole Kamp. Des trente-sept autres journaux qui paraissaient dans le pays à cette époque, pas un n’omit de le raconter en termes attendris. L’Illustreret Nyhedsblad publia un dessin idéal de la scène du naufrage. On voyait le Viken désemparé, ses voiles en lambeaux, sa mâture en partie détruite, prêt à disparaître sous les flots. Ole, debout à l’avant, lançait la bouteille à la mer, au moment où il recommandait, avec sa dernière pensée pour Hulda, son âme à Dieu. Dans un lointain allégorique, au milieu d’une vapeur légère, une lame apportait la bouteille aux pieds de la jeune fiancée. Le tout tenait dans le cadre de ce billet dont le numéro se détachait en exergue. Image naïve, sans doute, mais qui devait avoir un grand succès dans ces contrées, encore attachées aux légendes des Ondines et des Valkyries.

Le fait fut ensuite reproduit, commenté, en France, en Angleterre, jusque dans les États-Unis d’Amérique. Avec les noms de Hulda et de Ole, leur histoire se popularisa par le crayon et la plume. Cette jeune Norvégienne de Dal, sans le savoir, eut alors le privilège de passionner l’opinion publique. La pauvre fille ne pouvait se douter du bruit qui se faisait autour d’elle. D’ailleurs, rien n’aurait pu la distraire de la douleur dans laquelle elle s’absorbait tout entière.

Et, maintenant, on ne s’étonnera pas de l’effet qui se produisit dans les deux continents – effet très explicable, étant donné que la nature humaine glisse volontiers sur la pente des choses superstitieuses. Un billet de loterie, recueilli dans ces circonstances, avec ce numéro 9672, si providentiellement arraché aux flots, ne pouvait être qu’un billet prédestiné. Entre tous, n’était-il pas miraculeusement indiqué pour gagner le gros lot de cent mille marks ? Ne valait-il pas une fortune, cette fortune sur laquelle comptait Ole Kamp ?

Aussi, qu’on n’en soit pas surpris, arriva-t-il à Dal, un peu de partout, de très sérieuses propositions d’acheter ce billet, si Hulda Hansen consentait à le vendre. Tout d’abord, les prix offerts étaient médiocres ; mais ils s’élevèrent de jour en jour. On pouvait donc prévoir qu’avec le temps et à mesure que se rapprocherait le jour du tirage de la loterie, il se présenterait de sérieuses surenchères.

Ces offres se manifestèrent non seulement en ces pays scandinaves, si portés à reconnaître l’intervention des puissances surnaturelles dans les choses de ce monde, mais aussi à l’étranger et même en France. Les Anglais, très flegmatiquement, s’en mêlèrent, et, après eux, les Américains, dont les dollars ne se dépensent pas volontiers à des fantaisies si peu pratiques. Une certaine quantité de lettres furent adressées à Dal. Les journaux ne négligèrent pas de faire connaître l’importance des propositions faites à la famille Hansen. On peut dire qu’il s’établit une sorte de petite bourse, dont la cote variait, mais toujours en hausse.

Aussi en vint-on à offrir plusieurs centaines de marks de ce billet, qui, en somme, n’avait qu’un millionième de chance pour gagner le gros lot. C’était absurde, sans doute, mais on ne raisonne pas avec les idées superstitieuses. Aussi les imaginations se montaient-elles, et, avec la force acquise, elles pouvaient, elles devaient aller plus haut.

C’est ce qui se produisit, en effet. Huit jours après cet événement, les journaux annonçaient que le cours du billet dépassait mille, quinze cents, et même deux mille marks. Un Anglais, de Manchester, était allé jusqu’à cent livres sterling, soit deux mille cinq cents marks. Un Américain, de Boston, renchérit encore, et proposa d’acquérir le numéro 9672 de la loterie des Écoles de Christiania pour la somme de mille dollars – environ cinq mille francs.

Il va sans dire que Hulda ne se préoccupait aucunement de ce qui passionnait à ce point un certain public. De ces lettres arrivées à Dal, au sujet du billet, elle n’avait même pas voulu prendre connaissance. Cependant, le professeur fut d’avis qu’on ne pouvait lui laisser ignorer quelles propositions étaient faites, puisque Ole Kamp lui avait légué la propriété de ce numéro 9672.

Hulda refusa toutes les offres. Ce billet, c’était la dernière lettre de son fiancé.

Et qu’on ne croie pas qu’elle y tînt, la pauvre fille, avec l’arrière-pensée qu’il pourrait lui valoir un des lots de la loterie ! Non ! Elle ne voyait là que le suprême adieu du naufragé, une dernière relique qu’elle voulait conserver précieusement. Elle ne songeait guère aux chances d’une fortune que Ole ne pourrait plus partager avec elle ! Quoi de plus touchant, de plus délicat, que ce culte pour un souvenir !

Au surplus, en lui faisant connaître les diverses propositions qui lui étaient adressées, Sylvius Hog ni Joël n’entendaient influencer Hulda. Elle ne devait prendre avis que de son cœur. On sait maintenant ce que son cœur lui avait répondu.

Joël, d’ailleurs, approuva absolument sa sœur. Le billet de Ole Kamp ne devait être cédé à personne – à aucun prix.

Sylvius Hog fit plus qu’approuver Hulda : il la félicita de ne point prêter l’oreille à tout ce commerce. Voit-on ce billet vendu à l’un, revendu à l’autre, passant de main en main, transformé en une sorte de papier-monnaie jusqu’au moment où le tirage de la loterie en aurait fait très probablement un chiffon sans valeur ?

Et Sylvius Hog allait même plus loin. Est-ce que par hasard il était superstitieux ? Non, sans doute ! Mais Ole Kamp eût été là, qu’il lui aurait probablement dit :

« Gardez votre billet, mon garçon, gardez-le ! On l’a d’abord sauvé du naufrage, vous ensuite ! Eh bien, il faut voir !… On ne sait pas !… Non !… On ne sait pas ! »

Et quand Sylvius Hog, professeur de législation, député au Storthing, pensait ainsi, pouvait-on s’étonner de l’engouement du public ? Non, et rien de plus naturel que le 9672 eût fait prime ?

Dans la maison de dame Hansen, il n’y eut donc personne qui protestât contre le sentiment si respectable qui faisait agir la jeune fille – personne, si ce n’est sa mère.

Le plus souvent, en effet, on entendait récriminer dame Hansen, surtout en l’absence de Hulda. Cela ne laissait pas de causer un très gros chagrin à Joël. Sa mère – il le pensait, du moins – ne s’en tiendrait peut-être pas toujours à des récriminations. Elle voudrait entreprendre secrètement Hulda au sujet des offres qui lui étaient faites.

« Cinq mille marks, ce billet ! répétait-elle. On en propose cinq mille marks ! »

Dame Hansen ne voulait évidemment rien voir de ce qu’il y avait d’attendrissant dans le refus de sa fille. Elle ne pensait qu’à cette importante somme de cinq mille marks. Un seul mot de Hulda les eût fait entrer dans la maison. Elle ne croyait pas, d’ailleurs, à la valeur surnaturelle du billet, si Norvégienne qu’elle fût. Et, de sacrifier cinq mille marks pour ce millionième de chance d’en gagner cent mille, cela ne pouvait entrer dans son esprit froid et positif.

Il est bien évident que, toute superstition mise à part, rejeter le certain pour l’incertain, dans des conditions si aléatoires, ce n’eût point été acte de sagesse. Mais, on le répète, ce billet n’était pas un billet de loterie pour Hulda ; c’était la dernière lettre de Ole Kamp, et son cœur se fût brisé à la pensée de s’en dessaisir.

Cependant dame Hansen désapprouvait très manifestement la conduite de sa fille. On sentait une sourde irritation s’amasser en elle. Un jour ou l’autre, il était à craindre qu’elle ne mît Hulda en demeure de revenir sur sa résolution. Déjà, elle avait parlé dans ce sens à Joël, qui n’avait pas hésité à prendre parti pour sa sœur.

Naturellement, Sylvius Hog était tenu au courant de ce qui se passait. C’était un chagrin de plus ajouté à tout ce que souffrait Hulda, et il le regrettait.

Joël lui en parlait quelquefois.

« Est-ce que ma sœur n’a pas raison de refuser ? disait-il. Est-ce que je ne fais pas bien d’approuver son refus ?

– Sans doute ! lui répondait Sylvius Hog. Et, pourtant, au point de vue mathématique, votre mère a un million de fois raison ! Mais, tout n’est pas mathématique en ce monde ! Le calcul n’a rien à voir dans les choses du cœur ! » Pendant ces deux semaines, on avait dû surveiller Hulda. Accablée par tant de douleurs, elle donna de sérieuses craintes pour sa santé. Heureusement, les soins ne lui manquèrent pas. Sur la demande de Sylvius Hog, le célèbre docteur Boek, son ami, vint à Dal voir la jeune malade. Il n’eut que le repos du corps à lui prescrire, et le calme de l’âme, s’il était possible. Mais le vrai moyen de la guérir, c’était le retour de Ole, et ce moyen, Dieu seul en pouvait disposer. En tout cas, Sylvius Hog n’épargna point ses consolations à la jeune fille, et il ne cessa pas de lui faire entendre des paroles d’espérance. Et, quoique cela puisse paraître invraisemblable, Sylvius Hog ne désespérait pas !

Treize jours s’étaient écoulés depuis l’arrivée du billet envoyé par la Marine à Dal. On était au 30 juin. Quinze jours encore, et le tirage de la loterie des Écoles allait s’effectuer en grande pompe dans un des vastes établissements de Christiania.

Précisément, ce 30 juin, dans la matinée, Sylvius Hog reçut une nouvelle lettre de la Marine en réponse à ses instances réitérées. Cette lettre l’engageait à s’entendre avec les autorités maritimes de Bergen. De plus, elle l’autorisait à organiser immédiatement les recherches relatives au Viken avec le concours de l’État.

Le professeur ne voulut rien dire à Joël ni à Hulda de ce qu’il allait entreprendre. Il se contenta de leur annoncer son départ, en prétextant un voyage d’affaires qui ne le retiendrait que quelques jours.

« Monsieur Sylvius, je vous en supplie, ne nous abandonnez pas ! lui dit la pauvre fille.

– Vous abandonner… vous qui êtes devenus mes enfants ! » répondit Sylvius Hog.

Joël offrait de l’accompagner. Cependant, ne voulant pas laisser soupçonner qu’il allait à Bergen, il ne lui permit de venir que jusqu’à Mœl. D’ailleurs, il ne fallait pas que Hulda restât seule avec sa mère. Après avoir été alitée pendant quelques jours, elle commençait à se lever, maintenant ; mais elle était faible encore, elle gardait la chambre, et son frère sentait bien qu’il ne pouvait la quitter. À onze heures, la kariol se trouvait devant la porte de l’auberge. Le professeur y prit place avec Joël, après avoir dit un dernier adieu à la jeune fille. Puis, tous deux disparurent au tournant du sentier, sous les grands bouleaux de la rive.

Le soir même, Joël était de retour à Dal.



  1. Environ cent mille francs.